Rome plutôt que vous
Réalisé par Tariq Teguia (2008)
Drame
| Durée | 115 minutes |
| Sortie | 16/04/2008 |
| Note | 5/10 |
Kamel rêve de repartir en Europe, de fuir la répression et le manque de travail qui lui pèsent à Alger. Il y était déjà, mais il a dû repartir. Désormais, il ne pense plus qu'à s'y rendre à nouveau, avec l'aide de son ami passeur Le Bosco. Kamel a déjà commandé ses faux papiers et il emmène sa copine Zina au bord de la mer, pour les récupérer.
La critique
Par Tootpadu 04/04/2008
Vivre en Algérie de nos jours, c'est évoluer au fil du rasoir, tiraillé entre les contrôles inopinés de la police et les attentats arbitraires des terroristes intégristes : le constat auquel ce premier film minimaliste et exigeant arrive n'est guère encourageant. Hors de la vue des médias internationaux, qui sont passé à autre chose depuis la guerre sanglante des années 1990, la paix et la prospérité ne sont toujours pas revenues en Algérie, au contraire. La menace est plus larvée et les esprits sont plus désabusés, face à un bras de fer entre l'autorité et les terroristes, qui se joue sur le dos des civils. Pour s'échapper de ce quotidien étouffant, il ne reste que l'espoir d'une existence à peine plus aisée comme clandestin en Europe.
Vous l'aurez compris, la gaieté n'est pas vraiment au coeur de ce film. D'où l'importance des quelques instants d'insouciance, comme le match de foot improvisé avec les gamins du quartier. En fait, l'action tout court est assez rudimentaire dans cette oeuvre qui consiste pour la plupart en un errement sans but, ni issue. Cet état d'esprit léthargique s'explique, certes, par les quelques explosions de violence, verbale de la part de la police et physique de celle des terroristes, mais il peut également être compris comme le symptôme d'une répression fourbe et profonde de toutes les manifestations de la vie.
Le décor désolé et inachevé du quartier en construction, dans lequel évoluent les personnages tel des étrangers, est ainsi le symbole déprimant d'un essor illusoire et de l'incapacité de s'extraire du marasme ambiant. Le réalisateur Tariq Teguia fait bon usage de cet endroit délabré avant l'heure, pour exprimer le dilemme interne dans lequel se trouve actuellement l'Algérie toute entière. Toutefois, son récit est tellement résigné et contemplatif qu'il en oublie presque un flux narratif plutôt anémique. Alors que son film peut convaincre en tant qu'instantané de la situation anesthésiée dans son pays, son dépouillement formel rend sa vision assez éprouvante.
Vous l'aurez compris, la gaieté n'est pas vraiment au coeur de ce film. D'où l'importance des quelques instants d'insouciance, comme le match de foot improvisé avec les gamins du quartier. En fait, l'action tout court est assez rudimentaire dans cette oeuvre qui consiste pour la plupart en un errement sans but, ni issue. Cet état d'esprit léthargique s'explique, certes, par les quelques explosions de violence, verbale de la part de la police et physique de celle des terroristes, mais il peut également être compris comme le symptôme d'une répression fourbe et profonde de toutes les manifestations de la vie.
Le décor désolé et inachevé du quartier en construction, dans lequel évoluent les personnages tel des étrangers, est ainsi le symbole déprimant d'un essor illusoire et de l'incapacité de s'extraire du marasme ambiant. Le réalisateur Tariq Teguia fait bon usage de cet endroit délabré avant l'heure, pour exprimer le dilemme interne dans lequel se trouve actuellement l'Algérie toute entière. Toutefois, son récit est tellement résigné et contemplatif qu'il en oublie presque un flux narratif plutôt anémique. Alors que son film peut convaincre en tant qu'instantané de la situation anesthésiée dans son pays, son dépouillement formel rend sa vision assez éprouvante.
Vu le 3 avril 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10