Perhaps Love

Perhaps Love
Titre original:Perhaps Love
Réalisateur:Peter Ho-sun Chan
Sortie:Cinéma
Durée:108 minutes
Date:22 novembre 2006
Note:
Sun Na, l'étoile montante du cinéma chinois, est sur le point de commencer le tournage de son nouveau film de Ni Wen, le réalisateur qui l'a rendu célèbre. Son partenaire dans cette histoire sur un triangle amoureux dans le milieu du cirque sera Lin Jian Dong, un jeune premier de Hong Kong que le cinéma asiatique s'arrache. Dix ans auparavant, Sun Na et Lin Jian Dong étaient amoureux, alors qu'ils se battaient pour subsister dans le métier. Leurs retrouvailles vont ammener Lin Jiang Dong à confronter son amour d'alors, qui l'avait quitté pour faire carrière.

Critique de Tootpadu

On se croirait de retour dans l'euphorie musicale et visuelle du Moulin Rouge de Baz Luhrmann pendant les premières minutes de cette épopée chargée en émotions. La plongée dans le décor festif du tournage, avec ses couleurs riches, sa musique tonitruante et son montage diablement rythmé, ressemble en fait de près à une version chinoise du spectacle survolté du réalisateur australien. Cette parenté réapparaît régulièrement tout au long du film, jusque dans les moments clés d'une intrigue tout aussi semblable qui donnent lieu à des chorégraphies là encore similaires (la chanson équivalente à "Roxanne").
L'émotion qui naît de cette esthétique copiée d'une façon plus ou moins éhontée est certes par moments déchirante. Mais elle ne suffit pas pour conférer une identité artistique propre à ce drame musical, dont la partition s'inspire trop des succès occidentaux, comme notamment "Le Fantôme de l'opéra". L'énergie pratiquement dévastatrice des quelques séquences musicales déteint en plus massivement sur les deux autres fils narratifs du scénario. La mise en abîme du processus créatif et de la répétition de la passion amoureuse ne paraît désormais plus disposer d'un attrait suffisant pour pouvoir rivaliser avec la flamboyance des chansons. Afin de pallier cette faiblesse, les enjeux sentimentaux sont encore accentués. Une réaction qui s'achève sur une parade de sentiments aussi énormes et exaspérés qu'artificiels et suffocants.
Dans toute sa beauté plastique et tout son entrain mélodique irrésistible, Perhaps Love n'arrive donc pas à se dégager entièrement d'un marasme nourri par une eau de rose épaisse. Les sentiments plus grands que nature associés à une mise en scène ample, voire tortueuse dans le choix de ses symboles, aboutissent alors à un spectacle grandiose, mais aussi passablement indigeste.

Vu le 5 octobre 2006, au Club 13, en VO

Note de Tootpadu: