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3 petites filles

  • 3 petites filles
    Pauline, Lilia et Lucie sont trois copines adolescentes de lycée comme les autres, jusqu'au jour où Lilia, d'origine kabyle, est promise en mariage à un vieil homme en Algérie. Pour l'aider, Pauline propose alors d'aller voir Johnny Depp, son idole et une personne engagée et médiatisée, qui, en plus, vient de s'installer en Corse. Les trois filles fuguent alors de chez elles, mais une fois arrivées sur l'île de beauté, tout ce qu'elles trouvent c'est le couple bizarre de Paolo, un vieux chauve, et Laetizia, une belle nymphomane.

Critique de tootpadu

  • Ne vous inquiétez pas, la rencontre improbable entre Gérard Jugnot, la star du cinéma français de cette année grâce aux 8 millions d'entrées des Choristes, et Adriana Karembeu, la femme devant laquelle bon nombre d'hommes salivent, tellement ses formes et son visages ressemblent à une poupée sexuée parfaite, et qui fait ici ses débuts au cinéma, n'est qu'une partie annexe de cette histoire centrée sur la fugue des trois adolescentes. Dans ce point réside probablement aussi la plus grande ambiguïté commerciale du film, qui affiche les deux vedettes de façon ostentatoire, bien qu'elles ne commencent à jouer un rôle relativement important qu'après un certain temps. D'où en toute évidence l'échec au box-office d'un film qui vise un public ado, une ambition de laquelle les deux têtes d'affiches détournent maladroitement l'attention.
    Car en tant que témoignage sur le passage difficile entre l'âge d'enfant et les débuts d'une vie adulte, ces trois petites gamines ne sont en fin de compte pas si mauvaises que cela. Le scénario nous oblige certes de passer par toutes les situations types déjà vues mille fois (la famille maghrébine intégriste, les problèmes d'anorexie et d'appareil dentaire, le malêtre des enfants de familles recomposées, les coups de foudre et l'idolâtrie de midinettes, les tentatives de viol, ...), mais la façon de la mise en scène de faire percer le drame de temps en temps dans cette aventure autrement plus féerique nous force, en mêmes temps que les copines, de garder nos pieds sur terre. Simultanément, ce sérieux assez lucide attire le film dans une autre direction problématique, à savoir la prétention. En effet, si le côté décomplexé en matière de sexualité peut nous séduire, le renvoi régulier à un ton presque solennel plombe désagréablement le récit.
    En somme, il y a du bon et du mauvais dans ce film, qui manque en conséquence d'une ligne et d'une structure claire. De la même façon qu' on ne peut que supposer les motivations de Paolo/Laetizia, les intentions du réalisateur restent floues et elles débouchent sur une oeuvre et débridée et prétentieuse.

    Vu le 6 septembre 2004, au Gaumont Disney Village, Salle 15

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