Avril

Avril
Titre original:Avril
Réalisateur:Gérald Hustache-Mathieu
Sortie:Cinéma
Durée:96 minutes
Date:14 juin 2006
Note:
La jeune novice Avril est envoyée par la mère supérieure de son ordre dans une chapelle isolée, afin de s'y préparer pendant une retraite de quinze jours à ses voeux perpétuels. Abandonnée après sa naissance devant le couvent, Avril ne connaît pas grand-chose au monde, mais elle est persuadée d'avoir choisi la bonne voie. Lorsque soeur Bernadette, qui la surveille pendant la retraite, lui apprend qu'elle a un frère jumeau qui avait été remis à l'orphelinat, Avril se met à sa recherche.

Critique de Tootpadu

Les films sur la vie recluse des religieuses ont tendance à suivre deux voies divergentes. Soit le personnage principal persévère dans sa foi en dépit des mises en question qui l'assaillent, comme dans Au risque de se perdre avec Audrey Hepburn, soit il subit les iniquités de son ordre (La Religieuse de Rivette et le récent The Magdalene Sisters) et le quitte pour des raisons plus (La Mélodie du bonheur) ou moins joyeuses (Le Narcisse noir). Ce premier film de Gérald Hustache-Mathieu, qui s'était illustré auparavant dans le domaine du court-métrage, est sans doute à ranger dans la deuxième catégorie de films. Cependant, son regard rempli de délicatesse, voire de douceur, rend cet affranchissement des règles draconiennes de l'ordre religieux peu éprouvant.
A l'image du personnage principal, une jeune femme curieuse et rayonnante, le film fait preuve d'un optimisme et d'un air de vacances très agréables. Il dépense même ses sentiments avec une générosité telle qu'il n'en reste presque plus pour la fin, plutôt problématique. Avant ce revirement ultime, l'intrigue suit la quête d'Avril avec une bienveillance à peine exagérée, qui dévoile un monde gentiment hédoniste aux yeux farouches de l'innocente. Le réalisateur s'applique avec brio à garder cette découverte des sens et du plaisir dans les limites d'un réalisme sans excès. Sont ainsi absents du film autant les coups de grâce divine que les coups de foudre, autant la ferveur religieuse fanatique que les orgies charnelles de défloration. En somme, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tant qu'Avril ne doit pas faire face à son passé cloîtré.
L'affrontement final pour lui-même fonctionne d'ailleurs très bien, avec sa notion de sacrifice et de violence mentale de la mère supérieure qui se transforme en violence physique. Par contre, la toute dernière image du film atténue la conclusion précédente au point d'apparaître comme un accès subit de lâcheté créative, motivé par la peur de terminer un bon film au message tout à fait positif et recommandable sur une note trop sombre.

Vu le 26 juin 2006, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 14

Note de Tootpadu: