Bashing

Bashing
Titre original:Bashing
Réalisateur:Masahiro Kobayashi
Sortie:Cinéma
Durée:81 minutes
Date:14 juin 2006
Note:
Six mois ont passé depuis que Yuko a été libérée, après une prise d'otage dans un pays du Moyen-Orient où elle faisait un travail bénévole. Mais le harcèlement moral continue, avec des dizaines d'appels téléphoniques anonymes par jour, des agressions dans la rue et des licenciements sans raison. Yuko ne voit alors qu'une seule issue à la misère qu'elle vit au Japon : retourner travailler là où elle est acceptée.

Critique de Tootpadu

Alors que le festival de Cannes de 2006 appartient au passé, l'avant-dernier retardataire de la compétition de l'année passée se montre enfin sur nos écrans. A l'exception d'Election de Johnny To, qui ne sortira qu'au mois de janvier prochain si tout va bien, tous les autres vingt films présentés jadis au jury d'Emir Kusturica auront donc trouvé au moins une niche sur le marché français. Et même s'il sort avec un décalage considérable et peu de temps avant le grand néant estival, ce récit modeste sur une conséquence indirecte de la guerre en Irak n'est pas pour autant sans qualités.
Masahiro Kobayashi s'y penche sur la persécution d'une victime, doublement punie pour avoir enfreint les conventions sociales de son pays. Pour mieux comprendre l'ostracisme qui frappe Yuko, coupable d'une activité altruiste et bénévole, - une attitude valorisée en occident - on pourrait comparer sa situation à celle d'une femme violée, qui devrait se soumettre aux insinuations malveillantes de son entourage dans nos contrées. Le réalisateur fait preuve d'une délicatesse dépouillée dans sa description d'un personnage complexe, dont la seule faute est peut-être son incapacité de s'intégrer dans une société japonaise fermement régie par les conventions sociales. En même temps, il sonde la part de monstruosité de cette jeune femme froide, convaincue qu'elle ne pourra ressentir que du malheur dans son pays. Sous les traits intrigants d'Urabe Fusako, elle garde une part de mystère et d'inquiétude dans un contexte plus large que le conflit en Irak et ses implications.
Outre sa forme simple et concise, le film se démarque en effet par la portée universelle de son sujet, qui étudie avec application les mécanismes sociaux qui mènent à l'exclusion et au rejet de ceux et celles qui pensent autrement.

Vu le 6 juin 2006, au Club Marbeuf, en VO

Note de Tootpadu: