Deauville 2026 : Faye Dunaway recevra le prix de l'icône.
Deauville 2026 : la carrière légendaire de Faye Dunaway est à l'honneur.
Hier, 16h08
Le 52e Festival du cinéma américain de Deauville rendra hommage à Faye Dunaway en lui remettant le Deauville Icon Award le mardi 8 septembre 2026, célébrant ainsi une actrice dont la présence à l’écran a contribué à redéfinir l’image de l’héroïne américaine. Pendant plus de cinq décennies, elle a su faire coexister l’intelligence, le danger, la vulnérabilité et l’ambition au sein d’un même personnage. Le choix du festival est donc bien plus qu’un simple hommage rétrospectif : il rend hommage à une actrice dont l’œuvre fait désormais partie intégrante du vocabulaire visuel et émotionnel du cinéma moderne.
La cérémonie aura lieu lors de l’édition 2026 du festival, prévue du 4 au 13 septembre au Centre International de Deauville et dans d’autres salles de projection locales. Deauville décrit Faye Dunaway comme une icône dont l’influence s’étend au-delà du cinéma, jusqu’à la mode et la culture populaire. Cette affirmation se vérifie aisément : le béret, les coupes sur mesure et l’attitude rebelle et décontractée de Bonnie et Clyde ont contribué à transformer le style des hors-la-loi de l’époque de la Grande Dépression en un symbole de modernité à la fin des années 1960, tandis que la garde-robe impeccable et la partie d’échecs pleine de tension dans L’Affaire Thomas Crown ont créé une image emblématique et intemporelle de sophistication, de maîtrise et de séduction.

De la formation à Broadway à une nouvelle percée à Hollywood
Née à Bascom, en Floride, Faye Dunaway a suivi une formation théâtrale et a débuté sa carrière professionnelle sur les planches new-yorkaises avant de faire ses débuts au cinéma en 1967. Parmi ses premiers films, on peut citer The Happening et Hurry Sundown, réalisés par Otto Preminger, mais c'est son interprétation de Bonnie Parker aux côtés de Warren Beatty dans Bonnie and Clyde qui l'a propulsée au rang de star internationale. Réalisé par Arthur Penn, ce film alliait romance et rébellion à un niveau de violence qui interpellait le public de l’époque et devint un film emblématique du New Hollywood.
Cette percée lui a également valu la première de ses trois nominations aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice. En 1968, les BAFTA l'ont désignée « Révélation la plus prometteuse dans un rôle principal » pour Bonnie and Clyde et Hurry Sundown. Une anecdote révélatrice sur le casting montre à quelle vitesse les perceptions ont changé : Arthur Penn avait d’abord été encouragé à chercher ailleurs, tandis que Warren Beatty se serait demandé si sa structure osseuse saisissante convenait à une hors-la-loi issue d’une petite ville. Des photographies prises avant le tournage ont contribué à dissiper cette hésitation ; à l’écran, les traits mêmes considérés comme un risque sont devenus indissociables de l’identité du film.
Son succès majeur suivant, L'Affaire Thomas Crown, a confirmé qu'il ne s'agissait pas d'un simple phénomène ponctuel. Le réalisateur Norman Jewison lui a confié le rôle de l'enquêteuse en assurance Vicki Anderson, aux côtés de Steve McQueen, construisant le personnage autour d'une intelligence acérée, d'une retenue élégante et d'une garde-robe qui aurait compté pas moins de 29 tenues différentes. La célèbre séquence des échecs fonctionne parce qu’elle se passe presque entièrement de paroles : le pouvoir change de mains à travers des regards, des pauses et des mouvements. Elle a mis en évidence une qualité essentielle à sa carrière : sa capacité à faire du glamour un élément dramatique à part entière plutôt qu’une simple décoration.

Chinatown, Network et l'art de l'intensité maîtrisée
Au cours des années 1970, Faye Dunaway a exploré différents genres, incarnant à maintes reprises des femmes dont le sang-froid masquait des tourments intérieurs. Elle a retrouvé Arthur Penn pour Little Big Man, a incarné Milady de Winter dans l'adaptation en deux parties de Les Trois Mousquetaires, et a livré l'une de ses interprétations les plus marquantes dans le rôle d'Evelyn Mulwray dans Chinatown. Ce film néo-noir de 1974, réalisé par Roman Polanski d’après le scénario de Robert Towne, lui a valu une deuxième nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice et reste un exemple emblématique de sa capacité à suggérer toute une histoire enfouie derrière une apparence maîtrisée.
Deux ans plus tard, Network a donné à cette intensité une nouvelle forme féroce. Dans le rôle de Diana Christensen, une dirigeante de télévision obsédée par l’audimat, elle incarnait la collision entre l’ambition corporative, le divertissement et le détachement moral dans la satire de Paddy Chayefsky, réalisée par Sidney Lumet. Cette interprétation lui a valu l’Oscar et le Golden Globe de la meilleure actrice. Près d’un demi-siècle plus tard, la vision du film, qui transforme l’indignation en programme télévisé, reste étonnamment d’actualité, et son personnage ressemble moins à une caricature d’époque qu’à un portrait précoce d’une industrie apprenant à transformer chaque crise humaine en contenu.
Ce rôle explique également pourquoi l’hommage rendu à Deauville revêt une telle importance. Faye Dunaway ne s’est pas contentée d’incarner des « femmes fortes » ; elle a mis en lumière les sacrifices, les contradictions et la solitude que recèle cette étiquette. Bonnie Parker aspire à s’échapper, Evelyn Mulwray survit grâce à une précision prudente, et Diana Christensen transforme cette précision en un instrument de pouvoir. Leurs différences révèlent toute l’étendue du talent d’une actrice dont on se souvient souvent à travers des images immédiatement reconnaissables, mais dont la véritable réussite réside dans la tension psychologique qui se cache derrière elles.

Une carrière qui s'étend au cinéma, à la télévision et au théâtre
Ses œuvres ultérieures ont continué à échapper à toute catégorisation. Elle a collaboré avec Irvin Kershner sur Les Yeux de Laura Mars, avec Frank Perry sur Mommie Dearest, avec Barbet Schroeder sur Barfly, Emir Kusturica pour Arizona Dream, James Gray pour The Yards et Roger Avary pour Les Règles de l'attraction. Même les projets les plus controversés révélaient sa préférence pour les choix audacieux plutôt que pour la préservation d’une image de star lisse et sans faille.
La télévision lui a valu une reconnaissance encore plus grande. Faye Dunaway a remporté en 1994 le Primetime Emmy Award de la meilleure actrice invitée dans une série dramatique pour son interprétation de Laura Staton dans Columbo. Elle a également reçu des Golden Globes pour Ellis Island et Gia, venant s’ajouter à celui qu’elle avait remporté pour Network. Au théâtre, son interprétation de la légende de l'opéra Maria Callas dans Master Class de Terrence McNally lui a valu le prix Sarah Siddons, faisant ainsi le lien entre sa maîtrise de l'écran et la discipline théâtrale avec laquelle sa carrière avait débuté.
La cérémonie de Deauville est également tournée vers l'avenir. Faye Dunaway fait partie du casting de Prima, un drame indépendant sur le thème du ballet réalisé par les frères Alessandro Morelli et Luca Morelli. La distribution annoncée comprend Nicola Peltz Beckham, Jack Huston, Mira Sorvino et Betty Gabriel. Nicola Peltz Beckham est attendue à Deauville pour cet hommage, qui fait le lien entre la célébration par le festival d’une icône historique du cinéma et un nouveau projet axé sur la tradition, la discipline artistique et le renouveau générationnel.

Pourquoi l'hommage rendu à Deauville semble particulièrement d'actualité
Fondé en 1975, le Festival du film américain de Deauville est devenu une vitrine française du cinéma américain. Rendre hommage à Faye Dunaway s'inscrit parfaitement dans cette identité transatlantique : sa carrière a débuté au théâtre américain et au sein du « New Hollywood », mais elle a maintes fois croisé le chemin de cinéastes européens et de sensibilités européennes.
Le prix Icon rendra hommage à la fois à ces images célèbres et à ce qui se cache derrière elles : une actrice capable de transformer l’immobilité en suspense, l’élégance en armure et l’ambition en tragédie. De la soif insatiable de Bonnie et Clyde au mystère meurtri de Chinatown en passant par l’élan implacable de Network, Faye Dunaway a incarné des femmes qui refusent d’être réduites à une seule interprétation. La cérémonie de Deauville rendra hommage à cette complexité ainsi qu’à l’influence perdurable d’une filmographie qui semble encore vivante, plutôt que simplement préservée dans l’histoire.
Faye Dunaway – Cérémonie de remise du Prix Deauville Icon
Où : Centre International de Deauville, 1 avenue Lucien Barrière, 14800 Deauville, France.
Date : mardi 8 septembre 2026
Quoi : Le festival remettra à Faye Dunaway le « Deauville Icon Award » en hommage à sa carrière au cinéma, à la télévision et au théâtre, de Bonnie and Clyde et Chinatown à son rôle oscarisé dans Network. Nicola Peltz Beckham, sa partenaire à l'écran dans le prochain film Prima, devrait assister à cet hommage.
Filmographie
1967 - The Happening
1967 - Hurry Sundown
1967 - Bonnie and Clyde
1968 - The Thomas Crown Affair
1968 - A Place for Lovers
1969 - The Extraordinary Seaman
1969 - The Arrangement
1970 - Little Big Man
1970 - Puzzle of a Downfall Child
1971 - The Deadly Trap
1971 - Doc
1973 - Oklahoma Crude
1973 - The Three Musketeers
1974 - Chinatown
1974 - The Towering Inferno
1974 - The Four Musketeers
1975 - Three Days of the Condor
1976 - Voyage of the Damned
1976 - Network
1978 - Eyes of Laura Mars
1979 - The Champ
1980 - The First Deadly Sin
1981 - Mommie Dearest
1983 - The Wicked Lady
1984 - Ordeal by Innocence
1984 - Supergirl
1987 - Barfly
1988 - Midnight Crossing
1988 - The Gamble
1988 - Burning Secret
1989 - Crystal or Ash, Fire or Wind, as Long as It's Love
1989 - Wait Until Spring, Bandini
1990 - The Handmaid's Tale
1991 - Scorchers
1992 - Double Edge
1993 - Arizona Dream
1993 - The Temp
1994 - Don Juan DeMarco
1995 - Drunks
1996 - Dunston Checks In
1996 - Albino Alligator
1996 - The Twilight of the Golds
1996 - The Chamber
1997 - In Praise of Older Women
1999 - Love Lies Bleeding
1999 - The Thomas Crown Affair
1999 - The Messenger: The Story of Joan of Arc
2000 - The Yards
2000 - Stanley's Gig
2002 - Changing Hearts
2002 - The Rules of Attraction
2002 - The Calling
2003 - Blind Horizon
2004 - Last Goodbye
2004 - El Padrino
2004 - Jennifer's Shadow
2005 - Ghosts Never Sleep
2006 - Love Hollywood Style
2006 - Rain
2006 - Cut Off
2007 - Cougar Club
2007 - Say It in Russian
2007 - The Gene Generation
2008 - The Rage
2008 - Flick
2009 - The Magic Stone
2009 - Balladyna
2009 - 21 and a Wake-Up
2017 - The Bye Bye Man
2017 - The Case for Christ
2017 - Inconceivable
2022 - The Man Who Drew God
2024 – Faye
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