
| Titre original: | Princesse |
| Réalisateur: | Anders Morgenthaler |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 81 minutes |
| Date: | 04 octobre 2006 |
| Note: | |
August, un ancien prêtre, retourne au Danemark à la mort prématurée de sa soeur Christina, plus connue sous son nom de vedette du porno Princess. Il prend la garde de sa petite nièce Mia, une enfant traumatisée par ce qu'elle a vu et vécu dans le milieu du porno. Pour préserver le souvenir de Christina, August exige de Charlie, son manager et le patron d'un vaste empire du sexe commercial, de détruire toutes ses vidéos et photos. Face à l'intransigeance des subordonnés de Charlie, injoignable, August sème le feu et le sang pour venger sa soeur et l'innocence perdue de sa nièce.
Critique de Tootpadu
Le titre mis à part, il n'y a rien qui prédispose ce film d'animation danois d'être destiné aux enfants. Au contraire, cette croisade de vengeance violente ne convient pas du tout aux plus petits, à moins que vous vouliez les traumatiser à vie. Et même pour les spectateurs adultes, certains éléments qui ont trait à la pédophilie risquent de choquer. C'est qu'Anders Morgenthaler n'y va pas par quatre chemins pour faire éclater l'ouragan de la colère de son protagoniste.
Notamment d'un point de vue formel, Princesse n'hésite pas à mélanger les styles. Animé à seulement 80 %, le film garde ainsi un rapport particulier avec les prises de vue réelles, qui surgissent en tant que vidéos de famille d'un passé révolu. Cette astuce formelle souligne avant tout l'évolution d'August qui passe du stade d'observateur à l'apparence innocente à celui d'agent d'une destruction aveugle, en passant par sa participation impliquée dans la déchéance de sa soeur. Un peu trop souvent, les prouesses techniques dépassent cependant les bornes, en illustrant les échappées oniriques ou les transitions farfelues d'une façon trop colorée. L'affiliation du film à l'animation asiatique, plutôt qu'à l'école américaine, ne lui garantit pas non plus un aspect plastique particulièrement séant.
D'un côté thématique, le constat n'est guère plus édifiant. Le seul détail de l'histoire qui échappe à la morosité ambiante est ainsi une peluche animée, un vestige du monde enchanté de l'enfance, employé d'une manière assez maladroite, qui joue un rôle décisif à la fin. Quant au reste, la colère, la violence parfois atroce et la perversion y sont les maîtres mots. Le trait de Morgenthaler y est si pessimiste que l'on se demande bien à quoi sert cette fresque sombre sur un monde en perdition. Au moins le ton de la vie urbain, laide et inhumaine, y est transcrit avec une justesse remarquable.
Vu le 19 septembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO
Note de Tootpadu: