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Clefs de la maison (Les)

  • Clefs de la maison (Les)
    Paolo, un garçon handicapé mental de quinze ans, rencontre son père Gianni pour la première fois lorsque celui-ci l'accompagne à Berlin, afin d'y être soigné dans un hôpital spécialisé. Gianni ne sait d'abord pas trop comment se comporter avec son fils qu'il avait fui jusqu'à présent. Mais petit à petit, et grâce aux conseils précieux de Nicole, une Française dans une situation comparable, il se sent de plus en plus proche de Paolo.

Critique de tootpadu

  • Le traitement de l'handicap est toujours délicat au cinéma, puisqu'il est très facile de tomber dans la complaisance ou le pathos. Trop souvent, les malades ne sont employés que comme bête de foire, ou bien leur destin tragique devient la source de contes inspirateurs. Ainsi, il n'y a pas beaucoup d'oeuvres qu'on aurait vus - en attendant toujours de rattraper un jour My Left Foot - qui rendraient justice à la condition de handicapé, qui sonneraient vrai sans en faire tout un cirque. Elephant Man de David Lynch figure à notre avis un peu à part dans le genre, puisqu'il se préoccupe davantage de l'exclusion et de la diabolisation que de l'état pathologique de son protagoniste.
    Ce drame italien n'apporte finalement pas grand-chose au sujet, mais touche parfois par sa sincérité et sa simplicité. Gianni Amelio délivre alors une fois de plus une histoire humaine pourvue de tous les passages obligés, tout en laissant à ses acteurs le soin de faire vivre sa réalisation un peu terne. Du jeux très correct du père et du fils se démarque celui de Charlotte Rampling, une fois de plus bouleversante en mère exténuée par vingt ans de soins de sa fille malade. Ce n'est que quand cette actrice presque toujours parfaite apparaît à l'écran que le film prend réellement vie, que le lent rapprochement entre Gianni et Paolo est mis en perspective. Sans la participation de la Rampling, beaucoup de profondeur et d'humanité aurait échappé au film.
    Enfin, le fait d'avoir placé l'histoire à Berlin ne génère pas toujours l'effet escompté et se limite la plupart du temps à un simple phénomène d'incompréhension. De même, l'épilogue encore plus dans le nord ne rate que de peu une poésie de l'isolation qui aurait donné à ce film solide une dimension infiniment plus intéressante.

    Vu le 28 septembre 2004, au Gaumont Grand Ecran Italie, Salle 2, en VO

  • 2.5