Conversation(s) avec une femme

Conversation(s) avec une femme
Titre original:Conversation(s) avec une femme
Réalisateur:Hans Canosa
Sortie:Cinéma
Durée:84 minutes
Date:07 juin 2006
Note:
Lors d'un mariage à New York, un homme et une femme se retrouvent. Ils ne se sont pas vus depuis longtemps, mais ils étaient très proches dans leur jeunesse.

Critique de Tootpadu

Le passé ne se rattrape pas et revoir quelqu'un qui nous était cher, jadis, ne peut effacer le temps écoulé. Tel peut être résumé le constat que dresse ce film délicat et mélancolique. Il entreprend en fait l'acte d'acrobatie subtil qui dresse les vestiges d'émotions passionnelles contre une réalité plus rangée. De cette dualité sentimentale, entre la complicité affective d'alors et le nouveau statu quo, découle toute la tendresse tristounette du film. Le résultat n'est pas aussi précis et bouleversant que Before Sunset, mais ces retrouvailles disposent d'un charme et d'une lucidité suffisants pour intriguer.
La délicatesse du fond est par contre considérablement contrecarrée par une forme abstraite. Tourné entièrement en split-screen, le film ne sait pas tirer réellement profit de ce dispositif encombrant. Alors que le Time Code de Mike Figgis reste la référence en la matière, ce film-ci s'en sert d'une manière bien moins inspirée. Quand les deux personnages principaux se trouvent complètement dans le même plan, la moitié superflue du cadre sert à évoquer leur relation passée, interprétée par de jeunes acteurs à la ressemblance approximative. Mais la plupart du temps, cette séparation visuelle artificielle ne fait qu'insister sur la barrière qui se dresse à tout moment entre les deux anciens amants. Seulement, le scénario est tout à fait capable de nous transmettre cette gêne, sans que cette dernière n'ait besoin de nous être rappelée jusqu'au strabisme aigu.
Au moins, les interprétations sont d'une honnêteté désarmante, autant le désespoir d'Aaron Eckhart, que la résignation d'une Helena Bonham Carter, plus belle que jamais.

Vu le 15 août 2006, au Max Linder, en VO

Note de Tootpadu: