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Coda

  • Coda
    Ruby, 17 ans, est la seule enfant entendante d'une famille de sourds. Elle va se trouver déchirée entre la poursuite de son amour de la musique et la dépendance de sa famille à son égard en tant qu'interprète et lien avec le monde des entendants. Remake américain du film la famille Bélier de Eric Lartigau.

Critique de Mulder

  • Le premier film que nous avons pu découvrir lors de notre première couverture internationale du festival de Sundance reste à mes yeux le plus réussi et surtout le plus personnel sur la vingtaine de films que notre média a pu découvrir dans le cadre de ce festival. Loin d’être un simple remake américain de l’un de nos films français préféré La famille Bélier d’Eric Lartigau avec Louane Emera, Coda réadapte et s’approprie ce film et nous livre un film universel sur une famille de sourds et les nombreuses difficultés que celle-ci rencontre. En déplaçant l’action de Lassay-les-Châteaux (Mayenne) à Gloucester (Massachusetts) et en changeant du milieu d’agriculteurs à celui de prêcheurs, la réalisatrice et scénariste Sian Heder se réapproprie et réadapte La famille Bélier mais surtout réussit à gommer les quelques défauts du film français pour livrer tout simplement l’un des plus beaux films découverts récemment.

    Le titre Coda (Child of Deaf Adults) se rapporte aux enfants nés de parents sourds comme c’est le cas ici de Ruby (Emilia Jones). Jeune étudiante, elle partage sa vie entre son école et sa passion dévorante pour la musique et aider son frère et ses parents tous les trois sourds. À 17 ans, elle travaille le matin avant l'école pour aider ses parents (Marlee Matlin et Troy Kotsur) et son frère (Daniel Durant) à maintenir leur entreprise de pêche de Gloucester à flot. Mais en rejoignant le club de chorale de son lycée, Ruby se trouve attirée à la fois par son partenaire de duo (Ferdia Walsh-Peelo) et par sa passion latente pour le chant. Son maitre de musique (Eugenio Derbez), enthousiaste et dur à cuire, entend quelque chose de spécial et encourage Ruby à envisager une école de musique et un avenir au-delà de la pêche, la laissant déchirée entre ses obligations envers sa famille et la poursuite de son rêve. Les nombreux points communs au niveau de la construction de Coda avec la famille Bélier ne gâche en rien notre plaisir pris à suivre ce film. Au contraire, la réalisatrice Siam Heder en choisissant des comédiens réellement sourds pour interpréter le rôle des parents et pour incarner le frère de Ruby renforce totalement la crédibilité du film et montre toute la beauté du langage des signes mais aussi toute sa force pour s’exprimer sans commune mesure.

    Alors que la plupart des remakes américains se contentent de reproduire les films dont ils s’inspirent en y ajoutant un casting prestigieux mais sans réellement vouloir prendre du recul, Coda trouve le parfait chemin pour proposer un film d’une émotion rare et surtout confirme le potentiel sans limite de la jeune comédienne Emilia Jones dont la réussite de ce film lui revient en partie (High-Rise (2015), Ghostland (2018), séries Utopia et Locke & Key). De la même manière les autres comédiens notamment Eugenio Derbez, Marlee Matlin, Troy Kotsur, Daniel Durant sont tout aussi parfaits dans leur rôle et donnent à Coda toute sa force et fragilité.

    Les nombreux numéros chantés du film sont parfaitement amenés et nous touchent profondément car à travers le personnage de Ruby on entrevoit la dualité d’une adolescente prise entre sa passion pour la musique et ses parents, son école et son aide importante à ses parents. De la même manière, ce film n’a rien d’un conte de fées hollywoodien comme le montre les difficultés financières que traversent les parents de Rudy et le fait que faire de longues études puissent apparaitre pour elle impossible. La scène de l’audition à la fin du film est surement l’une des plus fortes et émouvantes vues depuis longtemps tant elle donne au personnage de Ruby un moyen de mélanger ses deux manières de communiquer (langage des signes, oralement).

    Coda s’impose ainsi comme une des meilleures adaptations américaines de ces dernières années. Un film que nous n’avons pas vu venir mais qui reste longtemps en mémoire. Siân Heder signe ici un second film qui devrait lui ouvrir les portes des grands studios hollywoodiens et surtout un film que nous reverrons avec le même plaisir lors de sa diffusion sur Apple TV+.

    Coda
    Écrit et réalisé par Siân Heder
    Produit par Philippe Rousselet, Fabrice Gianfermi, Patrick Wachsberger
    Producteurs exécutifs : Ardavan Safaee, Sarah Borch-Jacobsen
    Conceptrice de la production : Diane Lederman
    Avec Emilia Jones, Eugenio Derbez, Troy Kotsur, Ferdia Walsh-Peelo, Daniel Durant et Marlee Matlin
    Musique de Nick Baxter
    Producteur exécutif de musique : Marius de Vries
    Créatrice de costumes : Brenda Abbandandolo
    Directeur de la photographie : Paula Huidobro
    Montage : Geraud Brisson
    Distribué par Vendôme Pictures et Pathé Films
    Date de sortie (USA) : 28 janvier 2021 (Sundance)
    Durée : 111 minutes

    Vu le 29 janvier 2021 (Festival Sundance)

  • 5

Critique de Fox

  • The first film that we were able to discover during our first international coverage of the Sundance festival remains in my opinion the most successful and most personal of the twenty or so films that our media was able to discover during this festival. Far from being a simple American remake of one of our favorite French films La famille Bélier by Eric Lartigau with Louane Emera, Coda rehabilitates and appropriates this film and gives us a universal film about a family of deaf people and the many difficulties they face. By moving the action from Lassay-les-Châteaux (Mayenne) to Gloucester (Massachusetts) and by changing from a farming environment to one of preachers, director and screenwriter Sian Heder reappropriates and readapts La famille Bélier but above all succeeds in erasing the few flaws of the French film to deliver quite simply one of the most beautiful films discovered recently.

    The title Coda (Child of Deaf Adults) refers to children born of deaf parents as is the case here of Ruby (Emilia Jones). As a young student, she divides her life between her school and her devouring passion for music and helping her brother and her parents, all three of whom are deaf. At the age of 17, she works the morning before school to help her parents (Marlee Matlin and Troy Kotsur) and her brother (Daniel Durant) keep their Gloucester fishing business afloat. But when she joined her high school choir club, Ruby found herself drawn to both her duet partner (Ferdia Walsh-Peelo) and her latent passion for singing. Her enthusiastic and tough-as-nails music teacher (Eugenio Derbez) hears something special and encourages Ruby to consider music school and a future beyond fishing, leaving her torn between her obligations to her family and the pursuit of her dream. The many similarities in Coda's construction with the Aries family in no way spoils our enjoyment of this film. On the contrary, the director Siam Heder by choosing really deaf actors to play the role of the parents and to play Ruby's brother totally reinforces the credibility of the film and shows all the beauty of sign language but also all its strength to express itself without common measure.

    While most American remakes simply reproduce the films they are inspired by, adding a prestigious cast but without really wanting to take a step back, Coda finds the perfect way to offer a film of rare emotion and above all confirms the limitless potential of the young actress Emilia Jones whose success in this film is partly due to her (High-Rise (2015), Ghostland (2018), the series Utopia and Locke & Key). In the same way the other actors, notably Eugenio Derbez, Marlee Matlin, Troy Kotsur, Daniel Durant are just as perfect in their roles and give Coda all his strength and fragility.

    The numerous sung numbers of the film are perfectly brought and touch us deeply because through the character of Ruby we glimpse the duality of a teenager caught between her passion for music and her parents, her school and her important help to her parents. In the same way, this film has nothing of a Hollywood fairy tale, as shown by the financial difficulties that Rudy's parents are going through and the fact that going to school for a long time may seem impossible for her. The audition scene at the end of the film is probably one of the strongest and most moving scenes seen in a long time as it gives Ruby's character a way to mix her two ways of communicating (sign language, orally).

    Coda is thus one of the best American adaptations of the last few years. A film that we didn't see coming but that remains in our memory long after we've seen it. Siân Heder signs here a second film that should open the doors of the big Hollywood studios and especially a film that we will see again with the same pleasure when it will be broadcasted on Apple TV+.

    Coda
    Written and directed by Siân Heder
    Produced by Philippe Rousselet, Fabrice Gianfermi, Patrick Wachsberger
    Executive Producers: Ardavan Safaee, Sarah Borch-Jacobsen
    Production Designer: Diane Lederman
    Starring Emilia Jones, Eugenio Derbez, Troy Kotsur, Ferdia Walsh-Peelo, Daniel Durant and Marlee Matlin
    Music by Nick Baxter
    Executive Music Producer: Marius de Vries
    Costume Designer : Brenda Abbandandolo
    Cinematography: Paula Huidobro
    Edited by Geraud Brisson
    Distributed by Vendôme Pictures and Pathé Films
    Release date: January 28, 2021 (Sundance)
    Running time: 111 minutes

    Seen on January 29, 2021 (Sundance Festival)

  • 5