Logo
Accueil > Events > Festivals > Hollywood HORRORFEST : comment passer de voir des films à faire des films.

Events

Festivals - Hollywood HORRORFEST : comment passer de voir des films à faire des films.

  • Par Max Black, Los Angeles,Vincent Price Art Museum , le 29 juillet 2018

    Après la couverture annuelle du Comic-Con de San Diego, Mulderville se fait un jump scare au Hollywood HorrorFest. Le festival s’annonce comme “un festival international de films & symposium”. Et ce n’est à peu près ça : au HorrorFest, on cause beaucoup, on rigole pas mal, et tous les films ont leurs invités.

    Cette année, le festival a mis en avant la musique de INVASION LOS ANGELES pour fêter les 30 ans du film, avec un concert de Alan Howard (qui jouait aussi Ney York 1997 et Halloween), et la présence de Peter Jason. Quelques stands, quelques bons films, mais ce qui nous interessait était un panel prometteur, autour du financement, de la production et de la distribution des films… D’horreur et de genre bien entendu.

    Sur scène : 10 intervenants (cela fait beaucoup) pour une grosse heure et quart de débat… Qui va assez souvent s’éloigner du sujet, mais en restant toujours plutôt interessant.

    Après quelques mots du modérateur qui a osé la veste rayée bicolore, chaque intervenant se présente : le festival s’est clairement positionné du coté des réalisateurs et du partage d’expérience, il n’y a dans le lot qu’un seul distributeur (qui ne prendra la parole que deux fois), et un distributeur/multicasquettes/marketing directeur. Tous les intervenants sont des artistes indépendants, avant tout réalisateurs et par nécessité leurs propres producteurs.

    Le modérateur veut entrer tout de suite dans le débat, et annonce la couleur : on est entre nous, on veut des chiffres, des infos vraies, pas de “bullshit”. Or, le premier réalisateur qui prend la parole ne fait que de la langue de bois et annonce ne même pas connaitre le budget de son dernier film. Le modérateur insiste, et lui fait comprendre qu’il est là pour jouer le jeu… Mais les intervenants suivants abordent le financement participatif avec des informatiosn et “bons conseils” déjà lus et entendus partout depuis plusieurs années.

    Côté gauche de la scène, un des réalisateurs semble s’impatienter. Et quand il prend la parole pour la première fois : il donne ses chiffres, son retour d’expérience, son budget : tout. Grâce à son intervention, le modérateur rebondit sur les vrais sujets, et alors on entre dans le vif.

    Distribution moderne via la VOD, les arnaques des distributeurs, les bonnes pratiques, le casting… Chacun y va alors de son expérience et de son anecdote. Certains réalisateurs sur la scène on fait de slongs métrages avec 3000 dollars, un autre avec 2 millions. En moyenne, on reste largement en dessous des 50.000, avec une pointe pour celui-ci à 150.000 dollars.

    Les retours sur investissement ? Rares. Voire rarrissimes. Un des réalisateurs explique avoir créé sa propre société de distribution depuis. Le modérateur, lui-même réalisateur, donne quelques détails sur son association avec un des intervenants du panel et comment ils travaillent pour faire sortir leurs films. Le constat global : faire des films est possible, toucher un public est possible, mais gagner de l’argent en dehors des studios et des sorties cinéma est rarissime.

    En fin de panel, on se mêle à la foule, et on pose quelques questions aux intervenants : tous ont leur propre société, sont entrepreneurs, la plupart on un boulot à côté, certains dans l’industrie du cinéma, d’autres n’ont pas cette chance. Un seul vit de ses films, “à peine” corrige-t-il.

    Est-ce que ce panel a répondu à son titre ? Pas vraiment. Ou bien, si : il a démontré, une fois de plus, que l’industrie du rêve demande un travail énorme, souvent invisible, et que le sujet de financer des films et montrer au monde ne se résume pas à 105 minutes de débat.

    Le public du festival, composé de beaucoup d’artistes, d’actrices, de compositieurs et de réalisateurs, se presse autour du distributeur, celui qui n’a pu prendre la parole que par deux fois seulement : bon Prince, il distribue ses cartes de visite à tout un chacun.

    On retiendra au final un très bon festival, une programmation cohérente, tirée vers le haut par la présence d’artistes et de représentants pour chaque film, et surtout un état d’esprit positif, qui mêle l’envie de rêve et de films avec le réalisme de ceux qui se posent la question de comment procéder.

    Rendez-vous l’an prochain !

    Ecrit par Maxime Benoit pour Mulderville.
    Photos: Matt