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Festivals - Canneseries 2020 : Moloch - Notre rencontre avec l’équipe de la série

  • Par Mulder, Cannes, Palais des Festivals et des Congrès, le 11.10.2020

    Q : Tout d’abord j’aimerai vous féliciter pour Moloch qui est à mes yeux une excellente série mixant thriller et fantastique. J’ai pu découvrir récemment les deux premiers épisodes et j’ai totalement été conquis. Pouvez vous nous parler de l’origine du sujet ?

    Arnaud Malherbe : oui tout à fait. Au tout début l'idée c'était de faire un thriller mental en fait un petit peu sur la base d’In treatment (En Analyse) au tout début. Mon envie c'était de faire un In Treatment thriller fantastique et au fil de l'écriture et du développement de la bible et du concept et tout ça 'est un peu élargi à une ville et du coup j'avais une envie aussi de de traiter des choses plus graphique plus ample, d’aller à la mer d'être donc de travailler aussi une architecture, bon bref donc la série est sorti du bureau de psy pour devenir une série de normale entre guillemets avec un grand nombre de décors et voilà ça c'est pour la genèse.

    Q : En découvrant les deux premiers épisodes, j’ai autant pensé au roman Firestarter de Stephen King, à la série X Files (notamment l’épisode L’incendiaire), mais aussi aux thrillers de David Fincher dont la trame repose autant sur un scénario de qualité qu’une interprétation parfaite. Pouvez vous nous parler de vos sources d’inspiration et de l’élaboration du scénario ?

    Arnaud Malherbe : C’est des super références. Moi, ce qui me plaît dans ce que vous dites c'est qu'on a essayé de faire je crois c'est à la fois d'assumer du genre du thriller fantastique avec des désirs de visuels des désirs plastiques et en même temps de raconter des choses à la fois peut-être un peu sociale et politique et intime donc voilà cela fait partie de ce que je disais hier encore, de ce désir de raconter la société par un détour fantastique et d'une certaine façon c'est ce qu’ils faisaient aussi dans X files. Il se trouve que l’épisode de X Files, l’incendaire, je n'ai pas vu mais je serais très curieux de le voir pour le coup.

    Q : bonjour Arnaud Valois, pouvez-vous nous parler de votre personnage Tom ?

    Arnaud Valois : Tom est un flic. Aranud et Marion m’ont proposé une version alternative du flic qu’on peut trouver d'habitude dans les séries thriller, policières quelque chose d'un petit peu plus profond, peut-être dans sa psychologie. D'ailleurs la série est beaucoup plus que, comme disait très ben Arnaud, c'est vraiment une série psychologique où on prend les thèmes et les codes du thriller mais un accent vraiment mis là-dessus. Du coup j'ai pu aussi grâce à la présence de Marine, chercher quelque chose peut être un peu plus doux, peut-être un peu plus personnel que cela soit l’incarnation d’un cow-boy.

    Q : Le duo principal composé d’Olivier Gourmet et Marine Vacth fonctionne à merveille. Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec eux ?

    Arnaud Valois : J’ai quasiment toutes mes scènes avec Marion. Cela a été un plaisir le total je trouve que dans cette série elle montre toute l'intensité dont elle est capable dans sa complexité de ce personnage de Louise qui est à la finale assez torturée. J’ai croisé Olivier à plusieurs reprises. C’est un très grand comédien. J’ai été très heureux d’être à ses cotés.

    Q : En mettant en parallèle l’enquête d’une jeune journaliste et un psychiatre, votre film se dote de deux regards différents. Comment avez-vous trouvé la bonne approche pour mettre autant en avant cette enquête sur les méhodes de ce psychiatre que cette enquête journalistique ?

    Arnaud Malherbe : c'est ce qu'on voulait faire avec Marion, je crois c'est à dire c’est à la fois de tisser ses deux parcours pour qu’une certaine façon ils s’aident et ils se sauvent l'un l'autre tout en avançant dans l’enquête entre guillemets technique pour essayer de comprendre l'origine du feu sans jeu de mots et en même temps qu'il y ait donc une double ce que disait Arnaud en fait c'est qu’il y ai un versant en tout cas psychologique et intime qui soit fort et c'est à dire qu'ils ont tous les deux un trauma et un parcours et que dans leur relation qui est par petites touches, petite dose un peu d'humour du respect, de la crainte il y a j'ai l'impression quelque chose tout cas qu'on a essayé de faire, de créer quelque chose d'un peu joli qui est peut-être un peu filiale et que on avait l'impression que finalement presque l'enquête était un prétexte à aller à les faire aller quelque part ensemble vers le même endroit quoi et c’est encore une fois voilà peut-être de quelque part se sauver un peu l'un l'autre sans trop se le dire ce que tout leur relation est assez pudique.

    Marion Festraëts : Cela nous permettait d'avoir deux regards sur les événements mais aussi sur la société parce qu’au contraire d'une enquête policière classique où on va chercher le coupable, les indices enfin ce qu'on a l'habitude de voir dans un polar est là avec ce psy on a quelqu'un qui enquête dans la tête des gens d'une certaine manière et la journaliste qui elle est peut-être dans une approche plus globale sur la société, les événements, qui va aller chercher à comprendre ce qui se passe de manière plus comment dire plus globale mais tout en n'ayant pas les facilités d'un policier et devant franchir un certain nombre d'obstacles pour essayer de comprendre ce qui se passe.

    Q : Les deux premiers épisodes témoignent d’un très grand soin apporté à l’esthétique. Pouvez vous nous parlez de l’importance de cet aspect pour réussir un série comme celle-ci ?

    Arnaud Malherbe : c'était un désir que j'avais, qu'était vraiment à l'origine du projet en fait. Dès les premières notes de d'intention et mes premiers échanges avec Xavier le producteur. En fait, j’ai ramené des photos et beaucoup de références picturales et il y avait un vrai désir déjà de créer une atmosphère et une ville qui ne soit pas très déterminé. J’’n’ai jamais réussi à vraiment conceptualiser le truc et dire pourquoi mais j'avais envie de faire ça.. En vrai parce qu'on peut très bien faire le même type de séries dont avec quelque chose de plus naturaliste et de plus Paris aujourd'hui par exemple mais je crois qu'il y avait déjà un désir par SF mais de décalage fantastique et j'avais l'impression que le décor..

    Marion Festraëts : Il y avait une universalité aussi en fait de pas ne pas situer cela dans un endroit très repérable et balisé en recomposant une ville qui est un peu une sorte de Gotham city aussi qui est un peu décatie un peu moderne

    Arnaud Malherbe : juste avec un peu moins de moyens. le truc c'est qu’à partir du moment justement où on n'est pas bloqué par une géographie par une ville où on n'est pas déterminé à Paris à Cherbourg, à Marseille voilà. En fait, du coup ce qui peut primer dans nos choix de décors c'est vraiment l'esthétique c’est-à-dire de dire ok moi j'avais envie d'une mer, par exemple l'eau parce que là c'était logique évidemment. On travaille le feu donc on se dit on va voir l'esthétique de l'eau qui va être très proche et c'est pour ça aussi qu'elle va à la piscine tout le temps. C'est des choses forcément que le spectateur n'analyse pas mais en vrai il y a toutes ces petites choses-là. En bref, un exemple sur la piscine ça c'était des choses sur lesquelles nous on était très engagé c'était ne pas être dans une piscine entre guillemets normal là on verrait les enfants à 16h30 et tout ça machin c'est une piscine art déco qui est à Bruxelles et ces choses là et chacun des décors en fait est vraiment voulu, assumé soit par un décalage esthétique un tout petit peu enfin chic ou futuristes entre guillemets comme le la tour du début voilà, soit un peu rétro, soit pas trop daté, soit le motel à la fin de l’épisode six ce qui fait un petit peu films américains on sait pas trop et voilà c'était toute cette espèce de deux à la fois de liberté dans la façon de créer un petit monde. C'est ça de liberté.

    Marion Festraëts : un tout petit peu moins de moyens mais voilà ce n’est pas identifiés donc ça peut être un peu partout.

    Xavier Matthieu : il y avait vraiment bien d'une volonté de se dire qu'on ne doit pas repérer où on est on est dans une ville on n'avait fait attention avec la signalétique avec les panneaux avec les immatriculations et c'est de se dire en réalité on n'est pas dans une ville qu'on connaît doit pas y avoir de références culturelles si elles sont européennes francophile mais européenne peut plus globalement et on ne doit pas avoir de référence régionale
    et de se dire tiens ça se passe à Paris, à Lyon etc. On voulait que le spectateur se demande en fait on était

    Marion Festraëts : ni temporel. Cela pouvait être il y a dix ans ou dans dix ans on ne sait pas

    Arnaud Malherbe : certains éléments de déco. Il y a un moment dans la série en fait c'est un interphone mais on fait comme si c'était un téléphone et qui est relié avec un fil au mur et cela fait vieux téléphone en fait donc c'est aussi des choses qui permettent, c’est des petits trucs mais oui on ne date pas trop quoi.

    Q : La thématique du deuil est importante dans cette série. Pouvez vous nous parler de cette thématique ?

    Arnaud Malherbe : On s'est dit, on ne sait pas trop d'où ça vient.

    Marion Festraëts : l’envie de tuer des gens

    Arnaud Malherbe : l’envie de tuer des gens, non. On est toujours partagé. Je crois que c'est un mélange en fait de
    trucs inconscient et de mécaniques scénaristiques aussi c'est à dire qu'à partir du moment où on a envie de travailler avec des personnages , on les ancre. Voilà parce que l’envies qu'on avait en fait c'était qu’il y ait un écho à ce qui se passe dans la ville et donc fasse écho à un traumatisme, en l'occurrence de Gabriel et que du
    coup il fallait qu'ils un écho avec la thématique du feu donc très vite l'idée c’est quoi la chose maximale qu'on puisse essayer de vivre avec mais qui est absolument terrifiante et lourdes et qui peut éventuellement nous pousser à péter un câble, c'est peut-être perdre un enfant est donc perdre un enfant par le feu d'après ce qui permet de lui mettre du feu aussi sur le dos et donc d'emmener le spectateur dans l'idée que peut-être il est lié d'une façon ou d'une autre à tout ça. Je crois qu’il ne faut pas non plus évacuer le caractère ludique de quand on écrit je ne pense pas qu'on soit tout le temps forcément pénétrer personnellement par quelque chose. On est irrigué évidemment par tout ce qu'on est quand on écrit mais il y aussi vraiment une envie de jouer avec le spectateur, de se faire un petit peu peur, d'intriguer. Je pense aussi au caractère ludique.

    Marion Festraëts : On voulait aussi des personnages qu'ils soient un peu abîmés à l'intérieur donc c'est des personnages endeuillés qui ont eux-mêmes des choses à reconstruire et qui sont en charge dans le cas de Gabriel d'aider les autres à se reconstruire donc il y a une espèce de failles comme ça entre ce qu'il est censé faire pour les autres et ce qu'il est incapable de faire pour lui-même. On le voit dans les épisodes qui suivent donc ça nous intéressait aussi de creuser ça.

    Q : Moloch montre qu’il est encore possible de réaliser d’excellentes séries fantastiques et on ne peut qu’encourager notre audience de découvrir cette série. Pouvez vous nous parler de votre attirance envers ce genre ?

    Arnaud Malherbe : pour moi elle est très forte. le premier court métrage que j'ai fait était un court métrage qui s'appelait Dans leur peau avec Fred Testot et c'était un court métrage fantastique avec un postulat fantastique très fort et je crois quoi est on est nourri de ça parce qu'encore une fois Marion et moi, je crois qu'on a ce tropisme-là de penser que par nous et tout à l'heure par le détour fantastique on peut parler du réel de
    façon potentiellement en tout cas. Cela ne peut pas dire qu'on y répond ici à chaque fois potentiellement assez fine. Là je viens de réaliser un long métrage et qui est un long métrage fantastique., Ogre.

    Q : Quelle a été la scène la plus difficile à tourner dans cette série et pour quelle raison ?

    Arnaud Malherbe : Toutes les scènes avec Arnaud (Valois).

    Arnaud Valois : Cela a couté un pognon fou à la production pour faire et refaire les scènes.

    Arnaud Malherbe : Les scènes les plus difficiles à touner.. il y avait des moments pas évident. Toute la fin, le motel, la piscine, la petite fille. Les torches en fait ça c'est à chaquefois bien passée mais il y a quand même tout le temps des petites galères qui nous font prendre du temps. On organise tout en réel. On a des cascadeurs donc qui partent en feu et on notamment je me souviens d'une scène sur le parking qui était assez longue parce qu'on a mis trois heures à se remettre un peu droit - et là il y avait tout était organisé avec un déclencheur et le gars devait partir en flammes quand le son copain appuyait sur le truc. Evidemment on fait tout le truc il part puis ça marche pas et on a fini la scène avec un autre cascadeur quelqu'un avec un petit chalumeau à genoux derrière le gars est donc on cadres au dessus pour pas choper le mec qui à genoux avec son avec son petit chalumeau qui fait ça bon bref et c'était ça nous a perdu du temps et tout ça doit. A partir du moment où on a toutes façons des SFX il y a une déperdition de temps forcément et d'énergie.

    Q : La musique occupe une part importante dans cette série, pouvez vous nous parler de votre collaboration avec Flemming Nordkrog ?

    Arnaud Malherbe : Flemming, c'est un copain et un voisin de Montreuil, qu'on a rencontré par des amis, je ne sais plus d'ailleurs. Fleming avait fait la musique de la saison 2 de Chefs qu'on avait auparavant pour France 2 et naturellement voilà il est venu sur Moloch et en fait on a commencé à travailler en musique bien avant le tournage. Je lui ai dit. en fait on avait un petit peu en rêve 2049. Ce monde sonore ou athée avec des nappes avec des choses. Je lui ai demandé d’une certaine façon de me faire peur et de la musique et du coup les thèmes principaux, il les a créées avant tournage et je me souviens que j'avais fait écouter à Marion, à mes enfants au casque et tout et les petits, ça fait peur ?..C'est pas mal on est sur la bonne voie et je crois qu'il a fait un travail extraordinaire

    Q : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre nouveau film le très attendu film Ogre avec Ana Girardot ?

    Arnaud Malherbe : donc je suis en sixième semaine de montage le film devrait être fini fin février fin février début mars. Voilà donc on a tourné dans le Morvan pendant sept semaines et on a été arrêté par le covid. On a repris est tout s'est bien passé on est passé entre les gouttes. C'est un film fantastique sur l'histoire d'une maman et son fils Karim dans un petit village du fin fond d'une Europe du Morvan et la maman est séduite par le médecin du village qu'un jeune un jeune gars qui est interprété par Samuel Jouy et le petit lui est persuadé que cet homme vient les dévorer et que c'est un ogre et l'histoire du film c'est que c'est peut-être vrai .

    Synopsis :
    Dans une ville de bord de mer industrielle et labyrinthique, des inconnus prennent feu de manière inexplicable. Louise, une jeune journaliste, et Gabriel, un psychiatre endeuillé, mènent l’enquête.

    Moloch (2019; 6 episodes)
    Une série réalisée par Arnaud Malherbe
    Produite par Xavier Matthieu
    Scénario d’Arnaud Malherbe and Marion Festraëts
    Avec Olivier Gourmet, Marine Vacth, Arnaud Valois, Marc Zinga, Alice Verset, Soufiane Guerrab, Jan Hammenecker, Julie-Anne Roth, Laurent Capelluto
    Musique de Flemming Nordkrog
    Directeur de la photographie : Christophe Nuyens
    Mntage : Floriane Allier, Aurique Delannoy
    Production ARTE France, CALT Studio, Belga Productions
    Dated de sortie : 22 octobre 2020 (Arte) (France)
    Durée : 52 minutes