Wu Ji - La Légende des cavaliers du vent

| Titre original: | Wu Ji - La Légende des cavaliers du vent |
| Réalisateur: | Chen Kaige |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 102 minutes |
| Date: | 15 mars 2006 |
| Note: | |
Lorsqu'elle était une petite fille, pauvre et affamée, Qingcheng a promis à la déesse Manshen de renoncer à l'amour en échange de devenir l'objet du désir des hommes les plus riches et puissants du royaume. Adulte et plus belle encore, elle est convoitée par le roi et son adversaire, le Duc du Nord Wuhuan. Lorsque le général Guangming ne peut pas arriver à temps pour sécourir le souverain, après une embuscade que lui a tendue Wuhuan, il envoie son fidèle esclave Kunlun à sa place. Ce dernier tue le roi, quand celui-ci veut se venger des infidélités de la princesse Qingcheng. Kunlun tombe alors à son tour sous le charme de Qingcheng, mais sa condition modeste et ses origines mystérieuses l'empêchent de lui avouer son amour.
Critique de Tootpadu
Le wu xia pian avec un zeste de mythologie a fait les beaux jours du cinéma asiatique depuis Tigre et dragon d'Ang Lee en 2000. Dès lors, les productions au budget conséquent se bousculaient au portillon du marché international, avec quelques petits (Seven Swords de Tsui Hark) et grands (Hero de Zhang Yimou) chefs-d'oeuvres parmi eux, et le gros du lot qui était somme toute correct (tel Le Secret des poignards volants). Après une première incursion dans le genre avec L'Empereur et l'assassin, le réalisateur chinois Chen Kaige retente sa chance, après une série de films très décevants. Ce lauréat de la Palme d'Or en 1993 a-t-il enfin retrouvé la verve de son film le plus abouti, Adieu, ma concubine?
Dès les premières images, le constat ne peut pas être assez sévère. Une orgie d'effets spéciaux mal faits ou mal intégrés, ce conte mythique passe très loin à côté du potentiel poétique dont il disposait. Chen Kaige passe ainsi son temps à expérimenter toutes sortes de mouvements de caméra aussi amples que vains, au lieu de se préoccuper de l'état inquiétant de sa narration. Certes, la version distribuée en France, comme dans la plupart des pays occidentaux, est tronquée d'une vingtaine de minutes. Mais même une heure de matériel supplémentaire ne suffirait pas pour réparer ni les trous béants de l'histoire, ni le nombre hallucinant d'incongruités. Car en dessous de la couche épaisse d'effets tapageurs, il ne se trouve certainement pas de quoi pavoiser. Alors que l'histoire est censé célébrer l'amour, en termes sombres mais néanmoins affirmés, il manque à chaque personnage et à chaque situation le plus infime souffle de vie.
C'est simple : Wu Ji est un mauvais jeu vidéo tiré sur la longueur. Vous y rencontrerez des vues d'une splendeur tout droit sortie d'un ordinateur, des scènes de combat à la chorégraphie très approximative et une trame narrative en fin de compte très superflue, tellement elle fait du surplace. Le peu de sérieux inhérent à l'histoire est rapidement balayé par des effets risibles qui seraient plutôt à leur place dans le délire irrévérencieux d'un Crazy Kung Fu. Vous l'aurez compris, rien n'est à sa place ici, mais au lieu d'en faire un bordel filmique qui sombre avec de l'allure et des sursauts d'une création digne d'intérêt, Chen Kaige enfonce son film dans l'ennui et le mauvais goût le plus total. Autant arrêter de tourner des films et de faire croire qu'Adieu ma concubine était un coup de chance nullement mérité ...
Vu le 3 février 2006, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO
Note de Tootpadu: