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Debout - Une histoire de Chenmo et Meiting

  • Debout - Une histoire de Chenmo et Meiting
    Meiting, la fille d'intellectuels déporté en province, est retournée à Beijing pour y gagner sa vie en tant que coiffeuse. Chenmo est parti de sa campagne natale pour gagner de l'argent pour l'opération de son frère, atteint d'une maladie des yeux. De petit boulot en petit boulot, il mène une vie précaire. Les deux se rencontrent par hasard et emménagent plus par contrainte que par désir. Mais doucement, un lien se tisse entre ces deux êtres pauvres de la Chine populaire.

Critique de tootpadu

  • Ces dernières années, une nouvelle culture du cinéma chinois est arrivée en France. Alors que les grandes épopées continuent d'émerveiller de temps en temps nos écrans (le splendide Héro est le dernier en date), et que d'autres films de genre témoignent de la diversité de la production, ce sont avant tout les petits films indépendants, préoccupés de l'existence des gens pauvres, qui deviennent de plus en plus emblématiques du cinéma chinois contemporain. Certes, il y en a qui n'évitent pas toujours le misérabilisme et d'autres dont la forme artisanale n'est pas à même de rendre justice à leurs sujets proches de la réalité. Néanmoins, ces films donnent un aperçu probablement plus authentique de ce pays immense que les reportages audiovisuels censurés ou formatés pour un public occidental.
    Ce film-ci comporte l'immense avantage de savoir cerner avec pertinence la vie dans la grande ville. Le sens urbain y est évoqué avec tellement de subtilité que l'on ressent en quelque sorte la désolation et l'isolation des rues de Beijing lorsqu'on sort de la salle pour faire quelques pas dans celles de Paris. Accentuée par le fond hivernal du récit, la tristesse qui émane du film n'a alors rien d'artificiel, ni de condescendant, juste une vague appréhension du froid vers lequel on se dirige ces premiers jours de l'automne. Que l'histoire que nous conte le film est au fond assez simple et sans surprise n'a alors plus autant d'importance, puisqu'elle s'inscrit parfaitement dans son cadre citadin tout à fait crédible.
    Si l'on exclut quelques cadrages bizarres, avec des têtes régulièrement coupées, le style visuel ne se refuse pas une certaine poésie, sans fioriture. Des jeux de lumière avec le soleil, la vue sur l'étendue des bâtiments de la ville, ces quelques instants magiques nous rappellent adroitement que, d'un, il ne faut pas une tonne d'effets spéciaux pour enchanter, et, de deux, que dans toute leur existence démunie, les personnages savent encore reconnaître la beauté gratuite.

    Vu le 23 septembre 2004, à l'Espace Saint Michel, Salle 1, en VO

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