
| Titre original: | Twelve and Holding |
| Réalisateur: | Michael Cuesta |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 94 minutes |
| Date: | 20 septembre 2006 |
| Note: | |
A 12 ans, trois amis d'une petite ville de banlieue ne sont plus des enfants, mais pas tout à fait des adolescents non plus. Chacun à sa façon, ils tenteront de trouver leur place après un événement tragique. Il y a Jacob, un garçon timide et complexé par une déformation esthétique du visage, Leonard, qui souffre du surpoids et du manque de compréhension de ses parents lorsqu'il veut commencer à s'alimenter de façon plus équilibrée, et Malee, une jeune fille précoce en quête d'une figure paternelle.
Critique de Tootpadu
Le mal de vivre de la jeunesse américaine continue d'être au coeur des préoccupations du cinéma américain indépendant. Loin des pitreries des American Pie et autres comédies débiles, qui expriment néanmoins à leur façon la difficulté de la première approche de la sexualité ou de l'amour, quelques cinéastes exigeants se sont appliqués ces dernières années à dresser un portrait dur et d'apparence juste d'une génération laissée à l'abandon. Les noms de Larry Clark et de Todd Solondz viennent immédiatement à l'esprit, lorsqu'il s'agit d'associer ces destins ingrats des pubères avec des chefs de fil d'un traitement dérangeant des douces années de la jeunesse.
Dans son deuxième film après L.I.E. Long Island Expressway, sorti il y a plus de trois ans, Michael Cuesta continue de s'inscrire dans le mouvement officieux des films d'une jeunesse pervertie, mais il garde en même temps son regard subtil et impliqué qui cherche à sonder au lieu de choquer. Les problèmes qu'affrontent ses trois personnages principaux n'ont rien de réjouissant, et les issues valorisantes de leurs situations de crise sont pour la plupart ignorées. Mais le ton posé et sensible qui caractérise même les moments les plus pénibles fait que la vision du film est aussi éprouvante qu'enrichissante. En quelque sorte, Michael Cuesta nous montre de jeunes individus qui rentrent de plein pied dans la vie d'adulte, avec ses peines et ses contradictions, ses mises en question et ses désespoirs constants.
Alors que le traitement des problèmes de Jacob, Leonard et Malee est des plus engageants, la portée du film reste toutefois limitée par des partis pris scénaristiques compréhensibles. D'abord, les problèmes des trois adolescents évoluent indépendamment l'un de l'autre, ce qui donne au film une apparence épisodique, sans une véritable interaction entre les trois fils distincts de l'intrigue. Et puis, la vie de chacun des trois protagonistes est réduit à un problème majeur (la vengeance, le surpoids, la précocité) avec comme résultat une focalisation réussie, mais un peu restreinte sur une existence qui subit, dans la vie réelle, des assauts de tous les côtés de nouveaux défis à surmonter et de nouvelles situations auxquelles s'adapter.
Vu le 10 juillet 2006, au Club de l'Etoile, en VO
Note de Tootpadu: