Jean-Philippe

Jean-Philippe
Titre original:Jean-Philippe
Réalisateur:Laurent Tuel
Sortie:Cinéma
Durée:96 minutes
Date:05 avril 2006
Note:
La seule chose qui donne encore de la force et du piment à la vie bien rangée de Fabrice, un cadre marié avec une fille punk qui l'ignore, c'est Johnny Hallyday et sa musique. Fabrice dispose en effet de la plus grande collection dans la région sur le chanteur, il écoute en boucle ses disques et il est allé à tous ses concerts. Il croit bien se trouver en plein cauchemar, lorsqu'il se réveille à l'hôpital après une altercation nocturne et que plus personne ne connaît le rocker le plus célèbre de France. Pour un vrai fan de Johnny, sa disparition ou plutôt l'absence de toute trace de son existence est inconcevable et Fabrice part alors à la recherche de son idole ignoré par tous.

Critique de Tootpadu

Johnny Hallyday est une véritable institution française, le genre de vedette superlative que l'on ne trouve pratiquement plus. Pour un artiste et une icône populaire de cette envergure, l'auto-dérision devient presqu'un passage obligé. La prémisse de ce film plaisant est donc idéal pour souligner encore plus le statut de Johnny en prétendant qu'il n'ait jamais fait carrière. Ce qui permet au passage de faire des allusions aux mécanismes faits de hasard et de chance qui gouvernent le monde du spectacle.
L'idée de départ est donc bonne, mais le film pèche par une exécution un peu molle et l'assèchement progressif de l'inventivité. Tout au long du film les deux ou trois mêmes blagues sont ainsi recyclées sans répit, ce qui finit par lasser. Oui, c'est marrant d'entendre dire Johnny Hallyday qu'il ne connaît pas un chanteur de ce nom, mais à force de le répéter sous différentes formes l'originalité s'efface. Et le jeu sur la célébrité prend une tournure inattendue à la fin, qui n'est cependant pas entièrement convaincante. En enchaînant les faux sauts dans le temps, Laurent Tuel donne en effet plus l'impression d'ignorer comment terminer son film que de maîtriser le dispositif narratif.

Vu le 4 mai 2006, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 12

Note de Tootpadu: