
| Titre original: | Barakat ! |
| Réalisateur: | Djamila Sahraoui |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 96 minutes |
| Date: | 13 septembre 2006 |
| Note: | |
L'Algérie dans les années 1990. Amel travaille comme médecin urgentiste. Lorsqu'elle rentre tard un soir, après avoir emmené le fils de la voisine à l'hôpital pour une crise d'appendicite, elle découvre que son mari Mourad, un journaliste, n'est pas rentré de la nuit. Puisque les autorités ne s'inquiètent guère de cette disparition dans un pays en état de guerre civile, Amel prend la recherche dans ses propres mains. Avec Khadidja, une infirmière âgée de son hôpital, elle part dans les montagnes, suite à l'indice de son voisin garagiste.
Critique de Tootpadu
La guerre civile en Algérie n'apparait plus tellement dans l'actualité ces temps-ci, alors que le conflit est loin d'être réglé. Ce film à la simplicité aussi belle que triste constitue par conséquent une occasion idéale pour se replonger dans un climat d'insécurité permanente. Le point de vue que Djamila Sahraoui adopte dans son premier long-métrage de fiction ajoute en plus une complexité bienvenue à cette odyssée de deux femmes décidées à se battre.
Entre Amel et Khadidja naît en effet une sorte de complicité envenimée, un lien fort et contradictoire entre deux générations et deux parcours dissemblables. Les raisons qui poussent la vieille résistante à accompagner sa jeune collègue demeurent ainsi aussi vagues que l'engagement du mari d'Amel et ses propres convictions. Si les deux femmes partent sur un indice suspect loin de la sécurité trompeuse de la ville, c'est parce que c'est le seul moyen, aussi minime et désemparé soit-il, qui leur reste face à l'inertie des autorités et la précarité générale. La soif d'action et de réaction de ses deux héroïnes ordinaires, la réalisatrice les décrit sans le moindre pathos et sans s'apitoyer sur les multiples revers pendant leur quête. Elle fait cependant preuve d'une grande sensibilité pour capter la douleur et le désespoir passager de ses personnages. Les moments de souffrance et les renaissances éphémères de l'envie de vivre se succèdent dans un rythme ferme et peu spectaculaire.
Le jeu tendu entre Rachida Brakni et Fattouma Bouamari, toutes deux excellentes, confère enfin une force palpable à ce voyage subtilement édifiant.
Vu le 1er septembre 2006, au Club Marbeuf, en VO
Note de Tootpadu: