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Mean Creek

  • Mean Creek
    Le jeune Sam se fait tabasser à l'école par George, un gros garçon agressif qui a été recalé plusieurs fois à cause de ses difficultés d'apprendre. Le frère aîné de Sam, Rocky, propose alors à sa bande de le venger. Mais le seul châtiment que Sam accepte est une farce inoffensive qui implique une balade en bateau. La bande de jeunes organise alors l'excursion à laquelle Sam invite également Millie, une jeune fille qu'il aime bien. Une fois sur l'eau, le ton commence à dégénérer et ce qui était planifiée comme une plaisanterie finit en drame.

Critique de tootpadu

  • Encore un film qui s'intéresse plutôt de loin à l'adolescence américaine de nos jours, et encore une nouvelle pousse de la famille Culkin qui ressemble à s'y méprendre à son frère Kieran. Même si le corps de personnages du film est presque exclusivement constitué d'ados, le portrait qu'il dresse de ces derniers est bien plus universel et moins spécifiquement ancré dans notre époque que celui d'autres films récents similaires. A l'opposé d'un Ken Park, par exemple, qui exploite savamment l'évolution du rapport des jeunes à la sexualité et la dégradation des liens sociaux, le petit monde dépeint ici apparaît presque comme sage et pourrait, à un ou deux détails près (les deux pères, la caméra numérique), exister dans une décennie ultérieure. Cela n'implique pas que son discours manque de pertinence, seulement que cette nostalgie possible d'un temps plus innocent et moins influencé par la machine, laisse de côté une tranche du potentiel social qui rend les autres films du genre plus intéressant. D'ailleurs, cette impression d'un passé plus simple trouve évidemment un écho dans le récit de la perte de l'innocence des personnages.
    Pertinent, prenant et sérieux, ce drame soulève de façon adéquate des enjeux de société importants. Toutefois, il manque un petit brin de folie ou d'excès, il manque ce plan imprévisible et purement beau, il manque un revirement inattendu ou des réactions passionnées au lieu d'être raisonnables. Joliment édifiant, le film ne quitte en effet jamais la rive et ne perd par conséquent jamais pied, ce qui est davantage un désagrément que rassurant. Il en résulte un bon film, sans reproche justifiable, mais qui traite un sujet universel brûlant avec trop de tiédeur.

    Vu le 11 octobre 2004, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 4, en VO

  • 2.5