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Adieu Les cons

  • Adieu Les cons
    Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l'enfant qu’elle a été forcée d'abandonner quand elle avait 15 ans.Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable

Critique de Mulder

  • Adieu les cons est le septième film écrit et réalisé par Albert Dupontel après Bernie (1996), Le Créateur (1999), Enfermés dehors (2006), Le Vilain (2009), 9 mois ferme (2013) et Au revoir là-haut (2017) (film récompensé de cinq César dont meilleur réalisateur et meilleure adaptation). Alors que l’on pouvait de nouveau s’attendre à un film plus sobre comme le fut le magnifique Au revoir là-haut, le réalisateur et scénariste Albert Dupontel revient à un genre qu’il maitrise à la perfection, la comédie dramatique absurde brocardant aussi bien les travers de notre société actuelle mais aussi en amenant les spectateurs à une certaine réflexion sur des thématiques qui lui tiennent à cœur (la famille, la recherche de l’amour, les apparences trompeuses). Loin de ces comédies dramatiques qui semblent suivre le même modèle, le même rythme, Albert Dupontel aime dynamiter les genres. De ce film, Adieu les cons surprend en permanence et passe avec un tempo parfait de la comédie au drame à de nombreuses reprises.

    Dès la première scène le décor est placé et nous découvrons Suze Trappet (Virginie Efira) qui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable. Le peu de temps qui lui reste, elle décide de le donner à la recherche de son enfant qu’elle a du abandonner alors qu’elle n’avait que quinze ans. Ses recherches vont l’amener à rencontrer un surdoué en plein burn-out JB (Albert Dupontel) et un archiviste aveugle (Nicolas Marié) débordant de vie. Ce trio original et attachant va entrainer les spectateurs dans une aventure inoubliable poncturée de moments de pure comédie et d’autres plus dramatiques. La grande force de ce film est d’être en permanence original. Il rend hommage non seulement au Monty Python (présence de Terry Gillian et le film est dédié à Terry Jones) et à Charlie Chaplin mais aussi le temps de scènes à des humoristes que nous apprécions. Cette touche d’humour jubilatoire sonne juste constamment et les rires très nombreux des spectateurs attestent de cette efficacité indéniable.

    La grande force d’Albert Dupontel est d’avoir réussi à créer en sept films un véritable univers qui lui est propre. En cela les très nombreux spectateurs qui suivent sa carrière non seulement comme comédien mais surtout comme réalisateur et scénariste s’immergent totalement dans un monde teinté d’une tendresse indéniable et d’un véritable regard d’Artiste. Loin de chercher la facilité, chacun des films d’Albert Dupontel témoigne de la volonté d’un véritable surdoué et perfectionniste qui trace sa route et ne cherche pas à mettre en application des règles marketing prédéfinies. En cela Adieu les cons réussit à de nombreuses surprises à nous surprendre mais surtout à donner une véritable épaisseur aux trois personnages principaux. Le film n’hésite à aucun moment à taper où cela fait mal que cela soit sur les forces de l’ordre, la hiérarchie au travail, voire les nombreuses inégalités sur les lieux de travail.

    Adieu les cons bénéficie également de nombreux seconds rôles réussis et repose sur un casting parfait dans lequel on retrouve notamment Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Grégoire Ludig, Kyan Khojandi et David Marsais. Albert Dupontel se révèle de nouveau un excellent conteur et scénariste et donne à Virginie Efira l’un de ses meilleurs rôles. La fragilité de son personnage Suze Trappet dont son entourage semble avoir du mal à le prononcer correctement nous touche et nous ne pouvons que la défendre et espérer qu’elle réussisse à atteindre son objectif. On appréciera aussi le personnage interprété par Albert Dupontel, un surdoué en informatique mais qui a du mal à trouver sa place et à être reconnu à sa juste valeur. Impossible de ne pas y voir un double du réalisateur et scénariste dans sa manière de cacher sa grande timidité par une assurance totale dans ce qu’il maitrise à la perfection. Malgré tout, la société dans laquelle évolue ce personnage semble plus porter à mettre en avant des jeunes manquant d’expérience et contrôlables plus facilement que cet électron libre constamment proche du burn out..

    Là où de nombreuses comédies préfèrent aligner des scènes sans chercher à créer une réelle logique, Adieu les cons s’apparente à un road movie avec des élans dignes de Tex Avery et de nombreuses scènes d’une efficacité redoutable nous faisant passer du rire aux larmes. Adieu les cons nous livre aussi une des plus belles scènes de baisers du cinéma et nous reste en mémoire longtemps après l’avoir vu. On en ressort triste et heureux à la fois avec l’envie d’applaudir et surtout d’aller le revoir tant il est ce que ce que doit être un film : une œuvre brillante et d’une efficacité redoutable.

    Adieu les cons (Bye Bye Morons)
    Un film écrit et réalisé par Albert Dupontel
    Produit par Catherine Bozorgan
    Avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Terry Gilliam, Grégoire Ludig, Kyan Khojandi et David Marsais.
    Musique : Christophe Julien
    Montage : Christophe Pinel
    Distributeur : Gaumont Distribution (France)
    Date de sortie : 21 octobre 2020 (France)
    Durée : 87mns

    Vu le 28 juin 2020 au Gaumont Disney Village, Salle 3 place D14

  • 5

Critique de Fox

  • Bye Bye Morons is the seventh film written and directed by Albert Dupontel after Bernie (1996), The creator) (1999), (Locked Out (2006), The Vilain (2009), 9 month Stretch (2013) and Au revoir là-haut (2017) (a film that won five César awards including Best Director and Best Adaptation). While we could once again expect a more sober film like the magnificent Au revoir là-haut, director and screenwriter Albert Dupontel is returning to a genre he masters to perfection, the absurd dramatic comedy-drama broaching the shortcomings of our current society as well as leading viewers to reflect on themes close to his heart (the family, the search for love, deceptive appearances). Far from these dramatic comedies that seem to follow the same model, the same rhythm, Albert Dupontel likes to dynamite the genres. From this film, Bye Bye Morons constantly surprises and passes with a perfect tempo from comedy to drama on numerous occasions.

    From the first scene the scene is set and we discover Suze Trappet (Virginie Efira) that learns she is suffering from an incurable disease. The little time she has left, she decides to give it up in search of her child, whom she had to abandon when she was only fifteen years old. Her research will lead her to meet a gifted burn-out JB (Albert Dupontel) and a blind archivist (Nicolas Marié) overflowing with life. This original and endearing trio will take the audience on an unforgettable adventure punctuated by moments of pure comedy and more dramatic moments. The great strength of this film is that it is always original. It pays tribute not only to the Monty Python (presence of Terry Gillian and the film is dedicated to Terry Jones) and Charlie Chaplin but also the time of scenes with comedians that we appreciate. This jubilant touch of humour just sounds right all the time and the numerous laughs of the spectators testify to this undeniable efficiency.

    Albert Dupontel's great strength is to have succeeded in creating seven films in a true universe of his own. In this, the many spectators who follow his career not only as an actor but also as a director and screenwriter are totally immersed in a world tinged with undeniable tenderness and a true Artist's eye. Far from seeking the easy way out, each of Albert Dupontel's films testifies to the will of a true gifted and perfectionist who traces his path and does not seek to apply predefined marketing rules. In this Bye Bye Morons succeeds in surprising us with many surprises, but above all in giving a real depth to the three main characters. The film never hesitates at any time to type where it hurts, whether it's about law enforcement, hierarchy at work, or even the many inequalities in the workplace.

    Bye Bye Morons also benefits from many successful supporting roles and is based on a perfect cast that includes Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Grégoire Ludig, Kyan Khojandi and David Marsais. Albert Dupontel once again proves to be an excellent storyteller and screenwriter and gives Virginie Efira one of her best roles. The fragility of her character Suze Trappet, which her entourage seems to have trouble pronouncing correctly, touches us and we can only defend her and hope that she succeeds in achieving her goal. We will also appreciate the character played by Albert Dupontel, a gifted computer scientist but who has difficulty finding his place and being recognized for his true value. Impossible not to see there a double of the director and screenwriter in his way of hiding his great shyness by a total assurance in what he masters perfectly. Despite everything, the society in which this character evolves seems more inclined to put forward young people lacking experience and more easily controllable than this free electron constantly close to burn out...

    Where many comedies prefer to line up scenes without trying to create a real logic, Farewell the jerks is similar to a road movie with Tex Avery's impulses and many scenes of a frightening efficiency making us go from laughter to tears. Bye Bye Morons also gives us one of the most beautiful kissing scenes of the cinema and remains in our memory long after we've seen it. We come out sad and happy at the same time with the desire to applaud and especially to go see it again as it is what a film should be: a brilliant work and a formidable efficiency.

    Bye Bye Morons
    Written and directed by Albert Dupontel
    Produced by Catherine Bozorgan
    Staring Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Terry Gilliam, Grégoire Ludig, Kyan Khojandi and David Marsais.
    Music: Christophe Julien
    Edited by Christophe Pinel
    Distribution: Gaumont Distribution (France)
    Release date: October, 21 2020 (France)
    Running tim: 87mns

    Seen on June 28, 2020 at Gaumont Disney Village (France), Room 3 seat D14

  • 5