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Dono (Il)

  • Dono (Il)
    Un vieil homme enterre son chien. Une jeune fille fait des courses pour les habitants du village sur son vélo et se fait régulièrement abuser par des vieux qui lui proposent de la prendre en voiture. Le vieil homme trouve une photo érotique qu'un des jeunes qui viennent l'aider de temps en temps a oublié. Interpelé dans sa torpeur, il décide d'aider la jeune femme pour qu'elle n'ait plus à subir les frasques des vieux du village.

Critique de tootpadu

  • Encore un film dont la bande-annonce manque de transmettre la beauté et l'aspect particulier, ce drame provincial est en effet de ces oeuvres qui rompent avec les règles du cinéma classique pour s'engouffrer corps et âme dans la contemplation. Il ne se passe effectivement pas grand-chose pendant la bonne heure du film, alors même que l'action est suggérée et découle très organiquement des observations pertinentes et simples du cinéaste. Simplicité et dépouillement, voici les mots d'ordre de cette entreprise rafraîchissante dans son pied de nez aux conventions. Logiquement, le spectateur est alors davantage sollicité pour se retrouver dans cet espace cinématographique inhabituel. Il sera pour lui impossible de percer le mystère de cette histoire atypique, à moins de s'investir entièrement dans ces images apparemment vides ou bêtement pittoresques, de leur donner un sens sans que le réalisateur lui prête des béquilles.
    Car la caractéristique principale du film est de se passer pratiquement des paroles, au point de ne pas faire l'effort de sous-titrer les très rares échanges. Ce dispositif qui s'appuie exclusivement sur l'image et la bande son ne nous est bien entendu pas étranger, mais son usage est davantage répandu dans le genre comique. L'immense Tati en était le maître incontesté et, plus récemment, Hic donnait un autre exemple toujours aussi divertissant, mais déjà avec un ton plus sérieux. Ici, le ton dominant est au mieux la mélancolie, avec ce vieil homme qui s'approche de la mort et ce paysage jonché de carcasses de voitures et de bateaux. Mais de temps en temps, l'ironie se fraie un petit chemin, comme lors de l'épisode du portable ou du plan des vieux qui regardent la jeune femme passer sur son nouveau moyen de locomotion.
    Contemplatif et difficile d'accès, ce film italien à l'aspect cru qui rappelle le Bruno Dumont de L'Humanité n'en est pas moins une digression très belle et intriguante, dont la vision est loin d'être facile mais infiniment plus enrichissante et apaisante que celle des films tout formatés et prévisibles.

    Vu le 5 octobre 2004, à l'Espace Saint Michel, Salle 1, en VO

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