
| Titre original: | Carmen |
| Réalisateur: | Mark Dornford-May |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 127 minutes |
| Date: | 05 avril 2006 |
| Note: | |
Carmen travaille dans un atelier de cigarettes du township sud-africain Kayelitsha. Querelleuse et libertine, elle se fait un jour arrêter par la police suite à une altercation avec une collègue. C'est alors qu'elle rencontre le sergent Jongikhaya, d'origine provinciale. Ce dernier ne peut résister au charme et aux avances intéressées de Carmen et il l'aide à s'enfuir. Son dévouement va même jusqu'au départ des forces de l'ordre et à la participation aux affaires de contrebande de la nouvelle élue de son coeur.
Critique de Tootpadu
Les pièces du répertoire classique, qui font depuis belle lurette salle comble dans les théâtres et les opéras, se trouvent régulièrement adaptées au cinéma. Parmi ces transpositions plus ou moins originales, on se souvient par exemple du "Roméo et Juliette" de Shakespeare revu par un Baz Luhrmann qui s'était un peu trop entiché de l'esthétique clipesque des années 1990, ou bien du condensé que David LaChapelle avait fait de la même histoire dans sa publicité pour jeans immonde l'année passée. Le "Carmen" de Prosper Mérimée et son adaptation lyrique par Georges Bizet ont déjà à plusieurs reprises connu l'honneur du grand écran, notamment dans le film de Carlos Saura de 1983. L'approche de ce gagnant surprise de l'Ours d'or au festival de Berlin l'année dernière ressemble davantage à celle du Carmen Jones d'Otto Preminger, puisque les deux films ont choisi un cadre d'origine africaine pour raviver le drame de l'impétueuse Carmen.
Toutefois, l'effet dépaysant est ici plus curieux que convaincant. Entre la musique solennelle et l'environnement assez délabré, l'interaction ne produit point d'étincelle. Au contraire, les caractéristiques africaines semblent comme figées par l'application des airs d'opéra. A deux reprises seulement, des chants africains apportent un peu de chaleur et de spontanéité, de coloris local si on veut, à une narration particulièrement engoncée. D'où une très grande fidélité au ton de l'opéra en général - un genre peu plébiscité par les béotiens qui fréquentent les salles de cinéma - et une expérience filmique presque ennuyeuse en particulier.
Vu le 18 avril 2006, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 15, en VO
Note de Tootpadu: