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Bluebird

Critique de Mulder

  • Il est très rare d’être surpris par un film et d’autant plus lorsque celui-ci ne passe pas par la case d’une projection traditionnelle dans le meilleur endroit pour découvrir un film, une salle de cinéma. Non pas que les films que l’on peut dire décevants ou n’ayant pas rencontré de bonnes critiques ou un score honorable lors de sa diffusion dans son pays d’origine sortent directement en VOD mais plutôt qu’un film avec un tel potentiel devrait déjà être partagé dans une salle de cinéma avant d’être revu en VOD ou en vidéo (avec si possible de nombreux bonus).

    Bluebird écrit et réalisé par Jérémie Guez est un premier film qui ne ressemble pas réellement à un premier tant son écriture, sa réalisation, l’utilisation de la musique et surtout son interprétation font de ce film une surprise de taille. Empruntant autant au thriller, au film social qu’au western par certains côtés, Bluebird est une ode au cinéma qui capture notre attention dès la première image et nous laisse sans voix à la dernière.

    Basé sur le roman de Dannie M. Martin, rejoint par sa forme le cinéma de Nicolas Winding Refn (Drive (2011)) mais aussi par ses deux personnages principaux au film Léon (1994) de Luc Besson. Une mise en scène dépouillée, des décors minimalistes (une cuisine d’un restaurant, une chambre d’un motel, une rue d’un quartier.), tout ici concourt à donner une réelle épaisseur à cet ancien prisonnier en quête de rédemption et qui souhaite passer inaperçu, travailler dur et retrouver son indépendance mais la fille de sa logeuse est en quête d’un père de substitution.

    En découvrant les premières images de ce film, on pense également à ces westerns dans lesquels un étranger ayant un passé guère glorieux arrive en ville afin de se fixer et laisse derrière lui son côté obscur. Le personnage de Danny campé à la perfection par Roland Moller (les oubliés (2017), Papillon (2018), Atomic blonde (2017), The passenger (2018), Skycraper (2018)) semble s’être construit son propre univers et préféré sa solitude plus que le fait de partager avec d’autres personnes certains moments. Dans le cocon qu’il s’est construit, la jeune Clara va non seulement essayer de rentrer dans celui-ci mais surtout s’intéresser à lui. Une véritable amitié liée d’un respect commun même si le fait qu’elle parle trop dérange un peu Danny. Lorsque Clara est victime d’une agression sexuelle, le côté obscur et vengeur de Danny va refaire surface et entrainer dans son sillon une tornade de violence et surtout montrer que celui-ci a un véritable code d’honneur et est prêt à tout pour protéger ceux à qui il tient réellement.

    Fascinant est le premier mot qui vient à l’esprit en découvrant ce film tant son scénariste et réalisateur accorde une place tout aussi importante à l’action, à la recherche d’un réalisme et surtout à donner vie aux personnages du roman qu’il adapte à l’écran. Lui-même écrivain, Jérémie Guez montre avec son premier film qu’il a l’étoffe d’un excellent conteur et surtout réussit à jouer avec les règles du thriller, du film social et du western pour nous livrer un film d’une force émotionnelle rare. Bluebird (A Bluebird in My Heart) fait partie de ces films qui vous restent longtemps en mémoire après l’avoir vu. Il montre qu’un film ne doit pas forcément être un déferlement visuel de violence, d’effets spéciaux outranciers ou chercher constamment à donner du prémâché aux spectateurs. Faire preuve d’originalité, réussir avec peu d’action à trouver le bon tempo pour donner vie à une histoire et surtout montrer que malgré la dureté de la vie, l’âme humaine peut être belle mais si une personne a fait de la prison et semble être en inadéquation avec son encourage.

    Alors que le film aurait pu facilement donner naissance à un nouveau vigilante tel Liam Neeson dans Taken ou Keanu Reeves dans John Wick et malgré le fait que Roland Møller est façonné pour interpréter ce type de rôle, Bluebird préfère rester réaliste de part en part, montrer une amitié réelle entre une adolescente turbulente dont le père en prison ne souhaite pas se remettre avec sa mère et cet homme ordinaire que la société a brisé mais qui tente de s’accrocher au peu qu’il a. Emouvant, juste et tout simplement racé avec un esthétisme certes discret mais efficace, Bluebird s’impose comme un premier film remarquable et inoubliable que l’on reverra avec le même plaisir. Ajouter à cela la découverte d’une jeune comédienne, Lola Le Lann dont on est certain d’en entendre parler et à qui on souhaite la même carrière que Natalie Portman tant son rôle nous fait très souvent penser à la Mathilda de Luc Besson, Bluebird (A Bluebird in My Heart) est un film à découvrir en VOD que vous allez adorer. On est prêt à parier dessus.

    Bluebird (A Bluebird in My Heart)
    Un film écrit et réalisé par Jérémie Guez
    D'après le roman de Dannie M. Martin
    Avec Roland Møller, Lola Le Lann, Veerle Baetens et Lubna Azabal
    Directeur de la photographie : Dimitri Karakatsanis
    Montage : Didier Diependaele
    Musique : Séverin Favriau
    Producteurs délégués : Aimée Buidine, Jérémie Guez, Julien Leclercq et Julien Madon
    Producteurs exécutifs : Philippe Guez et Stéphane Lhoest
    Coproducteur : Cloé Garbay, Nadia Khamlichi, Adrian Politowski et Bastien Sirodot
    Production : Atchafalaya Films, Labyrinthe Films et Umedia
    Distribution : Les Bookmakers / The Jokers
    Genre : Thriller dramatique
    Durée : 85 minutes
    Date de sortie : 16 juin 2020 (en VOD)

    Vu le 16 juin 2020

  • 5

Critique de Fox

  • It is very rare to be surprised by a film and all the more so when it does not pass through the hut of a traditional screening in the best place to discover a film, a cinema. Not that films that can be said to be disappointing or not to have met with good reviews or an honorable score when released in their country of origin are released directly on VOD but rather that a film with such potential should already be shared in a cinema before being reviewed on VOD or video (with many bonuses if possible).

    Bluebird written and directed by Jérémie Guez is a first film that doesn't really look like a first one as its writing, directing, use of music and especially its interpretation makes this film a big surprise. Borrowing as much from thriller, social film as from western in some ways, Bluebird is an ode to cinema that captures our attention from the first frame and leaves us speechless at the last one.

    Based on Dannie M. Martin's novel, Bluebird's form is similar to Nicolas Winding Refn's film Drive (2011), but also to Luc Besson's film The Professional (1994), with its two main characters. A stripped-down staging, minimalist sets (a restaurant kitchen, a motel room, a street in a neighborhood.), everything here contributes to giving real substance to this former prisoner in search of redemption who wants to go unnoticed, work hard and regain his independence, but the daughter of his landlady is looking for a surrogate father.

    When we discover the first images of this film, we also think of those westerns in which a stranger with a not so glorious past arrives in the city to settle down and leaves behind his dark side. The character of Danny camped out to perfection by Roland Moller (The Forgotten (2017), Butterfly (2018), Blonde Atomic (2017), The Passenger (2018), Skycraper (2018)) seems to have built his own universe and prefers his solitude more than sharing certain moments with other people. In the cocoon he has built himself, the young Clara will not only try to enter it, but above all take an interest in it. A true friendship bound by a common respect even if the fact that she talks too much disturbs Danny a little. When Clara is the victim of a sexual assault, Danny's dark and vengeful side will resurface and bring a tornado of violence in its wake and above all show that he has a real code of honor and is ready to do anything to protect those he really cares about.

    Fascinating is the first word that comes to mind when discovering this film as its writer and director gives an equally important place to action, to the search for realism and specially to bring to life the characters of the novel he adapts to the screen. A writer himself, Jeremy Guez shows with his first film that he has the makings of an excellent storyteller and above all succeeds in playing with the rules of thriller, social film and western to deliver a film of rare emotional strength. Bluebird (A Bluebird in My Heart) is one of those films that you remember long after you see it. It shows that a film doesn't necessarily have to be a visual outburst of violence, outrageous special effects or a constant attempt to give the viewer a preview. To show originality, to succeed with little action in finding the right tempo to give life to a story and above all to show that despite the harshness of life, the human soul can be beautiful but if a person has been in prison and seems to be out of step with his encouragement.

    While the film could easily have given birth to a new vigilante like Liam Neeson in Taken or Keanu Reeves in John Wick and despite the fact that Roland Møller is shaped to play this type of role, Bluebird prefers to remain realistic through and through, showing a real friendship between a turbulent teenage girl whose father in prison doesn't want to get back together with his mother and this ordinary man whom society has broken but who tries to hold on to the little he has. Moving, fair and simply racy with a discreet but effective aestheticism, Bluebird stands out as a remarkable and unforgettable first film that we will see again with the same pleasure. Add to this the discovery of a young actress, Lola Le Lann, about whom we are sure to hear and to whom we wish the same career as Natalie Portman, as her role often reminds us of Luc Besson's Mathilda, Bluebird (A Bluebird in My Heart) is a film to discover on VOD that you will love. We are ready to bet on it.

    A Bluebird in My Heart
    Written and directed by Jérémie Guez
    bBased on a Dannie M. Martin’s book
    With Roland Møller, Lola Le Lann, Veerle Baetens et Lubna Azabal
    Cinematography : Dimitri Karakatsanis
    Montage : Didier Diependaele
    Music by Séverin Favriau
    Executive Producers : Philippe Guez et Stéphane Lhoest
    Production : Atchafalaya Films, Labyrinthe Films et Umedia
    Distribution : Les Bookmakers / The Jokers (France)
    Running time : 85 minutes
    Release date : June 16 2020 (France) (VOD)

    Seen June 16 2020

  • 5