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1917

  • 1917
    Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission à proprement parler impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies.

Critique de Mulder

  • AAuréolé de deux Golden Globes amplement mérités (meilleur réalisateur, meilleur film dramatique), 1917 arrive enfin précédé d’une excellente réputation dans nos cinémas. Co-scénarisé et réalisé par Sam Mendes (American Beauty (1999), Les Sentiers de la perdition (2002), Jarhead : La Fin de l'innocence (2005), Les noces rebelles (2008), Away we go (2009) et deux James Bond Skyfall (2012), 007 Spectre (2015), 1917 est non seulement une véritable expérience cinématographique à découvrir en IMAX mais surtout un hommage à tous ces héros anonymes de la Première Guerre Mondiale.

    Le réalisateur dédicace ce film à son grand-père, un héros de cette guerre. Proche de la virtuosité, 1917 est non seulement constitué uniquement de nombreux plans-séquences habilement montés mais surtout témoigne de la volonté d’un réalisateur de chercher l’innovation à tout prix et donc de ne pas se contenter de réaliser des blockbusters sans âme ni réelle originalité.

    De nombreux films ont abordé la thématique de la première guerre mondiale et en découvrant ce film on pensera notamment à Cheval de Guerre (2011) de Steven Spielberg. Les deux films entretiennent de nombreuses comparaisons que cela soit la présence d’un réalisateur visionnaire, le refus de tout sensationnalisme déplacé mais surtout une reconstitution parfaite d’une période paraissant très lointaine pour beaucoup d’entre nous. Ce refus de tout sensationnalisme se ressent par ces champs de guerre paraissant sans limite et le côté désertique qui plane tout au long du récit.

    La plupart des scènes du film montre le personnage principal traversé des tranchées vides, une ville pratiquement inhabitée, une campagne dévastée. Nous suivons donc le long parcours semé d’embûches diverses de la première classe Schofield (George MacKay parfait) pour remettre un message de très grande importance qui doit éviter une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats.

    Cette approche de la première guerre mondiale se veut comme une véritable expérience et nous rappelle par de nombreux aspects l’approche de l’industrie du jeux vidéo voulant proposer aux nombreux joueurs de s’immerger totalement dans un univers ouvert. La manière dont est filmé 1917 laisse le spectateur dans une position de véritable témoin de l’action qui se déroule devant ses yeux. De la même manière alors que le cinéma hollywoodien a tendance actuellement à jouer de la surenchère, 1917 réussit à retrouver intact le souffle des grands films d’aventure des années 70 et 80.

    Cette volonté de placer l’action au cœur même du film se ressent par la volonté du réalisateur de proposer les deux rôles les plus importants du film à deux jeunes comédiens (George MacKay, Dean-Charles Chapman) dont les personnages vont s’engager ensemble dans une aventure dangereuse qui les dépasse. Les comédiens les plus connus se contentent donc ici d’une simple apparition fantomatique (Mark Strong, Andrew Scott, Richard Madden (il serait parfait en 007), Colin Firth et Benedict Cumberbatch).

    L’immensité des nombreux décors naturels du film permet au réalisateur de pouvoir proposer une succession de plans d’une perfection absolue et surtout de créer une immersion totale sans aucun moment de répit pour les spectateurs. De la même manière la musique de Thomas Newman (compositeur fétiche de Sam Mendes) renforce notre sensation d’être réellement dans l’action. Voir le film en IMAX s’impose naturellement de soi.
    1917 montre enfin ce que devrait être le cinéma actuel, non seulement un art propice à mettre en pratique comme le fait si bien James Cameron de nouveaux moyens expérimentaux mais surtout une proposition faite aux spectateurs de se divertir intelligemment. Loin de nombreux films, pur produits marketing manquant cruellement de saveur, 1917 est bien parti pour triompher lors de la cérémonie des Oscars le 9 février prochain.

    1917
    Un film de Sam Mendes
    Produit par Sam Mendes, Pippa Harris, Jayne-Ann Tenggren, Callum McDougall, Brian Oliver
    Sur un scénario de Sam Mendes et Krysty Wilson Cairns
    Avec George Mackay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, Andrew Scott, Richard Madden Benedict Cumberbatch, Colin Firth, Claire Duburcq
    Compositeur : Thomas Newman
    Directeur de la photographie : Roger Deakins
    Montage : Lee Smith
    Direction artistique : Simon Elsey, Elaine Kusmishko, Stephen Swain
    Décor : Dennis Gassner
    Costumes : Jacqueline Durran
    Production : Neal Street productions, Amblin Entertainment, DreamWorks Pictures, Nex Republic Pictures
    Distribution : Universal Pictures
    Date de sortie : 15 janvier 2020 (France),
    Durée : 119 minutes

    Vu le 14 janvier 2020 au Gaumont Disney Village, Salle 11 IMAX E28, en VF

     

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Critique de Marianne Velma

  • Lors de la séquence introductive du dernier James Bond, Spectre, on assistait médusé aux déambulations du célèbre agent secret en plein Día de Los Muertos à Mexico. Ce plan séquence vertigineux et coloré était une pure merveille de cinéma. Est-ce que c’est à ce moment-là que Sam Mendes a développé son envie de réaliser un film entièrement en usant de cette technique ? Peut-être, en tout cas, les cinéphiles du monde entier étaient prêts à le suivre sur sa lancée.

    Sur le papier, 1917 a tout de l’exercice de style historique à gros budget dont Hollywood à le secret. Pourtant dans les faits, il s’agit du film le plus personnel de Sam Mendes. Non seulement, le cinéaste en a écrit pour la première fois le scénario mais en plus l’intrigue s’inspire des anecdotes que lui racontait son grand-père quand il était adolescent. Le procédé du plan séquence unique va donc bien au-delà de la simple prouesse technique, il est au cœur des enjeux dramatiques du film, à savoir comment deux soldats britanniques vont traverser la ligne de front pour tenter d’empêcher leurs camarades de tomber dans une embuscade allemande.

    La mise en scène, tantôt aérienne comme dans un ballet grandeur nature, tantôt organique quand elle tente d’apprivoiser une certaine réalité nue, ne cesse de mettre ses héros, et donc les spectateurs, dans une situation d’urgence. Même la musique d’ambiance ressemble au tic-tac incessant des aiguilles d’une horloge. Le tout est bien sûr entrecoupé de quelques moments de répits, qui résonnent comme des espaces de respiration nécessaires à cette partition sans failles.

    Dire que 1917 est fascinant dans sa mécanique visuelle paraît évident mais au-delà de sa virtuosité, Sam Mendes nous immerge dans l’essence même du récit cinéphilique : la narration purement par l’image. Un regard en dit parfois tellement plus long que bien des lignes de dialogues. Les enjeux clairement posés en début de film ne nous quitteront jamais. Nul doute que les péripéties que nos deux valeureux soldats vivent en quelques heures dans le film sont un concentré de milliers de récits. Mais qu’importe, l’immersion est telle qu’on en oublie tout.

    Dans Birdman, Iñárritu qui usait aussi du faux plan séquence, proposait une réflexion méta qui s’interrogeait, entre autres, sur la ligne floue entre la réalité et la fiction. Dans 1917, c’est plutôt le temps qui interpelle le spectateur. En optant pour le temps réel, Sam Mendes nous plonge au plus près des personnages, car c’est toujours leur point de vue qui est présenté à l’écran renforçant l’intensité dramatique de chaque instant. Avec 1917, 2020 commence en fanfare. Vous ne pouvez pas rater ça.

    1917
    Un film de Sam Mendes
    Produit par Sam Mendes, Pippa Harris, Jayne-Ann Tenggren, Callum McDougall, Brian Oliver
    Sur un scénario de Sam Mendes et Krysty Wilson Cairns
    Avec George Mackay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, Andrew Scott, Richard Madden Benedict Cumberbatch, Colin Firth, Claire Duburcq
    Compositeur : Thomas Newman
    Directeur de la photographie : Roger Deakins
    Montage : Lee Smith
    Direction artistique : Simon Elsey, Elaine Kusmishko, Stephen Swain
    Décor : Dennis Gassner
    Costumes : Jacqueline Durran
    Production : Neal Street productions, Amblin Entertainment, DreamWorks Pictures, Nex Republic Pictures
    Distribution : Universal Pictures
    Date de sortie : 15 janvier 2020 (France),
    Durée : 119 minutes

    Vu le 6 décembre 2019 au Forum des images dans le cadre du Club 300 Allociné en VOST

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