Pieces of April

Pieces of April
Titre original:Pieces of April
Réalisateur:Peter Hedges
Sortie:Cinéma
Durée:80 minutes
Date:20 avril 2005
Note:
April n'est plus en bons termes avec sa mère. Elle a néanmoins fait preuve de bonne volonté cette année en se proposant d'accueillir la famille pour le dîner de Thanksgiving. Dans l'appartement new-yorkais qu'elle partage avec son petit ami, Bobby, la voilà donc qui se met aux fourneaux pour préparer la traditionnelle dinde. Mais le four est cassé, et il lui faut frapper à la porte de tout l'immeuble et rencontrer une foule de voisins sacrément déjantés, pour trouver un endroit où faire cuire sa volaille. Pendant ce temps, le reste de la famille fait le trajet en voiture. Il y a le père, Jim, qui espère passer une bonne journée ; la mère, Joy, qui se plaint déjà ; la soeur, Beth, parfaitement horripilante ; le frère, Timmy, un vrai casse-pieds ; et la grand-mère, Dottie, qui a bien du mal à se rappeler des prénoms de chacun...
(Source Allociné)

Critique de Tootpadu

Les réunions de famille pour Thanksgiving sont autant une tradition américaine qu'une source de films de genre inépuisable, mais pas très originale. Nous gardons en effet encore un souvenir mitigé du Week-end en famille de Jodie Foster qui se servait de la fête comme tremplin pour faire se téléscoper toutes sortes d'hystéries clichetonneuses. Le premier film du scénariste Peter Hedges court également le risque d'emprunter ce chemin, mais son absence remarquable de pathos lui permet d'être plus près de la réalité que la forme contrainte de la vidéo numérique ne le laissait espérer.
Bien que le film n'arrive pas toujours à se défaire d'une impression laborieuse, tant dans la mise en scène trop molle que dans l'écriture trop dépendante du défilé de voisins et du cadre restreint de la famille en voiture, la gêne qui ressort de ses maladresses le rapproche de la vie avec ses passages à vide et ses répétitions qui ne semblent plus avoir de secret. Il est d'ailleurs étonnant de voir à quel point l'émotion jaillit de cette suite de banalités et de situations convenues. L'imperfection y retrouve ses lettres de noblesse et le dénouement est justement aussi renversant parce qu'il constitue un point d'orgue extrêmement anodin après toute la mise en place préalable. Ce n'est même pas tellement que le chemin compte plus que l'arrivée. Plutôt, que les imprévus de la vie et les petites surprises de la fiction font bon ménage ensemble, lorsqu'ils sont traités avec autant de modestie.
Dire que les personnages les mieux réussis sont ceux qui sont les mieux écrits, c'est rendre hommage à un scénario juste, malgré une structure un peu fatiguée, sans minimiser l'apport des comédiens. Alors que Katie Holmes dans le rôle titre ne fait essentiellement que subir les contretemps d'une préparation perfectible, c'est Derek Luke dans le rôle du copain enthousiaste qui vivifie cette partie-là. De même, le couple de voisins qui aide April en premier est bien plus touchant dans son humanité cachée sous une première couche de racisme que les stéréotypes qu'elle devra affronter par la suite. Enfin, dans la voiture, c'est évidemment Patricia Clarkson qui impressionne le plus, à travers un tour de force plein de sautes d'humeur, mais toujours très juste dans l'interprétation de cette femme meurtrie, mais pas encore prête à abdiquer.
Touchant et sans prétention, ce film a certainement mis du temps à sortir en France, et même si une distribution plus large aurait été préférable, nous nous jugeons heureux d'avoir enfin pu le découvrir.

Vu le 25 avril 2005, au Lincoln, Salle 1, en VO

Note de Tootpadu: