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Conference-de-Presse - Prometheus

  • Par Mulder, Paris, le 11.04.2012

    Ridley Scott, Charlize Theron, Noomi Rapace et Michael Fassbender - Crédits : Twentieth Century Fox 2012

    Q : Bienvenue à vous tous et merci d’être venus ici à Paris. C’est un film tellement surprenant. Ma première question pour vous Ridley Scott, pourquoi vous utilisez le mythe de Prométhée pour aller visiter l'espace ?

    Ridley Scott : Le mythe de Prométhée, pour le dire très brièvement pour ceux qui ne le savent pas ou le savent, c’était un demi-Dieu qui a défié les Dieux en voulant donner le don du feu. Après cela, les Dieux l'ont puni. C’est vraiment une métaphore que nous avons utilisée dans le film et vous le comprendrez en voyant le film.

    Q : Puisque c’est la première fois que vous tournez un film en 3D, j'aimerais vous demander ce que cela a changé à votre travail de réalisateur et qu’est-ce que cet outil vous a permis de raconter en plus ?

    Scott : Si vous êtes très visuel, naturellement dans l'idée d’utiliser la 3D est simplement un autre moyen. Je comprend fondamentalement votre question et quand vous verrez le film, vous verrez que cela aide. Cela vous entraîne encore plus dans l'univers de l'histoire, même en faisant les dialogues avec une 3D bien présente. Nous oublions que nos yeux sont deux caméras, nous voyons en 3D de toute façon, mais votre cerveau arrête cela et on y pense pas. On pense voir en 2D, mais en fait, parce qu’on a la vision lointaine et proche, donc quand je mets mes mains devant, c’est vraiment de la 3D. Quand vous portez les lunettes 3D, cela rappelle à votre cerveau que vous voyez en 3D.

    Q : Comment êtes-vous sûr d'avoir choisi le bon androïde ? Pourquoi avez-vous choisi Michael Fassbender ?

    Michael Fassbender : Parce que j'ai peut-être l'air robotique, je ne sais pas.

    Scott : Je pense que, pendant un certain temps, Michael a rejoint le niveau des meilleurs acteurs au monde. Si je peux demander à Michael de faire quoi que ce soit, je suis preneur. J’ai vraiment pensé à lui au tout début, il a été mon premier choix et à ma grande surprise, après une très brève conversation, il a dit oui, je le ferai. Michael est le maître de tout, il a l’esprit qu'il faut en tant qu'acteur. Avec son personnage de David, il y a beaucoup d'humour, vous avez le droit de sourire même de rire dans ce film. En fait, dans le tout premier Alien, il y avait un peu d'humour. Dans ce film, il y a encore plus d'humour. Si vous regardez au début du film avec attention, vous verrez ce que fait Michael dans le rôle de David est merveilleux, car il marche tout seul, pendant les cinq premières minutes et on se demande qui est cette personne et on peut peut-être se dire qu'il est un videur dans la maison. On n’essaye pas de cacher qu'il s'agit d'un robot. Il n'y a aucune raison de le faire, car on est dans le genre de la science-fiction. Je voulais simplement me dire parce que Michael était un robot et qu’on le savait et l'acceptait, l’équipage autour de lui l'accepterait aussi. Il n'y a qu'un membre qui ne l'accepte pas, car il n’est pas très à l'aise avec le fait d'être avec une création, une sorte de réplique d'un être humain autour de lui. Il y a toujours des problèmes, des chicanes autour de lui. Vous le verrez dans le film. Il y a de l’humour mais après, cela devient dangereux.

    Affiche du film Prometheus - Crédits : Twentieth Century Fox 2012

    Q : Pour Alien, vous avez créé le personnage féminin très fort de Ripley avec Sigourney Weaver. J’aimerais donc savoir comment vous avez créé vos personnages féminins dans ce film et comment vous, Charlize et Noomi, voyez vos personnages ?

    Scott : Tous mes personnages féminins, dans tous les films que j'ai faits, sont très fortes en fait. Je pense que cela vient du fait que ma mère était très grande et elle nous bottait les fesses régulièrement, à mes frères et à moi. J'accepte les femmes fortes et elles gagnent.

    Q : Puisque nous parlons de personnages féminins, je voudrais vous poser la question à tous les trois : ce film est entouré de secret, vous avez chacun votre rôle et votre action, pouvez-vous nous dire ce que vous pouvez nous révéler de ce que vous faites dans ce film ?

    Charlize Theron : Si je vous le disais, je devrais vous tuer ensuite. Je ne sais pas, je pense que nous avons chacun un mystère, il y a quelque chose de très sain. Je joue un personnage qui travaille pour la société et qui est là sur ce vaisseau et qui doit surveiller cette mission. Elle a déjà travaillé avec certains membres de l'équipage. Elle ne connaît pas Shaw. Tout se prête dans l'environnement au mystère. En ce qui concerne mon personnage, toutes ces petites choses qui ont lieu quand on m'amène là et qu’on me dit que je dois rester là, dans le coin et regarder. Mon personnage et tous les personnages vers la fin du film ont une connexion avec ce voyage.

    Noomi Rapace : Elizabeth est une scientifique, une archéologue mais elle croit en Dieu et elle a une foi très forte. Elle est une rêveuse, une passionnée, elle est celle qui va convaincre les gens à faire ce voyage. Elle a ce rêve en tête aussi loin qu’elle puisse s’en souvenir, elle est convaincue qu'elle va trouver quelque chose. Elle est convaincue que c’est quelque chose qu'elle recherche depuis toujours. Je ne dirais pas au début qu'elle est naïve, mais elle a ses attentes puériles. Je pense qu'elle est convaincue qu'elle va avoir toutes les réponses à tout ce qu'elle a attendu toute sa vie. Petit à petit, elle va se transformer et devenir la plus dure parmi les survivants. Elle a ce besoin de survivre. Il y a une très grande transformation pour elle pendant ce film.

    Q : Vous avez beaucoup de succès en Suède et grâce à Millenium on vous connaît tous. Que ressentez-vous d'être dans un des films les plus attendus de l'année ?

    Rapace : Ce que j'aime dans mon travail d'actrice est de créer des films et de travailler avec cela, il faut toujours commencer à partir de zéro. Peu importe ce que vous avez fait avant. Ce qui est important est ce que vous faites aujourd'hui. Peu importe si Ridley a fait des films extraordinaires pendant si longtemps, que Michael et Charlize aussi, peu importe d'où vous venez que vous êtes une star hollywoodienne ou une inconnue, ce qui importe aujourd'hui est ce que nous faisons tous ensemble. On oublie le monde autour de nous. Tout semble disparaître lorsque vous êtes une telle icône Ridley, on oublie tout cela et on pénètre dans un autre monde tous ensemble, lorsqu’on en ressort, on commence à réaliser que c’était une grande, grande chose. Là, je me dis que j'aurais dû sentir la pression, être plus nerveuse, mais quand vous êtes dedans, vous ignorez tout cela.

    Q : Pouvez-vous nous parler du lien entre Prometheus et Alien ?

    Conférence de presse - Crédits : Twentieth Century Fox 2012

    Scott : La réponse rapide serait que l'ADN de l'alien est appréhendé pendant les huit dernières minutes de ce film. Cela a commencé, car j'ai fait un Alien et il y a eu ensuite trois autres qui ont suivi et j'ai regardé et observé les trois suivants. Je suis en fait très compétitif et est-ce que je les ai aimés ? Oui. Je dis toujours les choses telles qu'elles sont. Le septième membre de l'équipage était assez formatable et le cast que j'avais était merveilleux. Sans ce personnage dans ce costume, le film n'aurait pas eu cette peur que nous avons dans le premier film. C‘est pas uniquement que les auteurs étaient exceptionnels, mais aussi que les acteurs étaient excellents. La peur que ressentaient les acteurs, le public l'a ressenti aussi. Il faut avoir ce genre de bête dans le film. Par chance, j'ai connu HR Giger qui était au sommet de son art à ce moment-là et le studio ne voulait pas le prendre, car c'était un peu obscène et j'ai répondu que l'obscénité, c’est bien. On a opté pour cela. Quand je regardais les trois films qui ont suivi, aucun d'entre eux n'a posé la question fondamentale et cela m'a surpris, car c’était pour moi l'évolution qui devait être traitée de film en film. On devait se demander qui était cet homme dans le siège. Ce grand squelette qui était assis sur ce fauteuil, il fallait se demander d'où il venait. J'avais un wagon de bataille. Pour moi ce vaisseau, il s’est divisé et non écrasé. Personne n'a répondu à cette interrogation et il y a avait là toute une nouvelle histoire que l'on pouvait démarrer. Quand je suis revenu chez Fox il y a trois ans, je leur ai dit que je voulais reprendre un peu cette franchise et en faire autre chose. Ils ont accepté et j'ai commencé à écrire avec John Spailhts et par la suite avec Damon Lindelof et c’est intéressant quand vous écrivez, comme vous le savez c’est très organique. Quand je travaille avec des écrivains, on s'assoit des jours et des jours. On essaye vraiment de répondre à vos problèmes. Il y a un matin, à un moment donné, que l'on va se dire que je n'avais pas pensé à cela. Graduellement, les choses ont évolué et se sont beaucoup éloignées d'Alien et c’est aujourd'hui Prometheus. La connexion est vraiment ce petit fusible. Cela nous a amené à quelque chose de tout à fait différent.

    Q : On vous revoit de nouveau sur nos écrans et comment peut-on passer d'un film aussi différent que Young adult à Prometheus ? Comment se prépare-t-on pour jouer aussi différemment dans des studios aussi différents avec des réalisateurs aussi différents ?

    Theron : Je crois que c’est un peu ce que Noomi a dit. A chaque fois, on recommence et on redémarre de zéro, on n’arrive pas dans un nouveau job en portant avec soi ce que l'on a fait. Pour moi, c'est assez facile, je n’ai jamais travaillé avec deux réalisateurs qui se ressemblent, je n’ai jamais travaille sur deux films dont l'approche était similaire. C’est ce qui rend ce métier intéressant. Je pense que personne n'aime faire un métier, qui est une sorte de régurgitation de ce qu’on a fait avant. Vous n'avez pas vu le film et moi non plus. Peut-être que j’ai fait la même chose ? C'est en fait très différent et Jason Reitman n’est pas vraiment différent de Ridley Scott, mais il s'agit de deux films tellement différents mais je pense qu'il y a une énergie qui nous porte d'un film à l'autre. Pour moi en tant qu'actrice, ce n’est jamais difficile, il y a toujours des corrélations que l’on peut trouver mais les circonstances sont toujours différentes. Je bois aussi beaucoup d'alcool. C’est en effet en étant un peu saoul que l’on s’est dit que Meredith était un peu une alcoolique.

    Q : Vous revenez à la science-fiction trente ans après Blade runner. Comment fait-on pour se remettre dans le bain de la science-fiction ? Comment c’est pour les acteurs de bosser avec Ridley Scott ? D’être choisis par lui ?

    Scott : C’est un job. J'ai vraiment foutu en l'air ma jambe gauche à cause du tennis et j'ai des prothèses. J’aurais tellement voulu être un tennisman. Je me prépare. Si vous ne vous exercez pas, je me compare à un athlète et je suis incapable de courir un 100 mètres, car je bois beaucoup trop, mais je m’identifie à cela. Il faut être prèt et pouvoir rendre la balle le plus loin possible, et c’est ce que je fais, comment je me prépare. Peu importe le genre du film, historique ou science-fiction. Quand on revient au genre de science-fiction après trente ans, cela sont des choses qui appartiennent au passé et que je suis très content d'avoir faites. Quand j'avais fait Blade runner, cela avait été un désastre, mais vingt-cinq ans après, j'en suis très satisfait. Je ne vais pas refaire un Blade runner, mais je vais passer à la phase suivante. J'adore faire le job que je fais, je suis très chanceux de pouvoir le faire.

    Scène du film Prometheus - Crédits : Twentieth Century Fox 2012

    Q : Comment cela a été Michael, de travailler avec Ridley ?

    Fassbender : J’ai rencontré pour la première fois Ridley en 2008. Il m'avait invité à son bureau. Ridley Scott voit tout, il a cette passion pour les films. Je reçois cette offre et je me dis que c’est incroyable et me prépare, comme il l'a si bien dit. Comme cela, lorsque j'arrive sur le plateau, je peux permettre aux choses d'arriver. Je sais en quelque sorte vers quoi je me dirige. J’étais assez nerveux le premier jour et je ne savais pas à quoi m'attendre et puis c’est devenu comme un jeu. Nous sommes tous les deux très sérieux sur le boulot. On avait aucune idée jusqu’à ce que les choses se fassent. On essayait si cela marchait, sinon on laissait tomber. Ce qui est impressionnant à propos de Ridley, c’est qu'il y a 350 personnes sur le plateau et chacun apporte un peu son savoir-faire. Voir toutes ces personnes impliquées, c’est impressionnant quand on en est le témoin et de voir la précision, l’enthousiasme et l’énergie, c’est ce qui fait de lui un grand mettre sur le ring.

    Q : Noomi, vous avez répondu à la question de savoir comment on se sent d’être choisie par Ridley, et vous Charlize, avez-vous ressenti quelque chose de particulier quand vous avez su que vous alliez faire partie de cette aventure avec Ridley Scott ?

    Theron : Oui, je me suis toujours dit de sa génération de réalisateurs. Il n’y a qu’une poignée de réalisateurs avec lesquels on rêve de travailler et pour moi, c'était Sir Ridley.

    Rapace : Je peux rajouter quelque chose, je me souviens quand on avait des scènes un peu différentes, un peu dérangeantes que je n’avais jamais faites auparavant. Une scène fut très dérangeantes pour moi et assez bizarre et nous étions en train de travailler sur cette séquence depuis quelques jours. C’était comme descendre en enfer, c’était très physique et mentalement, cela m’a vraiment bouleversé et je me souviens, un jour, Ridley est venu et il est tellement impliqué dans l'action et dans les personnages. Il disait, une autre prise, allez on y va, elle est prête. On était en train de respirer en même temps, je n’ai jamais senti que je portais la chose toute seule. J’ai vraiment senti que l’on faisait les choses ensemble. Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un qui partage autant les closes.

    Fassbender : On essaye de saisir des moments au cinéma. Quelle est la formule, comment on fait, je ne sais pas. Il y a des petits moments au travers d'un film qui font les films. Peut-être que le tout n’est pas consistant, mais il y a ces moments que beaucoup de réalisateurs ou des acteurs ne voient pas. Sir Ridley est très attentif et il le sent et le voit chez l'acteur. Pour cela, il faut vraiment être en phase. Je regarde tous les départements qui étaient là. Que cela soit les départements des costumes, des maquillages, chacun était là et c’était assez extraordinaire.

    Q : Ma question est de savoir quel a été le défi le plus grand pour chacun d'entre vous et ma seconde question pour Sir Ridley est de savoir s’il s'agit de votre director's cut ?

    Scott : Ce que vous allez voir au cinéma est bien ma version. Si le film a la chance d'avoir une suite, et le fait que vous puissiez acheter un jour un DVD, car ce média permet d'avoir des extras permettant de mieux comprendre comment le film s'est fait. Cela donne aussi la possibilité de montrer qu'il y avait des scènes que nous n'avons pas inclu mais celles que l'on a gardées pour le cinéma, c’est vraiment ce que je pensais être nécessaire. J'ai fait qu'une erreur, quand j'ai arrêté un film un peu trop tôt, mais j'avais enlevé dix-sept minutes d'un film, cela ne l'a pas gâché mais cela l'a un peu changé. Là, avec ce film, vous aurez une très bonne version. Sans le générique de fin qui sera de trois ou quatre minutes, on a un film de 119 minutes. Le tempo est très serré et c’est comme cela que cela devrait l'être. Je voudrais rajouter, avant de terminer, quand je recherche des acteurs, j'ai un don pour le casting. En général, je me suis déjà préparé, je ne sais pas qui je veux, mais ne saborde rien en mon travail de recherche d'acteurs. J'ai un très bon directeur de casting, qui est très bon pour toutes les négociations. Je recherche des acteurs comme ces trois qui sont avec moi ce jour. Il y a trois pensées différentes, trois acteurs qui ont les pieds bien sur terre. La plupart des films sont tous des antithèses vraiment. Je ne sais pas vraiment ce que vous faites pendant trois mois et demi, moi, je me flinguerais, j’aime répéter autour de la table avec les gens avec qui je me sens très à l'aise. Quand je les choisis, je ne parle même pas de leur rôle, je discute avec eux, je voudrais les connaître en tant que personne et quand ils s’ouvrent à moi, là je me dis qu'ils sont assez relaxés et on peut parler de leur rôle. Je les amène à parler d'eux-mêmes et je vois comment ils pensent. De choisir des gens comme eux, je sais qu'ils vont préparer leur rôle chez eux et ils vont également m'apporter leurs idées. Mon job est de ne pas être là avant et pendant que je filme et je veux être surpris par rapport à ce qu'ils font. J’essaye de saisir les moments qui n'ont même pas été discutés, c’est cela le cinéma.

    Q : Est-ce que le mythe de Prométhée était là depuis le début de l'écriture ? Peut-on s’attendre à une fin un peu particulière ? Est-ce que l'on peut imaginer que vous, Michael vous vous êtes inspirés d'autres rôles que vous avez joué ?

    Fassbender : Pour être honnête, je n'ai regardé aucun des films Alien avant de jouer mon rôle. Je les avais certes vus auparavant, mais pour une raison que je ne sais pas, j'ai décidé de ne pas les revoir avant d'aller sur le plateau. J’ai revu Blade runner, il y avait quelque chose au niveau des réplicants que je trouvais intéressant. Pour l'inspiration de mon personnage, on a discute avec Sir Ridley et il m'a dit qu'il aimerait que je revois Lawrence d'Arabie avec Peter O’Toole et The Servant avec Dirk Bogarde et j'ai revu le film avec David Bowie, L’Homme qui venait d’ailleurs, et quand vous lisez le scénario, il y a des images qui vous viennent à l'esprit et c’est comme cela que j'ai essayé d'approcher mon rôle pour raconter quelque chose de différent. Je ne voulais pas être influencé par ce que les autres acteurs avaient fait dans les autres Alien.

    Q : Le mythe de Prométhée était-il là depuis le début et peut on s'attendre avec un lien avec le livre « Frankenstein » de Mary Shelley ?

    Scott : Non.