Un camion en réparation

Un camion en réparation
Titre original:Un camion en réparation
Réalisateur:Arnaud Simon
Sortie:Cinéma
Durée:43 minutes
Date:19 avril 2006
Note:
Eugène, vingt ans et mal dans sa peau, est parti à la campagne pendant les vacances d'été pour réviser et se reposer. Il y rencontre Pierre, de dix ans son aîné, qui s'occupe du jardin de Mathilde. Eugène tombe amoureux de Pierre, mais la passion n'est pas réciproque puisque leur liaison ne survivra pas à l'été.

Critique de Tootpadu

Qu'est-ce que ça fait du bien de regarder de temps en temps un moyen-métrage frais et sympathique ! Difficile en effet de ne pas apprécier ce format peu exploité qui est moins immédiat qu'un court et moins longuet qu'un long, et de ne pas succomber au charme de cette romance gaie mélancolique. Le jeune cinéaste Arnaud Simon affirme être influencé par les films de Truffaut et, même si ce dernier ne s'intéressait guère aux gays, on retrouve le regard mi-tragique, mi-comique de certaines de ses oeuvres dans cette bouffée d'air frais inattendue. Simon nous réserve en fait plein de petites surprises, de répliques ou de silences qui étonnent à l'intérieur d'une intrigue fine et simple. Son protagoniste, un spécimen parfait de la jeunesse fougueuse et esclave de ses états d'âme, ne perd pas de temps pour déclarer sa flamme, mais lorsque la relation ne mène nulle part, il ne lui restent plus que les femmes qui l'entourent pour le consoler de son chagrin d'amour.
Si Pierre Moure est très attachant dans son rôle de jeune adulte en recherche de repères, c'est avant tout l'immense Edith Scob qui démontre avec bravoure qu'elle mérite mieux que les petits rôles de faire-valoir dans les super-productions françaises. Sa Mathilde est certes un personnage secondaire dans un film qui ne dure même pas trois quarts d'heure, mais ce qu'elle fait avec le peu de temps qui lui est consacré force le respect.
Il lui manque la dimension sociale du monde du travail et la poésie du regard sur les machines, mais ces réserves mises à part, ce camion est le moyen-métrage le plus décomplexé et intelligent depuis Ce vieux rêve qui bouge d'Alain Guiraudie, et il n'a donc nullement besoin d'être réparé !

Vu le 17 mars 2006, au Club Marbeuf

Note de Tootpadu: