Enfer (L')
Réalisé par Danis Tanovic (2005)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 30/11/2005 |
| Note | 6/10 |
Sophie n'en peut plus des affaires de son mari Pierre, un photographe qui rencontre les plus belles femmes à travers son travail. Elle tente de le récupérer en s'humiliant.
Céline est tellement angoissée qu'elle ne peut dormir que dans le train qui l'emmène chaque semaine pour rendre visite à sa mère, paralysée, muette et aigrie. Le jeune homme qui l'observe jour après jour du café en face de chez elle, serait-il le prince charmant dont elle rêve tellement ?
Anne aime passionnément son professeur, un homme âgé et marié. Elle ne peut s'imaginer sa vie sans lui, alors que lui, justement, il veut rompre cette affaire qu'il juge compromettante.
Ces trois femmes, elles ont une histoire commune dans le passé, le genre de secret familial qu'on préfère oublier sans jamais s'en souvenir.
La critique
Par Tootpadu 08/11/2005
Le ton solennel de l'ensemble s'avère d'ailleurs un couteau à double tranchant ici. Il garde à la fois l'histoire sur une famille éclatée et psycholgiquement endommagée dans le domaine du passionnel abordable, loin des risques que certains clichés sentimentaux lui font courir, et il évite de justesse de l'écraser par son côté grave, à la limite du pompeux. Seulement aux commandes de son deuxième long-métrage, après l'excellent No Man's Land et sa contribution modeste au film à épisodes 11.09.01, Danis Tanovic ne se garde pas de renforcer encore cette emphase tragique, au contraire, il commet par moments l'erreur de l'exacerber. Ainsi, l'emploi d'une symbolique peu ambiguë (le générique autour du coucou) insiste sur des faits qui auraient pu avoir un impact plus profond s'ils avaient été évoqués avec un peu plus de subtilité. Néanmoins, cette application éclatante permet également de renouer avec force les trois fils de l'histoire, qui flottent avec un peu trop de désinvolture pendant la première heure. Sans être tout à fait à la hauteur de la complexité formelle et morale de l'esquisse de Kieslowski, Danis Tanovic réussit au moins un film grave et beau, le genre de divertissement de luxe qui invite à des réflexions abstraites et futiles.
Dans le casting de rêve, qui s'appuie peut-être trop sur des comédiens connus jusque dans les rôles les plus secondaires (Jean Rochefort ou Dominique Reymond qui apparaissent moins de cinq minutes), ce sont surtout Karin Viard et Guillaume Canet qui intriguent. Leur épisode traduit probablement le mieux le malaise sentimental et existentiel dans lequel baigne le film.
Vu le 8 novembre 2005, au Club de l'Etoile