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Vivarium

  • Vivarium
    A la recherche de leur première maison, un jeune couple effectue une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier et se retrouve pris au piège dans un étrange lotissement.

Critique de Mulder

  • Vivarium ne ressemble en rien à un film calibré par les grands studios américains et qui pullulent sur nos grands écrans ni encore moins à de nombreux films européens au casting luxueux mais souvent manquant cruellement de style et d’un scénario assez robuste pour retenir notre attention. Il faudrait plus chercher son inspiration vers des thématiques proches de la série culte de la Quatrième Dimension (The Twilight Zone) créée par Rod Serling.

    De la même manière son approche réellement originale tord le cou à ses nombreux principes que la société nous impose et signe de notre réussite sociale : une maison, une famille, un ou des enfants. Le scénario de Garret Shanley s’impose aisément comme une excellente surprise et arrive grâce à la mise en scène très inspirée de Lorcan Finnegan à réellement nous faire frémir (ce qui est devenu de plus en plus rare actuellement au cinéma).

    On découvre ainsi un jeune couple, Tom (Jesse Eisenberg) et Gemma (Imogen Poots) qui est à la recherche d’une maison dans laquelle ils pourront vivre heureux et avoir des enfants. Leur rencontre avec un agent immobilier inquiétant va les emmener dans une zone pavillonnaire ou toutes les maisons sont identiques et qui semble s’étaler sur un très vaste secteur. Prisonniers de cette zone et n’arrivant pas à s’en échapper leurs vies va devenir un véritable enfer tout en devant s’occuper malgré leur choix d’un curieux enfant grandissant très rapidement.

    Vivarium s’impose comme une véritable expérience cinématographique, l’enfer de Dante prenant vie devant nos yeux et créant un véritable malaise palpable. Le réalisateur Lorcan Finnegan en jouant totalement avec les nerfs des spectateurs les invitent à un véritable voyage dans un monde horrifique dans lequel posséder une maison devient un véritable cauchemar.

    Alors que le cinéma horrifique a tendance à jouer la surenchère, Vivarium s’impose par sa volonté principale de reposer sur très peu de personnages (trois pour être exact) et analyser leur comportement. Cette volonté de minimaliste permet au film d’avoir un charme tout particulier qui amène les spectateurs à voir leur monde environnant différemment à la sortie de ce film. On ne peut donc que vous conseiller de tenter l’aventure Vivarium et promis vous allez être surpris, adorer son originalité et surtout voir l’achat d’un appartement ou d’une maison différemment ensuite..

    Vivarium
    Un film de Lorcan Finnegan
    Produit par John McDonnell, Brandan McCarthy
    Sur un scenario de Garret Shanley
    Sur une histoire de Garret Shanley, Lorcan Finnegan
    Avec Imogen Poots, Jesse Eisenberg
    Musique de Kristian Eidnes Andersen
    Directeur de la photographie : MacGregor
    Montage : Tony Cranstoun
    Production : XYZ Films, Fantastic Films, Frakas Productions, PingPong Film, VOO, BeTV
    Distribution : Saban Films (Etats-Unis), Les bookmakers / The Jokers (France)
    Date de sortie : 18 mai 2019 (Cannes), 27 mars 2020 (Etats-Unis)
    Durée : 97 minutes

    Vu le 19 février 2020 au Club de l’Etoile, en VO

  • 5

Critique de Marianne Velma

  • Lorcan Finnegan est un équilibriste. Avec Vivarium, son second long métrage sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 2019, il a imaginé un thriller de science-fiction à mi-chemin entre les codes de l’horreur et du conte moral. Bref, Vivarium peut se vanter de posséder une vraie personnalité, une singularité qui a tendance à faire défaut à pas de mal de films fantastiques de ces dernières années.

    Pour autant, malgré ce caractère unique, il plane sur Vivarium, un parfum légèrement rétro. Vu le contexte, les héros se retrouvent prisonniers d’un quartier aseptisé inspiré de la banlieue américaine moyenne des années 60, cette apparence old school n’est évidemment pas un accident. Vivarium a d’ailleurs tout d’un épisode de la Quatrième dimension. Cette référence surannée, sans doute assumée, nourrie parfaitement l’esthétique de Finnegan. Malheureusement, le propos qui s’y attache semble également appartenir à une autre époque.

    Faire une satire du conformisme et de la société de consommation en 2020, sans y introduire des éléments de réflexion contemporain, rend l’exercice métaphorique un peu vain. A moins que le scénario ne s’interroge plutôt sur l’injection de la société à devenir parents ? Mais… non ! Une fois encore, Lorcan Finnegan ne fait qu’effleurer le sujet. Pire sur cette question, il se contente d’enfermer les personnages dans les stéréotypes du genre auxquels ils appartiennent. La femme est évidemment dotée d’un instinct maternel…même face à ce succédané monstrueux qui lui sert d’enfant. L’homme lui a besoin de faire quelque chose de concret, alors il creuse un trou…

    On peut, sans doute, discerner dans Vivarium plein d’autres thématiques, comme celle de l’utilitarisme à tout prix, du piège de la vie de famille où même de l’exploitation animale. Mais au final, tout ce questionnement reste brumeux. Quant à la finalité de l’histoire, elle apparaît comme bien trop prévisible pour être exaltante…

    Et si au fond, Vivarium ne voulait être rien d’autre qu’un film d’horreur ? Sans violence, sans sang mais d’une froideur glaçante. De ce côté-là, la maîtrise du cinéaste est incontestable. Il est aidé par la prestation de Imogene Poots (Green Room, Mobile Home) et de Jesse Einsenberg (Bienvenue à Zombieland, Batman vs Superman). Au-delà de l’alchimie naturelle que ces deux-là partagent, ils sont les seuls à donner du corps à ce long métrage étrange mais bancal…

    Vivarium
    Un film de Lorcan Finnegan
    Produit par John McDonnell, Brandan McCarthy
    Sur un scenario de Garret Shanley
    Sur une histoire de Garret Shanley, Lorcan Finnegan
    Avec Imogen Poots, Jesse Eisenberg
    Musique de Kristian Eidnes Andersen
    Directeur de la photographie : MacGregor
    Montage : Tony Cranstoun
    Production : XYZ Films, Fantastic Films, Frakas Productions, PingPong Film, VOO, BeTV
    Distribution : Saban Films
    Date de sortie : 18 mai 2019 (Cannes), 27 mars 2020 (Etats-Unis)
    Durée : 97 minutes

    Vu le 13 février 2020 au Club de l’Etoile, en VO

  • 2.5