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The Gentlemen

  • The Gentlemen
    Quand Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du marché, il déclenche une guerre explosive : la capitale anglaise devient le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements… Dans cette jungle où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi !

Critique de Mulder

  • Quel Plaisir de retrouver l’un des meilleurs réalisateurs britanniques revenir à son genre de prédilection, le film de gangsters. Après ses premiers films britanniques (Arnaques, Crimes et Botanique (Lock, Stock and Two Smoking Barrels) (1998), Snatch : Tu braques ou tu raques (Snatch) (2000), Revolver (2005) RocknRolla (2008)) et un passage par les studios hollywoodiens (Sherlock Holmes (2019), Sherlock Holmes : Jeu d'ombres (Sherlock Holmes: A Game of Shadows) (2011), Agents très spéciaux : Code UNCLE (The Man from U.N.C.L.E.) (215), Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur (King Arthur: Legend of the Sword) (2017) et Aladdin (2019)), son nouveau film revient à la thématique dans laquelle Guy Ritchie excelle : le polar hard-boiled avec ses personnages borderline, ses dialogues percutants et son intrigue aux multiples rebondissements.

    The Gentlemen s’impose comme si le réalisateur Guy Ritchie faisait un bilan sur sa filmographie et souhaitait prendre le meilleur de chacun d’entre eux pour non seulement porter un regard sur la ville de Londres mais aussi de manière générale sur notre société et ses débordements divers. On découvre donc comment un enfant surdoué américain, Michael Pearson (Matthew McConaughey) est envoyé en Angleterre dans une des meilleures universités mais se découvre plutôt un don pour les affaires et décide d’abandonner ses études pour s’imposer comme un puissant narco-trafiquant.

    Lorsque Michael Pearson décide qu’il est peut-être temps pour lui de passer la main et de revendre son réseau à un milliardaire pour 400 millions, les choses ne vont pas se dérouler totalement comme prévu. Cette intrigue serait sans réelle originalité si le réalisateur ne jouait pas avec un telle inventivité et fureur sur les codes des films de genre tout en montrant un regard plutôt juste sur une certaine presse prête à tout pour faire les gros titres. Le journaliste et photographe Fletcher (Hugh Grant parfait) va essayer de vendre à l’homme de main Ray (Charlie Hunnam) de Michael Pearson un scénario basé sur des faits vrais ou inventés qui se sont déroulés récemment.

    Dès les premières images du film, Guy Ritchie fait preuve d’un tel sens de la mise en scène que nous ne pouvons qu’adhérer à l’univers qu’il dessine devant nous. Certes son sens inouï pour faire dérouler cette histoire nous rappelle forcément certains films de Quentin Tarantino mais le réalisateur garde son style intact et surtout nous propose une histoire sans aucune temps mort, pleine de rebondissements et avec un casting parfait. Quel Plaisir de retrouver enfin dans d’excellents rôles Matthew McConaughey (Michael Pearson), Hugh Grant (Fletcher), Charlie Hunnam (Ray), Michelle Dockery (Rosalind Pearson), Henry Golding (Dry Eye), Jeremy Strong (Matthew), Eddie Marsan (Big Dave), Colin Farrell et surtout Colin Farrell (Coach).

    En maniant l’humour et des scènes de violence d’une efficacité rare, le réalisateur Guy Ritchie nous fascine et surtout nous propose enfin un film de genre décomplexé qui n’a pas peur de la censure, qui frappe directement dans les stéréotypes stupides mis en avant dans le cinéma actuel. Ce n’est pas un hasard fortuit si Guy Ritchie apparait dans son propre rôle dans une scène du film, une manière de porter un regard juste sur le cinéma hollywoodien. Les nombreuses scènes du film dont certaines sont vouées à devenir culte nous réconcilient avec ce cinéma trop aseptisé qui semble vouloir plaire à tous quitte à perdre de sa force et de sa qualité. Impossible non plus en découvrant ce film de ne pas penser à un réalisateur muselé par le système hollywoodien qui retrouve non seulement toute son indépendance mais aussi sa créativité. The Gentlemen s’impose non seulement comme une excellente surprise mais nous montre surtout que Guy Ritchie est un réalisateur surdoué capable encore de nous étonner. Dire que l’on conseille ce film est un doux euphémisme. Un conseil, courez le voir au cinéma car tout bon film doit impérativement être vu dans une salle de cinéma et non pas sur sa télévision ou téléphone (exceptions faites de certaines productions vouées à des plateformes de streaming).

    The Gentlemen
    Un film écrit et réalisé par Guy Ritchie
    Produit par Guy Ritchie, Ivan Atkinson, Bill Block
    Sur une histoire de Guy Ritchie, Ivan Atkinson, Marn Davies
    Avec Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Henry Golding, Michelle Dockery, Jeremy Strong, Eddie Marsan, Colin Farrell, Hugh Grant
    Musique de Christopher Benstead
    Directeur de la photographie : Alan Stewart
    Montage : James Herbert
    Production : Miramax
    Distribution : STXfilms (Etats-Unis), Entertainment Film Distributors (Angleterre), SND (France)
    Date de sortie : 1 janvier 2020 (Angleterre), 24 janvier 2020 (Etats-Unis)
    Durée : 104 minutes

    Vu le 6 février 2020 au Gaumont Disney Village, Salle 9 place A19, en VF

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