Brigades du tigre (Les)

Brigades du tigre (Les)
Titre original:Brigades du tigre (Les)
Réalisateur:Jérôme Cornuau
Sortie:Cinéma
Durée:128 minutes
Date:12 avril 2006
Note:
Deux ans avant la Première guerre mondiale, les brigades mobiles, créées cinq ans plus tôt par Georges Clemenceau pour enrayer une montée de violence et de banditisme en France, comptent parmi les forces les plus redoutées de la police nationale. Alors que la brigade du commissaire Valentin se met aux trousses du brigand Bonnot, elle découvre que les braquages d'apparence anarchiste de ce dernier cachent un complot d'envergure internationale, quelques jours avant la ratification d'un accord important entre la France, l'Angleterre et la Russie.

Critique de Tootpadu

Même pour celui qui n'a jamais vu un seul épisode de la célèbre sérié des années 1970, comme votre dévoué, cette co-production franco-italienne se laisse déguster avec un plaisir considérable. Elle séduit en effet par un juste équilibre entre les gros moyens alloués pour reconstituer la France de la "Belle époque" et une histoire assez complexe, ainsi qu'entre la vocation ludique et sérieuse qui s'appuie sur des faits historiques et de petites touches d'humour divertissantes. A l'opposé des autres grandes fresques récentes particulièrement pitoyables (Vidocq et Arsène Lupin), ce troisième film de Jérôme Cornuau, après deux tentatives navrantes de lancement de la carrière cinématographique d'Ophélie Winter, sait garder les deux pieds sur terre et ne pas mettre toute l'entreprise en péril à cause d'un scénario en roue libre. Ici, les bifurcations de l'intrigue et la multitude des personnages ont même tendance à étourdir le spectateur, sans que cette légère surcharge gêne cependant la compréhension et le ton sérieux de l'ensemble.
Divertissant et bien rythmé, ludique et bien écrit, le retour du commissaire Valentin, de Pujol et de Terrasson manque toutefois de personnalité et d'un style particulier pour le distinguer réellement. Tout au long du film, nous avions en effet l'impression d'assister à des morceaux choisis d'autres oeuvres, à peine modifiés, dont la somme ne s'additionne pas à quelque chose d'homogène. Ces Incorruptibles à la française se voient alors trimbalés dans du western à la Sergio Leone, dans de l'opéra qui louche vers Le Parrain 3ème partie, pour finir avec un déjeuner sur l'herbe à la Renoir. D'ailleurs, l'inspecteur Terrasson est interprété par un Olivier Gourmet excellent comme une figure digne d'un Michel Simon ou d'un Octave dans La Règle du jeu. Peu importe la qualité de ces références récurrentes, nous aurions préféré une approche plus courageuse et autonome pour cet énième resucé d'une série télé, en attendant OSS 117.
Finalement, nous sommes totalement bluffés par la prestation de Diane Kruger, largement plus convaincante ici dans un contexte historique que dans les convulsions contemporaines de Frankie. Certes, elle ne fait guère d'étincelles au sein d'une distribution prestigieuse. Mais son interprétation d'une femme aussi sophistiquée que fanatique apporte sa part à l'édifice d'une histoire avant tout divertissante.

Vu le 16 mars 2006, au Planet Hollywood Champs-Elysées

Note de Tootpadu: