Deces

Peter O'Toole

Mardi 17 Décembre, 14h56

L’acteur irlandais Peter O’Toole est décédé le 14 décembre à Londres. Il était âge de 81 ans. Devenu une star internationale dès son premier rôle important au début des années 1960 dans Lawrence d’Arabie, O’Toole avait réussi à rester une figure incontournable, voire une légende du cinéma pendant près d’un demi-siècle.

 

Formé au théâtre anglais, Peter O’Toole avait seulement joué des rôles secondaires dans des films comme L’Enlèvement de David Balfour de Robert Stevenson, Les Dents du diable de Nicholas Ray et Le Jour où l’on dévalisa la banque d’Angleterre de John Guillermin, avant d’être réellement découvert par David Lean pour son épique Lawrence d’Arabie, Oscar du Meilleur Film de 1962. Ce rôle emblématique, qui allait rester en quelque sorte le couronnement précoce d’une carrière néanmoins mythique, avait d’abord été proposé à Marlon Brando et Albert Finney, avant que Peter O’Toole ne le remplisse avec son aura de grandeur fragile. Si Lawrence d’Arabie reste à ce jour l’un de mes films préférés, c’est aussi grâce à l’interprétation magistrale de O’Toole, dans la peau d’un personnage dont les ambitions vertueuses sont broyées par ses propres démons.

 

Après ces débuts fracassants, les années 1960 allaient être la décennie la plus couronnée de succès pour Peter O’Toole, puisqu’il enchaînait rapidement des rôles majeurs dans des films aussi divers que Becket de Peter Glenville, Lord Jim de Richard Brooks, Quoi de neuf Pussycat ? de Clive Donner, Comment voler un million de dollars de William Wyler, La Bible de John Huston, La Nuit des généraux de Anatole Litvak, Le Lion en hiver de Anthony Harvey et Good bye Mr. Chips de Herbert Ross. Les années ’70 étaient déjà moins satisfaisantes pour l’acteur, accablé par des soucis de santé majeurs, dûs à son alcoolisme prononcé. On a toutefois pu le voir pendant cette période dans Country dance de J. Lee Thompson, La Guerre de Murphy de Peter Yates, Dieu et mon droit de Peter Medak, L’Homme de La Mancha de Arthur Hiller, Rosebud de Otto Preminger, L’Ile du maître de Jack Gold, L’Ultime attaque de Douglas Hickox et Caligula de Tinto Brass.

 

A partir des années 1980, Peter O’Toole était plus présent sur le petit écran, notamment dans la mini-série « Masada » ou plus récemment dans « Les Tudors ». Il continuait en même temps d’interpréter des rôles plus ou moins importants au cinéma, dans Le Diable en boîte de Richard Rush, Où est passée mon idole ? de Richard Benjamin, Supergirl de Jeannot Szwarc, Creator de Ivan Passer, Club Paradis de Harold Ramis, Le Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci, Oscar du Meilleur Film de 1987, High spirits de Neil Jordan, Clair de Lina Wertmüller, Le Voleur d’arc-en-ciel de Alejandro Jodorowsky, Ralph Super King de David S. Ward, Le Mystère des fées Une histoire vraie et Lassie de Charles Sturridge, Troie de Wolfgang Petersen, Venus de Roger Michell, Ratatouille de Brad Bird et Stardust Le Mystère de l’étoile de Matthew Vaughn.

 

Peter O’Toole avait été nommé à huit reprises à l’Oscar du Meilleur Acteur, pour Lawrence d’Arabie, Becket, Le Lion en hiver, Good bye Mr. Chips, Dieu et mon droit, Le Diable en boîte, Où est passée mon idole ? et Venus. Alors qu’il avait reçu un Oscar d’honneur en 2003, il reste l’acteur le plus souvent nommé aux Oscars sans gagner un Oscar régulier. Il fait d’ailleurs partie du club exclusif des cinq acteurs nommés huit fois ou plus dans la catégorie du Meilleur acteur, aux côtés de Paul Newman et Jack Nicholson, et derrière seulement Laurence Olivier et Spencer Tracy. Peter O’Toole avait été nommé dix fois aux Golden Globes et en avait gagné trois. Il avait été récompensé à deux reprises par le National Board of Review et une fois par la National Society of Film Critics. Enfin, il avait reçu un Emmy en 1999 pour le Meilleur acteur dans un second rôle dans la mini-série « Jeanne d’Arc » de Christian Duguay.

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