De particulier à particulier

De particulier à particulier
Titre original:De particulier à particulier
Réalisateur:Brice Cauvin
Sortie:Cinéma
Durée:97 minutes
Date:19 avril 2006
Note:
Philippe et Marion, un couple des plus ordinaires, pensent à partir à Venise, à acheter un appartement et à avoir un troisième enfant. Mais sont-ils vraiment partis en voyage, et est-ce que la réparation du rideau de douche n'est pas un moyen pour ne pas honorer leur engagement d'achat ? Et quel lien y a-t-il entre un sac abandonné d'origine arabe, des menaces terroristes, une synagogue juste en face et un chanteur juif qui ne sait pas nager ? Mystère ...

Critique de Tootpadu

Non, ce film loufoque n'est pas vraiment une publicité pour le célèbre hebdomadaire d'annonces immobilières. Il y a certes des gens qui visitent des appartements et qui voudraient en acheter, mais ce n'est pas le point central de cette comédie imprévisible. Il ne s'intéresse pas non plus réellement à l'évolution des personnages dans leur habitat, en dépit du premier plan qui voit le couple courir dans tous les sens dans un appartement. Tout au long du film, le rapport entre les personnages et la disposition de leur environnement immédiat, de l'étroitesse de la chambre de Simon à la jungle des couloirs dans le grand appartement des parents de Philippe, revêt une certaine importance, sans que celle-ci puisse être considérée comme un enjeu majeur. Et il y a aussi ce drôle de couple qui se resserre et qui se délie, qui laisse un jour les enfants chez les grands-parents pour les récupérer plus tard sans préavis.
A vrai dire, nous ne savons vraiment pas comment réduire ce film impressionnant de Brice Cauvin à des éléments ou des lignes précis, tellement il bouillonne de ruptures et de références incessantes. Depuis longtemps, un film français, et même un film tout court, ne nous a pas semblé aussi frais et audacieux, aussi irrévérencieux et innovant. Tel un train fou, le récit est lancé à toute vitesse et dans tous les sens par un cinéaste sans vergogne. Les changements de ton et de préoccupation ne cessent pas d'une séquence à l'autre, toujours avec un sourire narquois au bout des lèvres d'un auteur qui ne parait rien chérir autant que l'incertitude. Rien n'est alors figé dans un univers foisonnant qui est peut-être plus à prendre au sérieux qu'il ne paraît.
Dans le royaume du sous-entendu jouissif, Hélène Fillières et Laurent Lucas sont les régents indisputables, avec une doyenne vénérable en la personne de la beaucoup trop rare Anouk Aimée et une sorte de fou troublant interprété avec sensualité par Anthony Roth Costanzo.

Vu le 6 avril 2006, au Club Marbeuf

Note de Tootpadu: