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Love Object

  • Love Object
    Kenneth est l'employé modèle d'une société spécialisée dans la rédaction de manuels d'utilisation. Solitaire et timide, il mène une vie ordinaire, jusqu'à l'arrivée de Lisa, une intérimaire qui doit l'assister dans un travail ambitieux. Attiré par la jeune femme, Kenneth n'ose pourtant pas l'approcher et il se rabat alors sur une poupée à taille humaine qu'il essaye de faire ressembler à Lisa. Progressivement, le jouet prend de l'emprise sur son possesseur ...

Critique de tootpadu

  • Monique, May et maintenant ce nouvel objet d'affection, les poupées gonflables et autres effigies faites maison prennent carrément l'ampleur d'un phénomène cinématographique. Voici donc la contrepartie masculine de May dans laquelle on peut trouver un certain nombre de rapprochements, mais qui se démarque suffisamment pour exister par elle-même. Tout comme les protagonistes des deux oeuvres sont des solitaires mal intégrés et que leur démarche dégringole rapidement vers le macabre et le malsain, leur poupée exerce sur eux une influence maléfique qui les isole encore plus psychologiquement. Assujetis à la volonté de leur seule amie, ils s'adonnent à des pratiques sexuelles extraordinaires, voire à des actes barbares et insensés. Toute leur vie ne tournera en fin de compte que sur la satisfaction de leur dominatrice, une chimère qui en dit long sur le malaise social qu'elle catalyse.
    Alors que l'histoire des deux films fantastiques est semblable - sans qu'il y en ait un qui soit sensiblement supérieur - le style de celui-ci est un hommage peu caché aux classiques de l'horreur des années 1980s et même avant. Par son image très sombre, ses plans majoritairement rapprochés et son côté volontairement 'bon marché', le style du film fait expressément vieillot, loin de l'esthétique filmique de ces dernières années. Puisque l'effet qui en découle n'est que plus oppressant et que cette cassure visuelle se dénote agréablement du cadre dominant de nos jours, ce parti pris ne peut que rencontrer notre adhésion. En tout cas, il ne détourne à aucun moment et de façon inutile notre attention de l'histoire.
    Côté interprétation, rien de particulier à signaler, ne serait-ce qu'un rôle enfin légèrement plus important que les apparitions éclairs habituelles d'Udo Kier et un personnage principal joué de façon convaincante par Desmond Harrington. De toute façon, dans ce genre de film, on ne recherche pas des grands acteurs, mais des grands frissons, et de ce point de vue, cette histoire d'une horreur ordinaire est sans reproche - et par conséquent à réserver à un public adulte.

    Vu le 21 septembre 2004, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 4, en VO

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