
| Titre original: | Je vous salue mafia |
| Réalisateur: | Raoul Lévy |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 91 minutes |
| Date: | 11 août 1965 |
| Note: | |
Rudy, un ancien tueur qui s'est retiré en France, détient des informations qui pourrait mettre Ruidosa, la tête de la mafia de New York, pour longtemps derrière les verrous. Pour l'empêcher de parler, ses anciens commanditaires envoient deux assassins. Alors que Shaft tient à ce que le contrat soit rempli proprement, son partenaire Phil, qui s'est mis tardivement sur le coup, y voit l'occasion de se venger de Rudy, qui avait dans le temps engrossé sa soeur.
Critique de Mulder
Critique de Tootpadu
Beaucoup de patience est demandée au spectateur avant que ce film de gangster ne décolle d'une façon presque majestueuse. Pendant très longtemps, il fait preuve d'une vacuité un peu agaçante, qui s'émerveille devant les décors urbains de Paris et New York, accompagnés par une bande son très jazz, au lieu de faire avancer réellement la chasse à l'homme. Il n'y a ainsi pratiquement rien à retenir de cette première heure exclusivement réservée aux sauts entre l'Amérique et la France et à quelques manoeuvres très molles. Même la présence d'une très belle Micheline Presle ne ravive guère la narration qui se traîne à la surface d'une histoire très conventionnelle.
Dès l'arrivée dans le sud de la France, les affaires reprennent cependant, doucement, mais sûrement. Tandis que la séquence dans la chambre d'hôtel sert surtout à admirer Henry Silva, la véritable vedette du film au détriment d'un Eddie Constantine à peine visible, la structure dramatique s'épaissit brusquement à l'arrivée en Camargue. Cette manière dense de montrer l'intrusion dans la maison de campagne rien qu'à travers des gros plans, nous ne pensions pas que le producteur Raoul Lévy, qui assure ici pour la première fois la mise en scène, en était capable. Quel étonnement donc, de voir cette finale tragique et intense au bout d'une histoire qui n'avait pas grand-chose d'exceptionnel ! Peut-être, l'air trop détendu de la partie citadine du film était-il prémédité, afin de valoriser une conclusion d'une puissance insoupçonnée.
En tout cas, il est dommage qu'un des rares rôles principaux de Henry Silva soit la victime d'une mise en scène fortement inégale. Seule la photo de Raoul Coutard arrive à créer un lien entre la première partie qui ressemble à l'Alphaville de Godard de la même année, et un troisième acte d'une sobriété digne du néo-réalisme italien. Mais là encore, Lévy casse le ton avec l'inclusion gratuite de deux extraits de films (Et Dieu ... créa la femme et Le Gendarme de St. Tropez) en couleur.
Vu le 20 mai 2006, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO
Note de Tootpadu: