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Filles de joie

  • Filles de joie
    Axelle, Dominique et Conso partagent un secret. Elles mènent une double vie. Elles se retrouvent tous les matins sur le parking de la cité pour prendre la route et aller travailler de l’autre côté de la frontière. Là, elles deviennent Athéna, Circé et Héra dans une maison close. Filles de joie, héroïnes du quotidien, chacune se bat pour sa famille, pour garder sa dignité. Mais quand la vie de l’une est en danger, elles s’unissent pour faire face à l’adversité.

Critique de Mulder

  • « Je voulais, depuis longtemps, écrire sur l’héroïsme des femmes. Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte et que j’allais avoir une fille, ça a été un choc : comment mettre une petite fille au monde quand on voit l'étendue des violences faites aux femmes ? Ça m’était d’autant plus insupportable qu’à ce moment-là, je sortais moi-même en miettes d’une relation de travail et d’amitié toxique avec un homme. Il m’avait tellement écrasée que j’ai eu, parfois, envie de me jeter par la fenêtre…» - Anne Paulicevich

    Le cinéma social a pour vocation de traiter de sujets concrets sans recourir à des artifices inutiles et surtour à amener les spectateurs à la réflexion. Ecrit et coréalisé par Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne, filles de joie traite donc de trois femmes contraintes de se prostituer pour vivre et nourrir pour deux d’entre elles leur famille dans une ville française proche de la Belgique dans laquelle elle est exerce l’un des plus vieux métiers du monde. Malgré un budget que l’on sent réduit dû au sujet principal du film guère porteur en tant d’audience commerciale, Fille de joie mérite amplement d’être découvert notamment pour la présence pour le rôle principal féminin de Sara Forester l’une des meilleures comédiennes actuelles. Malgré la dureté de certaines images de ce film, celui-ci mérite d’être découvert pour sa présence et la force qu’elle donne à son personnage.

    Certes, en cherchant à rester en permanence réaliste, le film manque cruellement d’un scénario propice à une réelle évolution des personnages et le fil conducteur du récit semble faire défiler les jours les un après les autres même si la présence de l’ex-mari du personnage d’Axelle incarné par Sara Forestier apporte à ce film le renforcement du caractère dramatique de celui-ci. On sent également que la réalisatrice Anne Paulicevich souhaite régler ses comptes avec la gente masculine et en dresse un portrait guère flatteur. On peut comprendre qu’elle souhaite faire un film mettant en avant le caractère héroïque des femmes mais beaucoup moins les portraits plutôt défavorables qu’elle fait des hommes, que cela soit le mari de Dominique (incarné par Sergi Lopez), l’ex-mari d’Axelle, un proche de Conso.. Avec un tel sujet, le réalisateur Ken Russell avait fait en 1984 un film coup de poing, Les jours et les nuits de China Blue dans lequel la comédienne Kathleen Turner incarnait également une femme à la double vie mouvementée (styliste et prostituée).

    Filles de joie dresse également un triste portrait de notre société actuelle dans laquelle plusieurs personnes n’ont d’autres moyens pour survivre que de vendre leur corps et perdre ainsi une part de respect d’elle-même. Alors que le chômage se développe, qu’une pandémie a frappé le monde entier, un tel film n’aidera guère les spectateurs a retrouvé le sourire et surtout leur montrera la durée de la vie. On aurait juste aimé que ce film bénéficie d’un meilleur scénario surtout que la comédienne Sara Forester y est parfait une fois de plus.

    Filles de joie
    Un film de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich
    Sur un scénario d’Anne Paulicevich
    Avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne, Nicolas Cazalé, Jonas Bloquet, Sergi López, Salomé Dewaels, Jérémie Petrus
    Directrice de la Photographie : Juliette Van Dormael
    Montage : Damien Keyeux et Chantal Hymans
    Musique : Vincent Cahay
    Coproducteur : Olivier Bronckart, Yaël Fogiel, Laetitia Gonzalez et Nathalie Vallet
    Producteur associé : Philippe Logie, Arlette Zylberberg, Tanguy Dekeyser, Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne
    Producteur délégué : Jacques-Henri Bronckart
    Producteur exécutif : Gwennaëlle Libert
    Société de production : Versus Production, Les Films du Poisson et Prime Time
    Sociétés de distribution : KMBO
    Durée : 91 minutes
    Dates de sortie : 29 janvier 2020 (Bron), 22 juin 2020 (France)

    Vu le 19 juin 2020 en lien presse

  • 2.5

Critique de Fox

  • "I've wanted to write about women's heroism for a long time. When I learned that I was pregnant and that I was going to have a daughter, it was a shock: how can you bring a little girl into the world when you see the extent of violence against women? It was all the more unbearable for me because, at that time, I myself was coming out of a toxic work and friendship relationship with a man. He had crushed me so badly that I sometimes felt like throwing myself out the window..." - Anne Paulicevich

    Social cinema aims to deal with concrete subjects without resorting to useless artifices and above all to make viewers think. Written and co-directed by Anne Paulicevich and Frédéric Fonteyne, Filles de joie is about three women forced into prostitution to live and feed their families in a French town close to Belgium, where she has one of the oldest jobs in the world. In spite of a budget that one feels reduced due to the main subject of the film, which is not very promising in terms of commercial audience, Fille de joie deserves to be discovered in particular for the presence of Sara Forester, one of today's best actresses, in the leading female role. Despite the hardness of some of the images in this film, it deserves to be discovered for her presence and the strength she gives to her character.

    Admittedly, in seeking to remain permanently realistic, the film cruelly lacks a conducive screenplay to a real evolution of the characters and the narrative thread seems to run through the days one after the other, even if the presence of the ex-husband of Axelle's character played by Sara Forester reinforces the film's dramatic character. We also sense that director Anne Paulicevich wants to settle scores with the male population and paints a not very flattering portrait of it. It is understandable that she wants to make a film that highlights the heroic character of women but much less the rather unfavorable portraits she makes of men, whether it be Dominique's husband (played by Sergi Lopez), Axelle's ex-husband, a close associate of Conso... With such a subject, director Ken Russell had made a hard-hitting film in 1984, Days and Nights of China Blue, in which actress Kathleen Turner also played a woman with an eventful double life (stylist and prostitute).

    Filles de joie also paints a sad picture of our current society in which many people have no other means of survival than to sell their bodies and thus lose some of their self-respect. At a time when unemployment is on the rise, when a pandemic has struck the world, a film like this will hardly help viewers regain their smiles and above all show them how long-life lasts. We just wish this film had had a better script, especially since the actress Sara Forester is perfect once again.

    Filles de joie
    A film by Frédéric Fonteyne and Anne Paulicevich
    Based on a screenplay by Anne Paulicevich
    Starring Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne, Nicolas Cazalé, Jonas Bloquet, Sergi López, Salomé Dewaels, Jérémie Petrus
    Director of Photography: Juliette Van Dormael
    Editing: Damien Keyeux and Chantal Hymans
    Music: Vincent Cahay
    Co-producer: Olivier Bronckart, Yaël Fogiel, Laetitia Gonzalez and Nathalie Vallet
    Associate producer: Philippe Logie, Arlette Zylberberg, Tanguy Dekeyser, Anne Paulicevich and Frédéric Fonteyne
    Executive Producer: Jacques-Henri Bronckart, Gwennaëlle Libert
    Production company: Versus Production, Les Films du Poisson and Prime Time
    Distribution companies: KMBO (France)
    Duration: 91 minutes
    Release dates: January 29 2020 (Bron), June 22 2020 (France)

    Viewed on 19 June 2020 in press link

  • 2.5