Naissance des pieuvres

Naissance des pieuvres
Titre original:Naissance des pieuvres
Réalisateur:Céline Sciamma
Sortie:Cinéma
Durée:84 minutes
Date:15 août 2007
Note:
Lors d'une compétition de natation synchronisée, où elle est allée pour soutenir sa copine Anne, grosse et mal à l'aise dans son corps d'adolescente, la jeune Marie tombe sous le charme de Floriane. Cette dernière jouit d'une réputation douteuse de fille à garçons. Pour être près d'elle et assister aux entraînements, Marie accepte de fournir un alibi à Floriane, le temps de ses rendez-vous en amoureux avec son copain François. Mais Anne est éprise du même garçon et elle éprouve de la jalousie pour l'amitié naissante entre Marie et Floriane.

Critique de Tootpadu

La chorégraphie précise des corps agiles dans l'eau contraste avec le malaise d'un physique d'adolescente, soit trop grosse, soit trop belle. L'éternel passage douloureux à l'âge adulte se passe davanatage au bord du bassin ici, dans un espace fait d'incertitudes et de désirs mal vécus. En cela, ce premier film reste complètement fidèle à son genre, où les coups de déprime prévalent sur une conception lumineuse de la vie. La découverte du premier amour, le cap du premier rapport sexuel, le positionnement par rapport aux autres dans une période de la vie marquée par la jalousie et la méfiance, tous les passages obligés y sont bien présents. Que le regard de Céline Sciamma ne manque pas de douceur ne change alors rien au fait que son film n'est qu'un drame d'adolescents comme tant d'autres, un Douches froides au féminin en quelque sorte.
Car l'action est également réduit au minimum dans ce récit d'un été charnier. Dans un univers d'où les adultes sont largement absents, les trois personnages principaux évoluent au gré de leurs envies ou de leur léthargie feinte face au mur apparemment infranchissable de la fin de l'enfance. Les enjeux de l'intrigue découlent ainsi plus des pulsions pas toujours exprimées des filles, que d'un contexte dramatique très sommaire. La mise en scène a alors beau être délicate et intuitive et le jeu des trois comédiennes a beau séduire par son courage dans la mise à nu émotionnelle, il n'est pas toujours facile pour le spectateur de s'engager pleinement dans cette histoire en fin de compte assez commune.

Vu le 21 juin 2007, à la Salle Pathé Lincoln

Note de Tootpadu: