
| Titre original: | Barrage |
| Réalisateur: | Raphaël Jacoulot |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 91 minutes |
| Date: | 22 mars 2006 |
| Note: | |
Sabine travaille à l'hôpital en tant qu'assistante sociale. Avec son fils Thomas, qu'elle a eu très jeune et qui commence à devenir adulte, elle emménage dans une maison isolée, au bord d'un barrage. Elle espère ainsi le garder plus longtemps près d'elle.
Critique de Tootpadu
Le début du premier long-métrage du diplômé de la FEMIS, Raphaël Jacoulot, est des plus prometteurs. Le regard du cinéaste est d'une précision et d'une beauté exceptionnelles, surtout dans son traitement de l'eau, en quelque sorte la matière plastique première du film. L'eau dans des formes et des mouvements assez larges sert ainsi de reflet à la relation trouble qui unit la jeune mère et son fils grandissant. Cet autre rapport clef du film garde d'ailleurs sa part de mystère pendant un temps assez important, ajoutant ainsi à la délicatesse du récit et son jeu astucieux avec les éléments connus et cachés de la vie des personnages. Tandis que Sabine, son fils et son entourage paraissent avoir une histoire chargée derrière eux, Raphaël Jacoulot nous en dévoile étonnamment peu, comme pour mieux laisser en suspens notre appropriation de l'histoire et notre identification avec la protagoniste.
Une fois que la compulsion possessive de la mère a pris le dessus, les considérations esthétiques s'estompent malheureusement un peu. L'enthousiasme que nous avait inspiré alors la forme exquise s'efface par conséquent au profit d'un état d'esprit plus dubitatif. Est-ce qu'il était vraiment nécessaire de pousser la peur de la mère de perdre son fils aussi loin, alors que les tensions entre elle et lui étaient déjà des plus étincelantes auparavant ?
Toujours est-il que Nade Dieu dans le rôle de la mère dépassée par la maturité de son fils et le jeune Hadrien Bouvier dans celui du jeune homme qui veut trouver sa voie dans la vie sont tous les deux excellents dans l'expression de la tendresse mêlée à l'oppression.
Vu le 2 mars 2006, à la Salle Pathé Lincoln
Note de Tootpadu: