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Hellboy

  • Hellboy
    Né dans les flammes de l'enfer, le démon Hellboy est transporté sur Terre lors d'une sombre cérémonie célébrée par les nazis, désireux d'utiliser les forces infernales à des fins de conquête. Sauvé par le docteur Broom, Hellboy est alors élevé pour combattre les forces du Mal. Armé, possédant un bras droit en pierre, il fait équipe avec le télépathe Abe Sapien et Liz Sherman, capable de contrôler le feu... (Source Allociné)

Critique de tootpadu

  • Arrivé en retard en France au cours d'un été déjà riche - en nombre - de monstres anciens (Van Helsing) et adaptations de BD (Spiderman 2 et maintenant Catwoman), ce succès du box-office américain de l'hiver passé s'apprête à s'imposer comme notre blockbuster préféré de la saison. Car, à la grande différence des aventures du chasseur de vampires du mois de mai, l'enchantement qui s'opère dès les premières minutes reste intact ici jusqu'à la finale moins réussie mais toujours satisfaisante. Mélangeant très habilement différents styles, Guillermo Del Toro crée en effet la base parfaite pour accueillir à la fois des effets spéciaux très efficaces, une certaine apparence rétro issue de l'origine de l'histoire dans les années 1940 et, enfin, quelques moments d'une simplicité et d'une modernité rafraîchissantes. Visuellement impressionnant, mais sans excès, le film rassemble également deux histoires séparées (le retour du magicien et la relation entre Hellboy et Liz), qui, si leur interactions ne sont pas sidérantes, ne donnent pourtant pas l'impression d'être sans lien ou de niveaux disparates. En fait, la structure et le rythme du récit sont particulièrement bien maîtrisés pour faire en sorte que, d'abord, la tension ne retombe que vers la fin, et ensuite, que tout le spectacle reste constamment divertissant et plastiquement recherché.
    Très loin de l'esthétique publicitaire dominante dans ce genre de film et dont Michael Bay avec son montage épileptique est l'ambassadeur principal, le style visuel de Del Toro est bien plus travaillé et inspiré et du passé et du présent. Il en résulte une palette de plans et de couleurs très riche et variée, jamais à la recherche d'un effet gratuit (mise à part peut-être la fin), mais toujours au service de l'histoire, soit en l'enrichissant, soit en rendant hommage aux images d'antant (tout ce qui a trait au personnage du professeur), soit en dépouillant au contraire le cadre afin de revenir à l'essentiel (la ballade en taxi). Un tel talent nous avait pas frappé à l'époque de L'Echine du diable, probablement parce que le cadre visuel n'épousait pas encore alors à ce point les besoins de l'histoire. En tout cas, Del Toro s'impose avec son troisième film américain à gros budget comme un des réalisateurs les plus cultivés et les plus conscients de leurs moyens !
    Malheureusement, le dénouement n'est pas tout à fait à la hauteur de nos espérances, ce qui nous oblige de ranger ce film néanmoins très satisfaisant du côté d'Equilibrium ou, dans une moindre mesure, Le Règne du feu, de très bons divertissements qui n'avaient cependant pas réussi à combler toutes les aspirations et tous les espoirs qu'ils avaient titillés au début.

    Vu le 12 septembre 2004, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 4, en VO

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