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Gloria Mundi

  • Gloria Mundi
    Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille. Sylvie, son ex-femme, l’a prévenu qu’il était grand-père : leur fille Mathilda vient de donner naissance à une petite Gloria. Le temps a passé, chacun a fait ou refait sa vie…  En venant à la rencontre du bébé, Daniel découvre une famille recomposée qui lutte par tous les moyens pour rester debout. Quand un coup du sort fait voler en éclat ce fragile équilibre, Daniel, qui n’a plus rien à perdre, va tout tenter pour les aider.

Critique de Marianne Velma

  • Il était une fois Gloria. Un joli prénom pour une petite fille, inspiré par un film, forcément. Mais surtout ce bébé va causer, sans le savoir, une série d’incidents dans une famille modeste de Marseille. De ce pitch très pagnolien, Robert Guédiguian va tisser comme à son habitude une charge sociale habitée d’envolées lyriques.

    Chez Guédiguian, la poésie côtoie souvent le sordide… Dans Gloria Mundi, Daniel qui sort juste de prison se prend de passion pour les Haïku, ces poèmes d’origine japonaise très court. De l’autre côté du spectre, on trouve un jeune couple existé par l’exploitation de la détresse des autres. Ce mélange des genres, un peu bancal par moment, donne étrangement son charme à ce nouveau long métrage de l’auteur de Marius et Janette.

    La critique sociétale sonne souvent juste, notamment quand le scénario rappelle la violence des rapports dans le travail et l’exploitation de la misère qu’encourage le système. Mais la trame se fait moins convaincante quand elle emprunte le chemin du drame shakespearien. Comme si en s’emparant des codes de la tragédie opératique, l’histoire prenait soudain une dimension bien trop prévisible.

    Difficile pour autant de ne pas être ému par cette famille de cinéma que le cinéaste a créée pour nous depuis plusieurs décennies. Ariane Ascaride (Les Sauvages, Le Ciel attendra), Jean-Pierre Daroussin (Le Bureau des Légendes, La Promesse de l’aube) et Gérard Meylan (La French) sont devenus au fil du temps des figures intemporelles qui relient chacun des films de Guédiguian. Dans Gloria Mundi, ils affrontent une nouvelle génération de comédiens déjà fidèles au réalisateur : Anaïs Demoustier (Alice et le Maire), Robinson Stevenin (La Villa), Grégoire Leprince-Ringuet (La Douleur) et Lola Naymark (Yes I do). C’est eux qu’il a choisi pour faire face aux défis de notre époque moderne dans ses films. Le combat n’est jamais terminé mais la solidarité nous sauvera peut-être. Espérons que Monsieur Guédiguian ait raison…

    Gloria Mundi
    Un film de Robert Guédiguian
    Sur un scénario de Robert Guédiguian et Serge Valletti
    Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Anaïs Demoustier, Robinson Stévenin
    Lola Naymark : Aurore
    Grégoire Leprince-Ringuet : Bruno
    Diouc Koma : Jackie
    Pascal Rénéric : le premier homme
    Yann Trégouët : L'homme urgence
    Adrien Jolivet : Le Patron entreprise de nettoyage
    Distinctions
    Directeur de la photographie : Pierre Milon
    Costumes : Anne-Marie Giacalone
    Décors : Michel Vandestien
    Son : Laurent Lafran
    Musique : Michel Petrossian
    Montage : Bernard Sasia
    Production : Agat Films & Cie / Ex Nihilo
    Distributeur : Diaphana Distribution (France)
    Durée : 106 minutes
    Dates de sortie : 5 septembre 2019 (Mostra de Venise), 27 novembre 2019 (France)

    Vu le 22 octobre 2019 au Club de l’Etoile

  • 3.5