Furtif

Furtif
Titre original:Furtif
Réalisateur:Rob Cohen
Sortie:Cinéma
Durée:121 minutes
Date:24 août 2005
Note:
Ben, Kara et Henry sont les pilotes d'essai d'avions de combat furtifs ultrasophistiqués. Lorsque le capitaine Cummings leur présente EDI, un avion de combat à intelligence artificielle sans pilote humain, Ben est réticent. Mais lors de leur première mission, EDI se révèle un "pilote" hors pair et élimine leur cible avec succès. Sur le vol de retour, EDI est touché par la foudre. Le cerveau du drone a des réactions étranges. Malgré les réserves de Ben et de Henry, Cummings déclare EDI bon pour le service. Lors de leur mission suivante, contre un baron du crime disposant d'armes nucléaires en Chine, EDI a de nouveaux problèmes, et Ben décide d'annuler la mission... mais EDI refuse d'obéir à ses ordres et mène tout de même l'attaque. A présent, EDI a décidé d'accomplir une mission top secrète qui, si elle aboutit, pourrait bien entraîner une guerre nucléaire à l'échelle mondiale... http://www.furtif-lefilm.com/
(Source Allociné)

Critique de Tootpadu

La guerre n'est jamais un événement heureux, et la forme de glorification des conflits armés à laquelle s'emploie ce canular laisse un arrière-goût amer en vue du débâcle dans lequel les Etats-Unis continuent à s'embourber en Iraq. Le but idéologique du film semble ainsi être la promotion d'une guerre propre, qui verrait les Américains en force de frappe omniprésente et précise. Certes, cette illusion d'un monde manichéen avec les vilains terroristes enterrés quelque part en Asie d'un côté et la valeureuse Navy, juste et droite, de l'autre, se trouve en partie contredite par les dommages collateraux qui s'accumulent au fur et à mesure du dérèglement de la technologie de pointe. Mais la morale n'est pourtant nullement mise en question, puisque l'erreur ne vient pas de la procédure en elle-même, mais d'un des exécutants trop pressés, trop peu scrupuleux ou tout simplement trop mal écrit.
Le problème de ce film effectivement très furtif n'est pas son bagage idéologique simpliste. Si seulement il avait persévéré sur la voie du conte héroïque plus grand que nature, il aurait pu devenir un divertissement exagéré qui aurait justement été amusant par son attachement au premier degré. Hélas, même cette alternative lui est refusé, puisqu'il manque cruellement de substance. Les séquences futiles se succèdent à un rythme qui n'a rien à envier à la vitesse des avions supersoniques qui s'écrasent progressivement. Dans le creux scénaristique qui privilégie les décors touristiques (Thaïlande) au déroulement d'une intrigue crédible, la seule prévisibilité des revirements devient une source d'intérêt limité. Ainsi, on se croirait revenu aux sinistres spectacles de guerre des années 1980, lorsque vers la fin un personnage ennemi refait une apparition éclair, avant de finir en feu d'artifice. De même, la courte prise après le générique de fin n'est que la cerise inutile sur le gateau très creux que constitue ce film qui a du plomb dans l'aile.

Vu le 29 août 2005, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 23, en VO

Note de Tootpadu: