
| Titre original: | Un coeur simple |
| Réalisateur: | Marion Laine |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 104 minutes |
| Date: | 26 mars 2008 |
| Note: | |
Félicité est une servante qui vit dans son propre monde, jusqu'à ce que l'amour et la promesse de mariage de Théodore, qui travaille dans les champs, l'en sorte. Mais son amant l'abandonne et la jeune femme change alors d'emploi, pour devenir la bonne à tout faire dans la maison de Mathilde Aubain. Chaleureuse surtout avec la fille Clémence, Félicité est vite remise à sa place par sa maîtresse, qui s'interdit tout attachement émotionnel.
Critique de Tootpadu
Inspiré du conte de Gustave Flaubert, ce premier film évoque le destin d'une femme renfermée, mais perpétuellement en besoin d'un être aimé, avec une beauté sévère. La mise en scène admirablement retenue de Marion Laine y pratique un dépouillement formel, au plus grand profit de l'intensité émotionnelle de son récit. A l'exception notable du plan en surimpression de l'oiseau vers la fin, le style de la réalisatrice est d'une fermeté et d'une simplicité rigoureuses.
Nul besoin, en effet, d'exagérer les petits bonheurs modestes de l'existence sans joie de Félicité. Son attachement maladif et exclusif à la personne, qui veut bien de son affection, dispose d'une puissance émotionnelle suffisante pour faire avancer la narration. Tout le drame de cette femme simple repose dans l'obligation de choyer successivement son amant, la fille de sa maîtresse, et son neveu, pour finir dans l'expression la plus désespérante de cet amour invariablement déçu. Félicité n'aspire pas à grand-chose. Elle accepte même avec humilité les remarques désobligeantes de sa maîtresse. Mais il lui faut, en quelque sorte pour supporter la dureté de son quotidien morne, un rayon de soleil émotionnel auquel se dévouer.
La véritable révélation du film n'est pas tellement le jeu, toujours aussi intense, de Sandrine Bonnaire, mais bel et bien la confirmation de Marina Foïs comme une actrice dramatique de premier rang ! Après d'innombrables rôles comiques et une incursion plutôt navrante dans le drame misérabiliste avec Darling l'année passée, l'actrice excelle ici comme Mathilde Aubain, une femme qui se refuse autant le plaisir que sa servante, mais pour des raisons infiniment plus tordues.
Vu le 19 février 2008, au Club de l'Etoile
Note de Tootpadu: