Affaire Josey Aimes (L')

Affaire Josey Aimes (L')
Titre original:Affaire Josey Aimes (L')
Réalisateur:Niki Caro
Sortie:Cinéma
Durée:126 minutes
Date:08 mars 2006
Note:
Régulièrement battue par son mari, Josey Aimes, mère de deux enfants de pères différents, plie bagage et retourne chez ses parents dans une ville minière. Lorsque Glory, une amie d'enfance, lui raconte que la mine est obligée d'embaucher des femmes et que le salaire est conséquent, Josey n'hésite guère avant de postuler. Mais elle devra vite se rendre à l'évidence que ce travail d'hommes et surtout le climat lourd de railleries sexistes et de harcèlement ne sont pas faits pour elle. Pourtant, elle insiste afin d'offrir à ses enfants une vie meilleure.

Critique de Tootpadu

Les combats justes et nécessaires ne font pas automatiquement des films poignants et utiles. Le dernier exemple en date est cette resucée pénible qui suit mollement le chemin d'Erin Brockovich ou, encore plus lointain, Norma Rae. D'ailleurs, le titre français insiste bien sur le nom de l'intéressée, sans que cette "affaire" n'ait plus d'allure que le titre original, bien terne lui aussi ("North Country"). Au moins, le spectateur ne pourra pas prétendre à un manque d'avertissement, tellement l'intrigue correspond fidèlement au canon des films américains soi-disant engagés. La brave Josey devra donc vaillamment défendre son honneur, et par procuration celui de la gente féminine toute entière, contre les vilaines brutes qui gouvernent la mine. Malheureusement, les péripéties qui sont censé animer la narration déficiente (l'idée usée de passer régulièrement du procès aux incidents au travail y est pour beaucoup) l'enfoncent plus profondément encore dans le bourbier infecte des clichés les plus tenaces. La maladie, le viol, les familles éclatées qui se retrouvent dans un pardon invraisemblable, les lâches qui se transforment miraculeusement en héros, tout y passe sans modération.
Encore que ... Car justement cet excès de bons sentiments et de chocs affectés face à la dureté de la vie est exprimé de la manière la plus fade et peu engageante possible. La mise en scène de Niki Caro, encore assez délicate dans PaÏ, est sans la moindre saveur ici et se contente d'une alternance approximative entre les décors de la mine et des conversations banales. L'écriture d'un scénario aux répliques très poussives aggrave davantage l'impression d'assister à un téléfilm quelconque. Des interprétations qui surjouent sans gêne la misère des personnages et une bande originale manipulatrice et peu inspirée, surtout de la part d'un Gustavo Santaolalla, fraîchement oscarisé, accomplissent de rendre cette Affaire ennuyeuse, voire fâcheuse.

Vu le 24 mars 2006, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 7, en VO

Note de Tootpadu: