Logo
Accueil > Reviews > Ordo

Ordo

  • Ordo
    Toute la vie d'Ordo Tupikos repose sur la marine, dans laquelle il s'engage quand sa vie de civil déraille. Après deux mariages éclair, il a choisi de devenir soldat de carrière, tout en voyant une femme avec trois enfants pendant ses permissions. Quelle est alors sa surprise lorsqu'il se rend compte, à travers un article dans un magazine, que sa première épouse, mineure à l'époque, n'est personne d'autre que l'actrice célèbre Louise Sandoli. Il va aussitôt à sa rencontre, mais alors que l'accueil est chaleureux, Ordo devra bientôt se rendre compte que la vedette du présent est très différente de la gamine d'il y a seize ans.

Critique de tootpadu

  • Avec son quatrième long-métrage, la cinéaste Laurence Ferreira Barbosa confirme notre opinion acquise à la vision de ses oeuvres précédentes. Assez douée dans le domaine de l'écriture, elle manque en effet d'une main forte à la réalisation, laissant ses films s'écouler dans une lenteur sans but qui noie en quelque sorte les quelques observations pertinentes du scénario. Alors que le décor de son premier film était encore dépeint avec justesse (Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel), et que surtout le personnage de Jeanne Balibar rendait J'ai horreur de l'amour intéressant, La Vie moderne commençait à souffrir déjà d'un éparpillement et d'une mise en scène molle.
    Cette deuxième adaptation d'un roman de Donald E. Westlake en quelques semaines, après Je suis un assassin, présente à peu près les mêmes défauts, avec un manque cruel d'enjeux en sus. Installée dans le même décor ensoleillé du sud de la France que le film de Thomas Vincent, l'histoire ne paraît en effet jamais trouver un moteur stimulateur, ou des actes qui feraient avancer l'intrigue. Certes, nous avons compris que le but du voyage d'Ordo est de venir à bout du mystère de la transformation de sa première épouse. Toutefois, soit la mise en scène est loin d'y conférer un quelconque mystère psychologique, soit la banalité de la quête est intentionnelle et enterre alors le caractère anodin de toute l'entreprise. Puisque l'élément le plus étrange du film est la domestique vietnamienne, peut-être la superficialité du personnage féminin et de son entourage est-elle le propos principal de l'oeuvre ? Car la description du milieu du cinéma que nous présente la réalisatrice n'est guère luisante, mais plutôt empreinte de vanité. Comme elle le fait envers son personnage principal, serait-elle en train de nous démontrer que cet univers n'est pas fait pour nous ? En tout cas, son éventuel message se perd trop souvent dans des scènes sans grand intérêt.
    Néanmoins, la médiocrité est parfois percée par des moments d'une vérité bien plus directe, comme les remarques d'Ordo sous l'emprise de l'alcool ou le dîner en famille. Et certains trouveront sans aucun doute aussi leur plaisir en voyant Marie-Josée Croze se dégourdir en tenue d'Eve dans la piscine. Pour notre part, nous avons trouvé l'interprétation de Roschdy Zem, toujours en dessous de son talent, en parfaite harmonie avec son personnage, c'est-à-dire molle et désintéressée. Il est tout de même dommage qu'un des rares acteurs français confirmés, d'origine maghrébine, ne trouve pas de rôle à sa mesure, sans parler du sort commercial très modeste que rencontrent ses films plus ambitieux.

    Vu le 27 septembre 2004, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 11

  • 2.5