Logo
Accueil > Reviews > Dans un jardin qu'on dirait éternel

Dans un jardin qu'on dirait éternel

  • Dans un jardin qu'on dirait éternel
    Dans une maison traditionnelle à Yokohama, Noriko et sa cousine Michiko s’initient à la cérémonie du thé. D'abord concentrée sur sa carrière dans l’édition, Noriko se laisse finalement séduire par les gestes ancestraux de Madame Takeda, son exigeante professeure. Au fil du temps, elle découvre la saveur de l’instant présent, prend conscience du rythme des saisons et change peu à peu son regard sur l’existence. Michiko, elle, décide de suivre un tout autre chemin.

Critique de Mulder

  • Le titre original du film Nichinichi kore konichi est un proverbe bouddhisme zen japonais qui signifie tenter de faire chaque jour un jour important. Il correspond à la perfection à ce film qui tente à montrer l’importance de respecter certains rituels afin de retrouver un véritable équilibre spirituel et d’être en phase avec le monde qui nous entoure. En prenant comme sujet la cérémonie du thé, le film de Tatsushi ?mori nous rappelle que pour pouvoir s’épanouir dans sa vie, il faut savoir se retrouver et surtout respecter l’héritage de nos anciens et des coutumes importantes. Nous suivons donc le parcours de Noriko et sa cousine Michiko et leur apprentissage de la cérémonie du thé. Le cinéma japonais actuel ne cesse de nous émerveiller et surtout de témoigner de sa volonté de donner vie à des films loin d’être de simples œuvres commerciales dénuées de sens.

    La cérémonie du thé est l'un des arts du raffinement japonais. Elle combine une série complexe de mouvements et de gestes, avec une compréhension importante des saisons, du temps, de la poésie. Lorsqu'elle est exécutée correctement, la discipline du chado, (la voie du thé) crée un équilibre harmonieux entre l'hôte, l'invité et leur environnement naturel.

    Dans un jardin qu’on dirait éternel (Nichinichi Kore Kôjitsu) est basé un recueil d'essais de Noriko Morishita et montre bien que la cérémonie du thé n’est pas qu’une simple relique du temps ancien japonais mais un véritable art de célébrer la vie, de retrouver l’utilisation de ses cinq sens, une sorte de philosophie de la vie. On suit à travers celui-ci le parcours de Noriko qui a du mal à trouver un emploi et de plus son petit ami décide de la quitter. Il se dégage ainsi un certain pessimisme d’une société déconnectée de son rapport avec son élément naturel.

    Alors que le cinéma actuel tente de proposer de plus en plus souvent un rythme rapide et à émerveiller les spectateurs avec des divertissements reposant de plus en plus sur des effets spéciaux impressionnants et des comédiens appréciés par le public, Dans un jardin qu’on dirait éternel (Nichinichi Kore Kôjitsu) va à contre-courant et par son rythme très lent se rapproche des films d’auteurs français livrant non seulement de superbes plans mais aussi une manière d’amener les spectateurs sur le sens réel de la vie. Le grand soin porté à la photographie, à la musique donne à ce film une aura indéniable.

    De la même manière, on appréciera la présence dans l’un de ses derniers rôles de la comédienne Kiki Kirin et la prestation des deux jeunes héroïnes du film Haru Kuroki et Mikako Tabe. Un peu dommage par contre de constituer les scènes du film avec un casting uniquement féminin à l’exception du père de Noriko (Shingo Tsurumi). Certes ce film plaira plus à un public âgé par sa volonté de rester trop académique mais loin d’être pour autant ennuyeux.

    Dans un jardin qu’on dirait éternel (Nichinichi Kore Kôjitsu)
    Un film écrit et réalisé par Tatsushi Omori
    D'après l'oeuvre de Noriko Morishita
    Avec Haru Kuroki, Mikako Tabe, Kiki Kirin, Mayu Harada, Saya Kawamura, Megumi Takizawa, Mayu Tsuruta, Mizuki Yamashita, Fuyuka Kooriyama Chihiro Okamoto, Shingo Tsurumi
    Compositeur : Hiroko Sebu
    Production : Yoake Pictures
    Distributeur : Art House (France)
    Date de sortie : 26 aout 2020 (France)

    Vu le 6 mai 2020 en VO (lien presse)

  • 3