
| Titre original: | Frankie |
| Réalisateur: | Fabienne Berthaud |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 88 minutes |
| Date: | 01 mars 2006 |
| Note: | |
Frankie travaille depuis plusieurs années comme mannequin. Elle est d'une beauté exceptionnelle et les photographes se l'arrachent. Mais cette vie épuisante, marquée par la concurrence et les séances de nuit sans fin, fatigue Frankie outre mesure, et cela d'autant plus qu'à 26 ans elle commence à se faire vieille pour le métier. Après une dépression nerveuse, elle est admise dans une clinique où elle doit rapprendre à gérer sa vie.
Critique de Tootpadu
Derrière les apparences de beauté et de glamour, l'existence d'un mannequin n'est pas si enviable que cela. Et ce sont donc les moments éprouvants d'un shooting pendant toute une nuit qui reflètent le mieux les galères qui se cachent en dessous du physique de rêve et du papier glacé des revues de mode. Cependant, cette pièce centrale est également l'unique réussite d'un film qui balance de façon désordonnée entre l'improvisation et la prétention les plus pures. La structure narrative morcelée et la photo numérique plutôt laide ne permettent en fait jamais d'éprouver quoique ce soit pour le personnage principal à la dérive.
Mais le style artisanal qui donne constamment l'impression de vouloir passer pour de l'art n'est pas la plus grande faiblesse du film. En quelque sorte, la réalisatrice prouve à travers l'interprétation au mieux passable de Diane Kruger l'état de perdition des mannequins privés de leur travail, et par conséquent de leur raison d'être. La compagne de Guillaume Canet, ou plutôt la future ex-épouse selon les revues people que l'on peut croire, est ainsi parfaitement à l'aise lorsqu'il s'agit de poser dans des attirails stylisés sous les feux des projecteurs. Par contre, tout ce qui touche à l'évocation psychologique de son personnage tourmenté - par on ne sait pas quoi, d'ailleurs - est aussi insipide et vaniteux que les interprétations dont l'ancien top-model nous a gratifiés dans ses super-productions hollywoodiennes.
Longuet et arbitraire, ce premier long-métrage de la romancière Fabienne Berthaud est le genre de projet personnel et prétentieux qui laisse le spectateur pour compte sans le moindre scrupule.
Vu le 14 mars 2006, au MK2 Quai de Loire, Salle 6, en VO
Note de Tootpadu: