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Judy

  • Judy
    Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants. Aura-t-elle seulement la force d’aller de l’avant ?

Critique de Mulder

  • « Un Cœur ne se juge pas par l’amour qu’il donne mais par l’amour qu’il reçoit des autres »
    Le magicien d’Oz

    Les biopics de célébrités du cinéma sont un genre à part qui souvent a du mal à rencontrer son public non pas qu’ils soient de bonnes qualités mais le plus souvent nous dressent un portrait guère reluisant d’artistes que nous apprécions et idolâtrons. Que cela soit Chaplin (1993) de Richard Attenborough (1993), Ed Wood (1994), Hitchcock (2012), Dans l’ombre de Mary, la promesse de Walt Disney (2013) ou plus récemment Le redoutable (2019) et Stan & Ollie (2019). Chacun de ses films malgré un succès en salles guère remarquables est pourtant réussi car il repose sur d’excellents comédiens et sur un angle de traitement intéressant, que cela soit un moment de la vie de ces artistes, la fin de carrière ou l’ensemble de sa carrière.

    Pour son second film après True Story (2015), le réalisateur Rupert Goold nous dresse la fin de la carrière de l’éternelle et légendaire Judy Garland, une comédienne et chanteuse qualifiée comme l’une des plus grandes de tous les temps. Le scénario de Tom Edge est ainsi l’adaptation de la comédie musicale End of the Rainbow de Peter Quilter. Star adulée d’Hollywood dans son jeunesse et adolescence, Judy Garland ne rencontre plus le succès et ses différents mariages ratés et son accoutumance à l’alcool et aux médicaments ont causé la fin de sa carrière. MGM qui contrôlait sa vie (comme le montre si bien ce film) ne pouvant plus gérer une de leur comédienne fétiche avait ainsi décidé de mettre fin au contrat la liant à elle. Les premières images du film nous présentent donc une artiste brisée qui tente de gagner sa vie et de survenir aux besoins de ses enfants en chantant devant un public américain qui l’a depuis longtemps oublié. Sa seule chance de retrouver le succès est donc d’aller se produire à Londres au Talk of the town, un cabaret luxueux devant un public londonien qui continue à l’aduler comme l’une des plus grandes stars mondiales.

    Alternant quelques numéros musicaux et la vie privée de Judy Garland, le film trouve aisément son rythme et bénéficie non seulement d’une mise en scène inspirée mais surtout de la présence dans l’un de ses meilleurs rôles de Renée Zellweger. Cette comédienne qui comme Judy Garland a connu de nombreux succès mondiaux notamment grâce à la saga cinématographique Bridget Jones (2001-2016) et quelques films comme Jerry Maguire (1996), Chicago (2002), Retour à Cold Mountain (2013) semble comme son personnage ne plus retenir autant l’attention de son public au point de jouer dans une série Netflix (What/if(2019)). Ce parallèle entre cette comédienne et son personnage renforce aisément la force de ce film et nous montre avec intelligence l’envers du décor loin du strass et des paillettes. On comprend donc aisément que cette grande comédienne soit nominée pour le Golden Globes de la Meilleure actrice dans un film dramatique. Impossible de ne pas voir une fois de plus l véritable présence à l’écran et le jeu parfait de cette grande comédienne aussi à l’aise dans des scènes dramatiques que plus légères. Toute la force émotionnelle qui se dégage de ce film lui incombe.

    Les quelques scènes en flashback nous permettent de mieux comprendre le contrôle que les studios MGM exerçaient sur Judy Garland que cela soit son alimentation, son rythme frénétique de travail ou les choix qu’ils lui imposaient dans sa vie privée. Ces retours en arrière n’altèrent en rien la force de ce film et surtout permet de mieux comprendre le comportement de Judy Garland lors de ses représentations à Londres.

    Dans les seconds rôles du film, on appréciera notamment de retrouver Jessie Buckley (Wild Rose (2018), la série Chernobyl (2019) et prochainement Le voyage du Dr Dolittle (2020)), Michael Gambon (la saga Harry Potter, Kingsman : le cercle d’or (2017), Les quatre filles du Doctor March (2017)..).

    Après un téléfilm réalisé en 2001 par Robert Allan Ackerman, ce film nous permet également de suivre la fin de carrière d’une grande comédienne. A ce titre le dernier numéro musical du film Over the Rainbow (1939) tiré du film Le Magicien d'Oz est un des moments les plus forts en émotion du film et ne laissera personne insensible. Judy s’impose donc comme un biopic réussi à découvrir dès sa sortie tardive au cinéma en France le 26 février prochain (soit pratiquement cinq mois après sa sortie américaine).

    Judy
    Un film de Rupert Goold
    Sur un scénario de Tom Edge
    Produit par David Livingstone
    Basé sur la comédie musicale End of the Rainbow de Peter Quilter
    Avec Renée Zellweger, Finn Wittrock, Jessie Buckley, Rufus Sewell, Michael Gambon
    Musique de Gabriel Yared
    Directeur de la photographie : Ole Bratt Birkeland
    Montage : Melanie Ann Oliver
    Production : Pathé, BBC Films, Calamity Films, BFI
    Distribution : LD Entertainment (Etats-Unis), Pathé (Angleterre et France)
    Date de sortie : 27 septembre 2019 (Etats-Unis), 2 octobre 2019 (Angleterre), 26 février 2020 (France)
    Durée : 118 minutes

    Vu le 5 janvier 2020 en VO

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