Lady Chatterley

Lady Chatterley
Titre original:Lady Chatterley
Réalisateur:Pascale Ferran
Sortie:Cinéma
Durée:161 minutes
Date:01 novembre 2006
Note:
Constance, Lady Chatterley, vit avec son mari Clifford, un invalide de guerre, dans la demeure de Wragby. Ses jours monotones ne sont interrompus que par des visites de sa soeur ou des balades en forêt. Sa rencontre avec le garde-chasse Parkin, un homme qui vit volontairement retiré du monde, va bouleverser sa quiétude et éveiller ses sens.

Critique de Tootpadu

La réputation des romans sulfureux de D.H. Lawrence sur Lady Chatterley reposait jusqu'à présent en termes cinématographiques sur L'Amant de Lady Chatterley avec Sylvia Kristel, et d'autres navets à la vocation pornographique bénigne. Cela risque fort de changer avec cette adaptation à la fidélité littéraire bien plus affirmée, qui ne néglige pas pour autant la sensualité de ce conte d'un amour défendu.
Depuis Les Destinées sentimentales d'Olivier Assayas, nous n'avons en effet pas vu une évocation historique au rythme aussi mesuré et aux éclats amoureux aussi bouleversants dans un cadre social restrictif. Toutefois, l'austérité de la vie conjugale de Constance trouve un refuge naturaliste dans les séquences érotiques d'un réalisme désarmant. Le parallèle entre les cycles de la nature et les rencontres de moins en moins farouches entre les deux amants est d'ailleurs peut-être un peu trop appuyé. Tout comme l'emploi parcimonieux de la voix off et des intertitres donne l'impression que Pascale Ferran cherche à tout prix d'ancrer son récit dans une forme littéraire. Mais c'est justement le côté plus instinctif et en fin de compte instable de la relation qui la rend passionnante. L'attraction charnelle en tant que moteur principal de cet amour rend en même temps sa survie logiquement impossible, en dépit de la conclusion aussi abrupte que modérément optimiste.
Enfin, le coup de foudre de la dame noble pour son garde-chasse serait bien moins intrigant sans le jeu curieux, mais convaincant de Marina Hands. L'actrice prend ce rôle complexe à bout de bras et elle en fait admirablement sortir toutes les facettes, de l'innocence jusqu'à l'impulsivité.

Vu le 17 octobre 2006, au Balzac, Salle 1

Note de Tootpadu: