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Le cas Richard Jewell

  • Le cas Richard Jewell
    En 1996, Richard Jewell fait partie de l'équipe chargée de la sécurité des Jeux d'Atlanta. Il est l'un des premiers à alerter de la présence d'une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme, passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l'expérience.

Critique de Mulder

  • « Quand on raconte une histoire vraie, il faut la restituer en étant fidèle à la réalité.. L’histoire de Richard Jewell m’a intéressé parce que c’était quelqu’un de normal, un monsieur tout-le-monde. Il n’a jamais été poursuivi, mais il a été largement persécuté. Les gens se sont empressés de l’accuser ; il n’a pas pu échapper à ces accusations et pendant longtemps il est resté trop naïf et idéaliste pour se rendre compte qu’il devait sauver sa peau. C’est pour cela que je voulais faire ce film, pour réhabiliter l’honneur de Richard. C’est un homme comme les autres, qui aspirait à devenir policier avant tout pour contribuer au progrès de l’humanité. Le jour où il a commis un acte héroïque, il l’a payé au prix fort et a été jeté en pâture aux lions." – Clint Eastwood

    Le cas Richard Jewell témoigne une nouvelle fois que Clint Eastwood n’est pas qu’un excellent comédien, il est aussi un réalisateur surdoué capable de donner vie à des œuvres d’une émotion rare. Comme La mule (2018), son nouveau film ne recherche pas constamment à en mettre plein la vue aux spectateurs mais plutôt lui faire revivre une histoire vraie. Un homme ordinaire va vite se retrouver suite à la découverte d’une bombe dans le parc du Centenaire à Atlanta de statut de héros national à l‘homme le plus détesté des Etats-Unis car suspect parfait autant pour la presse calomnieuse que pour le FBI. L’approche du film simpliste par sa forme se retrouve être parfaitement adapté au récit et nous présente ainsi cet homme très attaché à être irréprochable quitte comme le montre ce film à faire des excès de zèle guère appréciés.

    A travers ce film se dessine tout un pays dans lequel les médias cherchent à tout prix les gros titres, à booster l’audience même si cela sous-entend diffuser une information erronée et faire vivre un véritable enfer à un homme émérite qui s’est retrouvé être un véritable héros en minimisant les effets d’une bombe artisanale sur des personnes innocentes. Même si Le Cas Richard Jewell prend quelques distances avec la réalité, il faut reconnaitre que cette adaptation d’un article de Vanity Fair intitulé The Ballad Of Richard Jewell fonctionne parfaitement et nous trace un portrait d’un homme qui à force de vouloir faire le bien se retrouve être donné en pâture à la presse et au FBI qui voyait en lui le parfait coupable.

    Cette reconstitution minutieuse des faits même si le scénario habilement écrit par Billy Ray (The Shooter (1995), Flight plan (2005), Jeux de pouvoir (2009), Overlord (2018), Terminator Dark Fate (2019)..) Le cas Richard Jewell repose de nouveau sur une mise en scène certes très académique et minitieuse de Clint Eastwood mais surtout sur un casting parfait. Aux côtés de Paul Walter Hauser (Richard Jewell) on retrouve un excellent casting de seconds rôles avec Sam Rockwell (Watson Bryant), Kathy Bates (Bobi Jewell), Jon Hamm (Tom Shaw), Olivia Wilde (Kathy Scruggs), Nina Arianda (Nadya Light), Ian Gomez (Agent Dan Bennet), Mike Pniewski (Brandon Walker). Chacun des personnages qu’il ait vraiment existé ou non bénéficie d’une véritable épaisseur psychologique et on peut que défendre ce film qui réunit à la perfection film d’auteur et film hollywoodien.

    Alors que le nom de Richard Jewell n’est pas réellement connu, le film lui rend hommage d’une certaine manière et même si certains faits sont édulcorés et d’autres oubliés ou modifié, Le Cas Richard Jewell s’impose comme aisément comme l’un des meilleurs films de Clint Eastwood. On comprend aisément que cette histoire vraie a capturer toute son attention et lui a permis de revenir sur une des thématiques qu’il affectionne particulièrement c’est dire comme un homme ordinaire va être broyé par un système imparfait et fondé sur des faux-semblants. Ce n’est pas seulement le milieu d’une certaine presse qui est accusée mais aussi celui de certaines institutions capables de masquer des faits pour arriver à ses fins. Alors que le cinéma américain actuel vise de plus en en une surenchère inutile à coups d’effets spéciaux, de casting imposant, ce film nous montre ce que devrait être réellement le cinéma, divertir intelligemment un public et l’amener à faire des recherches pour prolonger le plaisir pris à découvrir une œuvre touchante, sincère et brillante. On ne peut une nouvelles fois qu’applaudir Clint Eastwood pour ce film d’une émotion rare et qui ne laisse personne intacte au point que certaines scènes restent encore dans notre mémoire longtemps après l’avoir vu..

    Le Cas Richard Jewell (Richard Jewell)
    Un film de Clint Eastwood
    Produit par Tim Moore, Jessica Meier, Kevin Misher, Leonardo DiCaprio, Jennifer Davisson, Jonah Hill, Clint Eastwood
    Sur un scénario de Billy Ray
    D’après l’œuvre de American Nightmare: The Ballad of Richard Jewell de Marie Brenner
    Avec Sam Rockwell, Kathy Bates, Jon Hamm, Olivia Wilde, Paul Walter Hauser
    Compositeur : Arturo Sandoval
    Directeur de la photographie : Yves Bélanger
    Montage : Joel Cox
    Décorateur : Kevin Ishioka
    Costumes : Deborah Hopper
    Sociétés de production : Appian Way, Misher Films, Warner Bros, The Malpaso Company
    Distributeur (France) : Warner Bros
    Date de sortie : 13 décembre 2019 (Etats-Unis), 19 février 2020 (France)

    Vu le 19 février 2020 au Gaumont Disney Village, Salle 8 place A19, en VF

  • 5

Critique de Marianne Velma

  • D’après une histoire vraie. Cette petite phrase tourne comme une ritournelle en boucle sur les affiches hollywoodiennes. Pour Clint Eastwood, vénérable réalisateur de 89 ans, elle semble même être devenue un leitmotiv. Depuis American Sniper en 2015, l’obsession du cinéaste pour ces destins d’anonymes hors-normes qui racontent en creux celle de l’Amérique, ne se dément pas. Comme si ces héros qui peuplent l’imaginaire du pays étaient une composante indispensable de son cinéma.

    Richard Jewell est donc le cru eastwoodien 2020. Son nom ne vous dit sans doute rien et pourtant cet américain moyen, à l’apparence débonnaire, a été l’ennemi public numéro 1 pendant quelques mois en 1996. Son crime ? Avoir fait un peu trop bien son travail lors de l’attentat survenu durant les Jeux Olympiques d’Atlanta. De héros ayant épargné plusieurs vies, c’est lui qui a repéré la bombe avant qu’elle explose, l’agent de sécurité va devenir le principal suspect.

    Comme d’habitude avec ce genre, l’écriture est impeccable. Quelques séquences en début de film suffisent pour caractériser le personnage principal. La reconstitution du drame est chirurgicale. Vous voyez venir le reste ? Injustice, mère qui pleure à la télévision, avocat malin, journaliste sans scrupules… aucun passage obligé ne manque à l’appel. La carricature paraît un peu forcée par moment comme avec le personnage de Olivia Wilde, la reporter. Ne vous y trompez-pas malgré son apparence vulgaire, elle reste une vraie femme de pouvoir. Mais elle est traitée de manière un peu trop binaire pour être touchante même quand elle se rend compte de ses erreurs….
    Le tout a également un petit air de déjà vu mais rassurez-vous le spectacle n’en demeure pas moins efficace.

    Toutefois derrière cet énième récit héroïque, qui finit par moment à ressembler à un exercice de style, apparaît soudain le vrai enjeu du film. Richard Jewel est un peu différent des figures tutélaires habituelles. Il a de l’embonpoint, n’a pas fait beaucoup d’étudse, aime un peu trop les armes à feu et manque de culture. Depuis toujours il est invisible, habitué aux brimades. Mais ce mépris de classe, qu’il subit comme une évidence, va en faire le coupable idéal. Ce constat aussi effroyable que véridique, Eastwood s’en empare froidement sans effusion, mais c'est pourtant ce point précis qui permet au film de sortir un peu de son parfait emballage.

    Le Cas Richard Jewell (Richard Jewell)
    Un film de Clint Eastwood
    Produit par Tim Moore, Jessica Meier, Kevin Misher, Leonardo DiCaprio, Jennifer Davisson, Jonah Hill, Clint Eastwood
    Sur un scénario de Billy Ray
    D’après l’œuvre de American Nightmare: The Ballad of Richard Jewell de Marie Brenner
    Avec Sam Rockwell, Kathy Bates, Jon Hamm, Olivia Wilde, Paul Walter Hauser
    Compositeur : Arturo Sandoval
    Directeur de la photographie : Yves Bélanger
    Montage : Joel Cox
    Décorateur : Kevin Ishioka
    Costumes : Deborah Hopper
    Sociétés de production : Appian Way, Misher Films, Warner Bros, The Malpaso Company
    Distributeur (France) : Warner Bros
    Date de sortie : 13 décembre 2019 (Etats-Unis), 19 février 2020 (France)

    Vu le 17 février 2020 dans la salle Warner Bros en V.O.

  • 3