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Eros thérapie

  • Eros thérapie
    L'avocat Adam est séparé de sa femme Agnès depuis six mois, une rupture d'autant plus douloureuse qu'Agnès assume une relation avec la critique de cinéma Catherine Hoffmann. Pour se rapprocher, Adam prétexte une amnésie et les deux femmes tolèrent, pas sans réticence, qu'il s'installe dans le garage. Au bord du suicide, le mari délaissé rencontre un soir Bruno, un jeune qui gagne sa vie en tant que majordome dans un soi-disant centre de soins psychologique, basé sur des pratiques de domination et d'assouvissement des fantasmes. Exécré par le sort de son nouvel ami, Bruno décide de l'aider en séduisant Catherine ou, au pire, en la dominant.

Critique de tootpadu

  • Imaginé comme une comédie sur toutes les pulsions de la libido, ce nouveau film de Danièle Dubroux ne réussit malheureusement ni à être particulièrement amusant, ni à donner un aperçu novateur des moeurs françaises de notre temps. A l'opposé d'une autre comédie érotique plus en théorie qu'en pratique, Tout le plaisir est pour moi, celle-ci tourne presque maladroitement autour de son sujet, laissant les orientations de ses personnages volontairement dans le flou, et accablant les rapports de domination des pires clichés. Mais si encore cet institut de l'abaissement psychologique avait un rôle important à jouer, au lieu d'apparaître comme simple gadget salace, la tenue sociale et revendicatrice de l'oeuvre pourrait être justifiée. Au lieu de relations décomplexées qui feraient preuve d'une réelle liberté d'esprit, on se retrouve alors avec une morale presque rance, présentée certes de façon astucieuse, mais qui paraît bien trop contrainte pour enthousiasmer.
    De plus, la structure du film est pour le moins problématique avec deux parties distinctes qui choisissent justement le personnage le plus névrosé comme moteur de l'action. Adam et Catherine forment en effet le côté plutôt terne d'un carré dont la partie opposée cacherait peut-être des péripéties et des traits de caractère plus croustillants. En quelque sorte, cette constellation nous rappelle la faiblesse des Sentiments, sans que le "couple" Frot/Poupaud ici soit aussi prometteur que celui formé par Baye/Poupaud - encore - dans le film de Noémie Lvovsky. Car l'épouse lesbienne et le valet des soumissions ne font qu'indiquer très discrètement leur potentiel, muselés qu'ils sont par des problèmes plus ennuyeux de leurs conjoints.
    Dans le déroulement sans grande surprise des ébats conjugaux d'Adam et Catherine, d'ailleurs peuplés de personnages secondaires presque interchangeables, il y a tout de même quelques rayons de lumière, telle la rencontre entre Bruno et la jeune femme chez les parents de celle-ci ou encore le drôle d'entretien avec David Cronenberg. Toutefois, ces rares scènes plutôt réussies, ainsi que la totalité du film, souffrent d'un ton pesant et d'une mise en scène au bord de l'anémie.
    Il n'y a donc pas de doute à avoir : pour voir une bonne comédie de moeurs, solidement ancrée dans l'esprit de son temps, préférez le film d'Isabelle Broué, qui a malheureusement aussi peu trouvé son public que celui-ci.

    Vu le 16 septembre 2004, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 7

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