Toute la beauté du monde

Toute la beauté du monde
Titre original:Toute la beauté du monde
Réalisateur:Marc Esposito
Sortie:Cinéma
Durée:104 minutes
Date:08 février 2006
Note:
Tina vient de perdre son mari dans un accident de voiture, un drame qui la plongera dans une profonde dépression. En même temps, Franck s'installe en Provence pour y renouer avec ses racines familiales, après un long séjour en Asie. Par l'intermédiaire du frère de Tina, Franck la rencontre et tombe immédiatement sous le charme de cette femme fragile et résolue. Lui qui n'était jamais tombé amoureux encore fera désormais tout pour être proche de Tina. Pendant de longues vacances sur Bali, les deux feront connaissance, et deviendront même amis, mais Tina refuse de laisser Franck accéder à son coeur meurtri.

Critique de Mulder

Voici la meilleure comédie romantique française que j'ai pu voir en France jusqu'à maintenant.

Le gros problème de l'industrie cinématographique française est la carence de scénarii originaux. Comme les Etats-Unis, la France ne cherche qu'à produire des films pouvant rapporter le plus d'argent et plaire à tout le monde. Ce film fut conçu avec amour et avec une profonde estime pour les spectateurs qui le verront.

Ce film est une invitation aux voyages lointains (Bali est encore plus beau quand vous y êtes, même si cette oeuvre arrive à nous montrer une vision du paradis terrestre). L'histoire ici contée est l'histoire d'une jeune mère de famille de 2 enfants (très belle Zoé Félix) qui apprenant la mort de son jeune mari de 30 ans n'arrive plus à trouver le goût de la vie ni à retomber amoureux. Un des amis du frère de cette femme donne l'idée de partir à Bali afin de se resourcer et de reprendre goût à la vie... Cet homme interprété par Marc Lavoine est tombé raide dingue de cette femme dès la première fois qu'il la rencontre.

Ce film repose principalement sur ses 2 acteurs principaux et sur leurs relations difficiles, confictuelles et amoureuses. Marc Esposito après son très beau film Le coeur des hommes continue à réaliser des films taillés pour lui, pour son côté romantique et pour son amour pour les femmes.

Laissez-vous guider par ce très beau film romantique parfait pour la Saint Valentin !

Vu le lundi 13 février 2006 à 22h15, salle 05, au Gaumont du Disney Village

Note de Mulder:

Critique de Tootpadu

L'île de Bali est magnifique et belle, un paradis sur terre qui recèle des facettes très diverses. Et la musique populaire indonésienne a des mélodies sirupeusement entraînantes, une impression sans doute encore renforcée si l'on comprenait les paroles. A notre humble avis, le côté positif du deuxième film de Marc Esposito s'arrête à peu près là. Et encore faudrait-il considérer le cinéma comme un substitut de catalogue de voyages pour réellement apprécier cet aspect dépaysant. Car les vues splendides d'une nature vierge s'immiscent avec une telle insistance dans le film qu'elles deviennent carrément un personnage à part entière.
En vue de la pauvreté des deux personnages principaux, ou plus précisément, de leur caractère tortueux, ennuyeux à en mourir, cet ajout pesant deviendrait presque une qualité. La très longue démarche de Franck pour courtiser Tina manque en effet de vie, d'esprit et de passion. Il vous faudra attendre pratiquement une heure avant le premier baiser, et le deuxième n'est pas non plus prêt à arriver. Pendant ce temps très long, le personnage interpreté passablement par Marc Lavoine se donne un mal de chien, assaisonné d'une arrogance antipathique, pour séduire la femme la plus pleurnicheuse depuis Toni Collette dans Pour un garçon. Au moins, Zoé Félix nous laisse savourer un peu de sa beauté, mais l'acrobatie psychologique dangereuse entre la dépression la plus profonde et une sorte de frigidité peu crédible ne lui réussit pas mieux pour autant. Ce ne sont ainsi pas seulement certaines répliques du film qui sonnent atrocement faux, mais l'enjeu de l'intrigue en lui-même est pratiquement mort né.
La médiocrité de l'exécution d'une histoire qui aurait, peut-être, pu marcher, nous laisse au moins le temps d'opérer des observations curieuses. Alors que la consommation constante de drogues douces, surtout pendant la première moitié du film, ne regarde que le réalisateur, il y a un détail qui nous a interpelé avec plus d'insistance. En effet, pendant ses ballades, le groupe d'amis garde constamment ses écouteurs sur les oreilles, comme pour mieux s'immerger dans la niaiserie mélodique de la chanson récurrente. Cette attitude pourrait bien traduire un rapport particulier envers le monde extérieur, le genre de retrait personnel, pour ne pas dire égoïste, dont font preuve les touristes les plus renfermés, qui font abstraction du bruit naturel pour contempler la vue sur un fond sonore préfabriqué. Une observation qui correspond parfaitement à l'approche "album de photos" qui distingue le film dans son ensemble.

Vu le 26 janvier 2006, à l'UGC Normandie, Salle 1

Note de Tootpadu: